31 janvier 2026
Quand Dieu semble dormir
Aujourd’hui, le frère Peace Michael A. Mushimiyinana, O.P., nous invite à déposer toute notre confiance en Jésus malgré les tempêtes qui se présentent dans notre vie de tous les jours.
DEUXIÈME LIVRE DE SAMUEL (11, 1-4a.5-10a.13-17)
Au retour du printemps, à l’époque où les rois se mettent en campagne, David envoya Joab en expédition, avec ses officiers et toute l’armée d’Israël ; ils massacrèrent les fils d’Ammone et mirent le siège devant Rabba. David était resté à Jérusalem. Un soir, il se leva de sa couche pour se promener sur la terrasse du palais. De là, il aperçut une femme en train de se baigner. Cette femme était très belle. David fit demander qui elle était, et on lui répondit : « Mais c’est Bethsabée, fille d’Éliam, la femme d’Ourias le Hittite ! » Alors David envoya des gens la chercher. Elle vint chez lui ; il coucha avec elle. La femme devint enceinte, et elle fit savoir à David : « Je suis enceinte ! »
Alors David expédia ce message à Joab : « Envoie-moi Ourias le Hittite. » Et Joab l’envoya à David.
Lorsque Ourias fut arrivé auprès de lui, David lui demanda comment allaient Joab, et l’armée, et la guerre. Puis il lui dit : « Descends chez toi, prends du repos. » Ourias sortit du palais, et l’on portait derrière lui une portion de la table du roi. Mais Ourias se coucha à l’entrée du palais avec les serviteurs de son maître ; il ne descendit pas chez lui. On annonça à David : « Ourias n’est pas descendu chez lui. »
Le lendemain, David l’invita à manger et à boire à sa table, et il l’enivra. Le soir, Ourias sortit et alla se coucher à nouveau avec les serviteurs de son maître ; mais il ne descendit pas chez lui. Le matin suivant, David écrivit une lettre pour Joab, et la fit porter par Ourias. Il disait dans cette lettre : « Mettez Ourias en première ligne, au plus fort de la mêlée, puis repliez-vous derrière lui ; qu’il soit frappé et qu’il meure ! »
Joab, qui assiégeait la ville, plaça Ourias à un endroit où il savait que les ennemis étaient en force. Les assiégés firent une sortie contre Joab. Il y eut des tués dans l’armée, parmi les serviteurs de David, et Ourias le Hittite mourut aussi.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (4, 26-34)
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus. Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »
Prédication
Il y a des moments où la vie ressemble vraiment à une tempête. Pas une tempête dans un film, pas une tempête dans un livre… une tempête dans notre tête, notre cœur, notre quotidien.
Et à l’université, ces tempêtes peuvent être encore plus intenses : pression académique, solitude intérieure, anxiété de performance, relations qui se compliquent, avenir incertain, fatigue accumulée, crises familiales, perte de sens… Bref, des vagues qui frappent fort. Et parfois, on a l’impression que Jésus… dort.
Les disciples le disent avec une franchise incroyable : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? ». Cette phrase, c’est peut-être l’une des plus humaines de tout l’Évangile. Parce qu’elle ressemble tellement à nos propres cris silencieux. Quand Dieu semble dormir.
Il y a deux sortes de sommeil dans l’Évangile :
• Le sommeil de la fuite, de l’indifférence comme celui des disciples à Gethsémani.
• Et le sommeil de la confiance comme celui de Jésus dans la barque.
Jésus dort non pas parce qu’il s’en fiche, mais parce qu’il n’a pas peur. Il dort parce qu’il sait qui il est. Il dort parce qu’il sait que la tempête n’aura pas le dernier mot. Il dort parce qu’il fait confiance à ses disciples, des pêcheurs expérimentés, capables de naviguer même dans la nuit. Et c’est là un message puissant pour nous, jeunes adultes, souvent écrasés par la pression : Jésus nous fait confiance.
Il croit en notre capacité à tenir la barre. Il ne nous surveille pas comme un professeur qui attend l’erreur. Il nous accompagne comme un ami qui sait ce dont nous sommes capables. Pourquoi doutons-nous autant de nous-mêmes ? Si Jésus nous fait confiance, pourquoi nous dévalorisons-nous si vite au premier échec, à la première critique, à la première tempête intérieure ? Sa confiance n’est pas un abandon. Son silence n’est pas une absence. Son sommeil n’est pas de l’indifférence. Il est là. Dans la barque. Avec nous. Et tant qu’il est là, la barque ne coulera pas.
Frères et sœurs, souvenons-nous que : la foi, ce n’est pas vivre une vie sans vagues. La foi, c’est traverser les vagues avec la certitude que Jésus est présent. C’est tenir debout même quand tout bouge. C’est respirer même quand le vent souffle fort. C’est avancer même quand on ne voit plus le rivage. La foi, c’est vivre chaque moment, surtout les plus difficiles, avec la conviction profonde qu’on ne sombrera pas.
Comme le dit ce chant que beaucoup connaissent : « Si la mer se déchaîne, si le vent souffle fort, si la barque t’entraîne, n’aie pas peur de la mort. » Pour nous, jeunes universitaires dans nos études, nos choix, nos relations, nos doutes, nos nuits blanches, nos remises en question… Jésus est là.
Pas comme un surveillant, mais comme un compagnon. Pas comme un juge, mais comme une présence. Pas comme un spectateur, mais comme une force intérieure. Il ne promet pas une vie sans tempêtes. Il promet une barque qui ne coule pas.
Fr. Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
tu as suscité le prêtre Jean Bosco
comme un père et un maître pour la jeunesse ;
accorde-nous de brûler du même feu de charité ;
afin de pouvoir attirer les âmes à toi
et ne servir que toi seul.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
