4 septembre 2026
Des hommes et des femmes à imiter
Aujourd’hui, l’Église du Québec fait mémoire liturgique de bienheureuse Dina Bélanger et, en son honneur, le frère Jean-Louis Larochelle, O.P., nous offre une réflexion sur certaines figures qui ont contribué à construire notre société.
CANTIQUE DES CANTIQUES (8, 6-7)
Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras. Car l’amour est fort comme la Mort, la passion, implacable comme l’Abîme : ses flammes sont des flammes de feu, fournaise divine. Les grandes eaux ne pourront éteindre l’amour, ni les fleuves l’emporter.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (15, 1-8)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
« Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »
Prédication
Dans toute société, nous rencontrons habituellement des hommes et des femmes qui suscitent l’admiration de leurs congénères. Et non seulement ces personnes sont admirées mais elles sont proposées comme des modèles à imiter. On dit de ces dernières qu’elles ont des vies fécondes, des vies dont les engagements et les convictions rejaillissent positivement sur la communauté ou la collectivité. Parce qu’elles sont porteuses de rêves de dépassement et d’amélioration, elles entraînent les autres membres de la société sur des voies nouvelles de développement social et humain. Autrement dit, la présence de telles personnes intégrées dans une collectivité particulière laisse présager l’ouverture d’avenues novatrices dont pourra profiter la majorité des citoyens et citoyennes. Ajoutons ici que ces personnes partagent un trait propre : celui de l’engagement à servir le bien commun.
Quand on remonte dans l’histoire de notre pays, on découvre rapidement des figures de femmes et d’hommes qui ont été porteurs de vie, des créatrices et des créateurs d’institutions qui ont orienté en profondeur l’avenir de notre société. Pensons à une figure comme celle de Marie de l’Incarnation qui, dès son arrivée à Québec en 1639 au moment où l’agglomération ne comptait que 300 habitants, met sur pied une école pour les filles autochtones et les jeunes françaises. Pensons aux trois sœurs augustines qui, en 1639 aussi, fondent l’Hôtel-Dieu de Québec, hôpital qui avait pour but d’accueillir autant des malades d’origine autochtone que d’origine française. En parallèle, on voit les jésuites non seulement fonder un collège à Québec en 1635 mais s’engager dans des missions d’évangélisation auprès de diverses populations autochtones. Entreprise qui demandait des convictions religieuses d’une grande profondeur ainsi qu’un courage renversant dans les circonstances propres à l’époque. Le martyr de six jésuites entre 1642 et 1649 a témoigné d’ailleurs de la radicalité de leur foi au Christ et de leur courage face aux conditions de vie qu’ils ont dû accepter.
Retenons qu’au cours des siècles suivants, il y a eu aussi, chez nous, des hommes et des femmes qui ont été des modèles à imiter. C’étaient des personnes qui étaient soucieuses de l’avenir de notre société, des personnes créatrices qui rêvaient non seulement d’améliorer les services d’éducation et de santé mais aussi de créer des industries susceptibles d’enrichir la population et de lui donner des conditions de vie respectables. Remarquons bien : toutes ces personnes qui ont marqué leur milieu de vie n’envisageaient pas leur existence uniquement en fonction de leurs aspirations et intérêts personnels mais en prenant clairement en compte les divers besoins communautaires à combler. À nos yeux, ces personnes ont dû apprendre à aimer et à se donner.
Nous, les chrétiens et chrétiennes d’ici, nous ne vivons plus au XVIIe siècle ou au XIXe siècle. Nos conditions de vie ont beaucoup changé au long des décennies. Mais nous ne vivons pas pour autant dans une société parfaite. À la lumière de notre foi, nous avons à imaginer une présence lumineuse au cœur de notre monde qui se veut sans Dieu. Nous devons apprendre à être des porteurs et porteuses de fruits évangéliques pour que les gens d’ici fassent l’expérience du Royaume de Dieu. Et parce que nous sommes branchés sur le Christ Jésus, nous pouvons croire que nous sommes déjà porteurs de fruits de l’amour. Jésus ne disait-il pas : « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit » ? Saint Augustin allait à l’essentiel lorsqu’il disait : « Tu demeures en Dieu quand tu vois la charité briller dans ta vie ».
Fr. Jean-Louis Larochelle, O.P.
PRIÈRE
Tu as voulu, Seigneur Dieu,
que par la grâce de l’adoption filiale,
nous devenions des enfants de lumière ;
ne permets pas que nous soyons enveloppés
des ténèbres de l’erreur,
mais accorde-nous d’être toujours rayonnants
dans la splendeur de la vérité.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
