2 septembre 2026
Engorgement à l'urgence de Capharnaüm
Aujourd’hui, le frère André Descôteaux, O.P., nous invite à nous confier pleinement en Jésus qui a vaincu tout ce qui détruit l’être humain. Ni la mort ni la maladie pourront nous empêcher recevoir de Lui la vie en plénitude !
PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS (3, 1-9)
Frères, quand je me suis adressé à vous, je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des êtres seulement charnels, comme à des petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n’auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore des êtres charnels. Puisqu’il y a entre vous des jalousies et des rivalités, n’êtes-vous pas toujours des êtres charnels, et n’avez-vous pas une conduite tout humaine ?
Quand l’un de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul », et un autre : « Moi, j’appartiens à Apollos », n’est-ce pas une façon d’agir tout humaine ? Mais qui donc est Apollos ? qui est Paul ? Des serviteurs par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance.
Donc celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose ; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu. Celui qui plante et celui qui arrose ne font qu’un, mais chacun recevra son propre salaire suivant la peine qu’il se sera donnée.
Nous sommes des collaborateurs de Dieu, et vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (4, 38-44)
En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue de Capharnaüm et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle. Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.
Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »
Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.
Prédication
On rapporte un engorgement tout à fait exceptionnel à l’urgence de Capharnaüm, plus précisément à la maison d’un pêcheur dénommé Pierre. Il aurait accueilli un guérisseur qui avait, à la synagogue, délivré un possédé d’un esprit impur. Par la suite, il aurait guéri la belle-mère du dit Pierre d’une très vilaine grippe. À la fin de la journée du sabbat, tous les malades de la ville se sont rendus chez Pierre pour être guéris par ce Jésus qui effectivement les remettait sur pied.
Si nous pouvons chanter les beautés de la création, nous ne pouvons oublier qu’il y a beaucoup de souffrance dans notre monde. Combien de personnes aux prises avec des maladies plus ou moins incapacitantes ou encore avec des maladies de l’âme! Il n’est donc pas surprenant de voir cette foule se précipiter chez Pierre! C’est tellement humain! Quel que soit le lieu ou l’époque! Ainsi, à Montréal, au siècle dernier, chaque jour, le saint frère André accueillait des personnes malades lui demandant de les guérir!
Les foules de Capharnaüm découvrent en Jésus quelqu’un qui prend parti pour l’être humain et qui se lève pour vaincre ce terrible ennemi qu’est la maladie. Jésus est en guerre contre elle. Il est intéressant de noter que Jésus, dans la guérison du possédé et de celle de la belle-mère de Pierre, menace, par la même expression, le démon ainsi que la fièvre qui, d’ailleurs, la quittera, comme le démon avait quitté le possédé. La maladie est un démon qui non seulement détruit le corps, mais peut avoir de terribles conséquences sur l’âme. Contrairement à notre traduction, Jésus ne se penche pas vers la malade. Jésus reste debout. Il domine la fièvre. Une parole a suffi. L’ennemi bat en retraite. Jésus est puissant. Sa parole est efficace! Jésus est vraiment le libérateur, celui qui permet à la personne humaine de se relever pour se mettre au service des autres.
Le combat est immense. Voilà pourquoi Jésus doit aller vers les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de la venue du règne de Dieu.
Et nous? Jésus n’est plus là pour nous libérer de nos maladies. Lorsque nous sommes malades, nous ne pouvons allez chez la maison de Pierre. Nous devons nous rendre dans les urgences engorgées de nos hôpitaux. Où est-il ce fameux guérisseur? Sommes-nous laissés à nous-mêmes? Non, il est là, auprès de chacun de nous. Si nous le voyons, dans les Évangiles, lutter contre la maladie et le mal dans un combat cas par cas, il mènera, dans sa mort et sa résurrection, le combat définitif contre tout ce qui détruit l’être humain dont la maladie et la mort. Ainsi a-t-il libéré chacun et chacune d’entre nous de la mort et lui a communiqué la vie en plénitude.
Dimanche dernier, à Pierre qui refusait la fin tragique que Jésus avait annoncée, Jésus ordonnait de passer derrière lui et de prendre sa croix. N’est-ce pas ce qu’il nous est demandé à nous aussi? Marcher derrière Jésus avec nos croix pour nous aussi passer, avec lui, de la mort à la vie. C’est lui qui trace devant nous le chemin de la vie et de la liberté. Suivons-le donc dans la joie et la confiance. La victoire rapportée par Luc sur le démon et la fièvre sont le signe de la victoire finale et totale qu’il a remportée et qui sera aussi la nôtre. Soyons donc pour tous nos proches qui souffrent des signes de cette victoire et de l’attention que leur porte le Seigneur Jésus, ennemi de la mort et le plus grand ami de l’être humain.
Fr. André Descôteaux, O.P.
PRIÈRE
Dans ton inlassable tendresse,
nous t’en prions, Seigneur, veille sur ta famille :
elle s’appuie sur la grâce du ciel, son unique espérance ;
qu’elle soit toujours assurée de ta protection.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
