Prédication, 3e vendredi du temps ordinaire A

30 janvier 2026

Entrer dans le temps de l'Esprit

Aujourd’hui, le frère Daniel Cadrin, O.P., nous rappelle qu’être chrétien signifie entrer dans un temps de patience et d’espérance, un temps où l’attente est signe de promesse et où chaque instant est rempli de sens.

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Prédication

Aujourd’hui, nous sommes appelés à l’espérance. Il y a ce que nous voyons et ce que nous croyons savoir, qui peut être décourageant ou banal ; et il y a ce que nous ne voyons pas, mais qui est aussi réel, qui relève de la promesse, de l’à-venir. Jésus annonce la Parole, avec deux paraboles qui parlent de croissance discrète, d’un travail invisible, mais efficace.

Nous voyons des conflits qui brisent des vies, des familles, des peuples. Nous faisons partie ici d’une Église en pleine décroissance, avec des communautés qui semblent des espèces en voie d’extinction. Où allons-nous ? Les résultats de nos efforts sociaux et ecclésiaux sont souvent minces, peu évidents et jamais acquis. Le temps passe et nous avons l’impression que rien ne se passe. Avec les tentations de la résignation ou du durcissement et des polarisations. Les travaux et les jours se suivent, mais où mènent-ils ?

Nous aimerions voir immédiatement les fruits de nos efforts. Jésus et les premiers disciples, comme nous, ont dû se poser des questions de ce genre. Les paraboles d’aujourd’hui s’inscrivent dans ce questionnement. Le Règne de Dieu y est présenté comme une réalité qui n’est pas immédiatement perceptible, qui ne s’offre pas à voir dans des effets éclatants et rapides. C’est une réalité vivante, en croissance discrète, qui a son propre dynamisme. Avec des processus souvent silencieux, car à l’œuvre dans le mystère des sols profonds et des germes, dans celui des cœurs humains et de leurs zones les plus souterraines. Mais c’est une réalité prometteuse, comme l’insignifiante graine de moutarde qui devient lieu de rassemblement universel.

Participer à cette œuvre suppose d’entrer dans un véritable long terme, qui ne peut se fonder que sur une espérance. Devenir disciple de Jésus, c’est d’abord entrer dans un autre rapport au temps, où les événements les plus ordinaires ne sont pas des pièces détachées, mais font partie d’une histoire d’alliance, où les temps de mort et de don sont sources de vie nouvelle, où les silences et les solitudes sont porteurs de communion. Un temps où les échecs et les insuccès ne sont pas des fatalités irrémédiables, où les jours se suivent sans se ressembler, car chacun est unique.

Un temps avec des commencements discrets, des continuités et croissances secrètes, des nouveautés inespérées. Un temps avec une mémoire et une promesse, temps du long souffle, celui de l’Esprit. Des impatiences et des résignations nous tiraillent et réduisent notre horizon. Mais, même si c’est parfois difficile à croire, un arbre est en train de grandir, tout proche ou plus loin, pour réveiller notre confiance et notre capacité d’admirer et d’espérer. Aujourd’hui, Jésus nous demande : avec d’autres, quelle graine de moutarde, toute petite, pourrions-nous semer et en quelle terre ?

Fr. Daniel Cadrin, O.P.

 

PRIÈRE

Dans ton inlassable tendresse, nous t’en prions, Seigneur,
veille sur ta famille :
elle s’appuie sur la grâce du ciel, son unique espérance ;
qu’elle soit toujours assurée de ta protection.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.