28 mars 2026
Peu après la résurrection de Lazare
Aujourd’hui, Anne-Marie Vinay, travailleuse sociale, nous invite à prendre conscience de ce qui monte dans nos cœurs en vue de célébrer le mystère de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Christ.
LIVRE DU PROPHÈTE ÉZÉKIEL (20, 10-13)
Ainsi parle le Seigneur Dieu : « Je vais prendre les fils d’Israël parmi les nations où ils sont allés. Je les rassemblerai de partout et les ramènerai sur leur terre. J’en ferai une seule nation dans le pays, sur les montagnes d’Israël. Ils n’auront tous qu’un seul roi ; ils ne formeront plus deux nations ; ils ne seront plus divisés en deux royaumes.
« Ils ne se rendront plus impurs avec leurs idoles immondes et leurs horreurs, avec toutes leurs révoltes. Je les sauverai en les retirant de tous les lieux où ils habitent et où ils ont péché, je les purifierai. Alors ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu.
« Mon serviteur David régnera sur eux ; ils n’auront tous qu’un seul berger ; ils marcheront selon mes ordonnances, ils garderont mes décrets et les mettront en pratique. Ils habiteront le pays que j’ai donné à mon serviteur Jacob, le pays que leurs pères ont habité. Ils l’habiteront, eux-mêmes et leurs fils, et les fils de leurs fils pour toujours. David, mon serviteur, sera leur prince pour toujours. Je conclurai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle.
« Je les rétablirai, je les multiplierai, je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur, celui qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours. »
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (11, 45-57)
En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. »
Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.
À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples.
Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.
Prédication
L’Évangile de ce jour commence à Béthanie, chez Lazare, Marthe et Marie. On y voit plusieurs juifs qui avaient été présents lors de la résurrection de Lazare. Certains d’entre eux étaient peut-être venus consoler Marthe et Marie, endeuillées. Ces juifs, qui connaissaient bien Lazare, ont été les premiers témoins de sa résurrection. Certains d’entre eux ont été bouleversés en voyant Jésus, relevant son ami de la tombe et qui se révèle devant eux, comme l’Envoyé de Dieu.
Par contre, d’autres juifs ont voulu rapporter ce signe, ainsi que la conversion de leurs confrères, aux pharisiens et aux grands prêtres sans tarder, étant à distance de marche de Jérusalem. Ceux-ci se réunirent en conseil pour discuter de cet événement et de ses répercussions, se rapprochant d’un schisme — « Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui » — mais également pour éviter l’écroulement du Temple de Jérusalem, leur lieu saint contenant l’arche d’alliance et les Tables de la loi de Moïse : « Les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation.”
C’est alors que Caïphe, le grand prêtre, prophétisa la mort de Jésus : « Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »
Lorsque je lis l’Évangile, j’ai souvent le réflexe de m’imaginer dans la scène et porter attention aux dialogues, à l’atmosphère et aux résonnances qui montent dans mon cœur. Ici, c’est comme si la prophétie résonnait comme un coup de tonnerre dans mon cœur. C’est la Passion du Christ qui est annoncée, car ici toutes les portes sont ouvertes pour que Jésus marche librement vers sa mort. « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24, 26). Jésus avait pris soin d’annoncer trois fois à ses apôtres sa mort prochaine et sa résurrection, mais c’est comme si l’annonce de Caïphe venait sceller son destin. Je me surprends à vouloir marcher rapidement vers Ephraïm, retrouver Jésus et tenter de le convaincre d’éviter cette souffrance, mais je sais que ce mouvement de ma part serait contraire à sa volonté.
Alors, un chant souvent repris lors de la Semaine Sainte monte en mon cœur : une conversation entre nous et Jésus pour mieux comprendre la nécessité de la Passion du Christ pour notre délivrance aujourd’hui. En voici un couplet :
Ne laisse pas lier tes mains, ô Jésus,
ne laisse pas lier tes mains sans dire un mot.
« Si je ne laisse pas lier mes mains comme un voleur,
qui donc pourra détruire les prisons dont vous souffrez ?
Je laisserai lier mes mains comme un voleur. »
Nous sommes au seuil de la Semaine Sainte, où nous pourrons suivre chaque pas du Christ dans sa souffrance, ses humiliations, ses trahisons, pour ensuite accueillir sa lumière au plus profond de nos obscurités.
Anne-Marie Vinay, T.S.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
de tous ceux à qui tu as donné de renaître dans le Christ,
tu as fait une descendance, choisie un sacrement royal ;
accorde-nous de vouloir ce que tu commandes
et de pouvoir l’accomplir,
afin que le peuple appelé à l’éternité
ait une même foi dans le cœur,
une même charité dans l’action.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
