Prédication, lundi de la 24ème semaine du temps ordinaire

14 septembre 2026

Croix glorieuse : le beau paradoxe

En cette fête de la Croix glorieuse de notre Seigneur, le frère Raymond Latour, O.P., nous invite à plonger dans le paradoxe où le mal semble l’emporter, mais où la vérité est que la présence de Dieu vient nous sauver.

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Prédication

Nous avons entendu Jésus parler à Nicodème du serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert, puis annoncer que le Fils de l’homme serait lui aussi élevé afin que tout homme qui croit ait la vie éternelle. Déjà, cette parole nous place devant le paradoxe de la fête d’aujourd’hui : ce qui semble signe de mort devient signe de salut. La fête de la Croix glorieuse nous fait entrer dans cette sagesse de Dieu qui confond les sages de ce monde.

La croix, instrument de justice, a été utilisée pour châtier le seul juste. La croix, objet d’infamie, a été portée par le Fils de Dieu. La croix, supplice des criminels, a désigné Jésus aux insultes et aux injures. ie, a été portée par le Fils de Dieu. La croix, supplice des criminels, a désigné Jésus aux insultes et aux injures. Par la Résurrection du Christ, la Croix-malédiction devient Croix glorieuse. Elle devient le signe du salut qui s’élève comme pour bénir l’humanité entière. Elle nous fait entendre le cantique de Marie, qui exalte Dieu à la source de tous ces revirements survenus dans l’histoire d’Israël, jusqu’à la nouvelle alliance scellée sur la Croix. Celui qui semblait rejeté par l’humanité entière portait le péché du monde. En lui, nous avons la guérison et la vie : non à cause de ses souffrances, mais pour le don de lui-même, parfaite manifestation de l’amour.

La gloire de Dieu, pour les croyants et croyantes, réside dans un objet synonyme d’abaissement, de pauvreté, de rejet, d’abandon. L’extrême faiblesse de Jésus en Croix a été transformée en puissance de salut pour qui sait dépasser les apparences de l’échec le plus humiliant. L’humilité de Dieu nous confond. Son amour nous attire et nous élève. Comme jadis le serpent d’airain au désert, qui tourne son regard vers la Croix du Christ y trouve une force de vie. La Croix dépose alors en son cœur la conviction intérieure de la victoire définitive que le Christ nous a acquise. Elle devient pour nous promesse de vie éternelle.

Cette promesse rejoint notre vie concrète. Cette fête nous apporte aujourd’hui le réconfort d’une présence là où le mal semble l’emporter, là où l’inquiétude étouffe le cœur, là où la violence domine, là où l’espérance est sous attaque. La réalité du monde ne change pas. Mais la Croix, que nous disons glorieuse, nous offre une étonnante liberté intérieure : elle nous permet de défier toutes les forces mortifères. Nos fragilités ont été assumées. Elles ne disparaissent pas : comme saint Paul en avait eu l’intuition, « c’est lorsque je suis faible que je suis fort ». Dans son chant de la lettre aux Philippiens, il a magnifiquement exprimé le paradoxe de l’abaissement de Jésus, son obéissance qui a conduit à son exaltation.

Célébrons l’étonnante fécondité de la Croix. Elle nous a conduits à la foi. Elle nous a persuadés de l’amour de Dieu et de sa miséricorde. Elle nous a transformés et fait de nous de véritables enfants de Dieu. Nous sommes nés de la croix. Découvrons sa victoire au cœur même de nos vies !

Fr. Raymond Latour, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as voulu qu’en acceptant la croix,
ton Fils unique sauve l’humanité ;
nous t’en prions :
fais qu’ayant connu dès ici-bas ce mystère,
nous obtenions au ciel les fruits de la rédemption.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.