Prédication, vendredi, 5e semaine du Carême A

27 mars 2026

Du Temple au Jourdain : croire

Aujourd’hui, le frère Daniel Cadrin, O.P., nous explique pourquoi Jésus échappe à la lapidation dans ce passage de l’évangile du jour ; c’est un appel à croire en l’Envoyé et à aimer comme il nous a aimé.

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Prédication

Jésus est à Jérusalem, au temple. Le contexte (Jn 10, 22) est la fête de la Dédicace (Hanoukkah), à la mi-décembre, une fête d’hiver joyeuse, avec des lumières. Elle dure huit jours, comme la fête des Tentes (Jn 7,2) à la fin septembre, célébrant les récoltes d’automne. En ces deux occasions de rassemblement à Jérusalem, Jésus enseigne au temple et suscite des controverses. Les gens sont divisés à son sujet (10, 19-21).

Il a parlé du bon berger et de ses brebis qui écoutent sa voix (10, 1-30). Il a terminé en proclamant : Le Père et moi, nous sommes uns. L’attaque vient vite et met en jeu l’identité même de Jésus. Cette fois-ci, les gens non seulement expriment leur incrédulité ou leur désaccord, mais ils veulent le lapider. Il faut pour cela un sérieux motif : il se serait fait l’égal de Dieu. Jésus répond avec divers arguments, en appelant aux Écritures et à la raison. Dans la Tradition juive, les Juges et les Prophètes, dont Moïse, ont été qualifiés de dieux ; et cela est accepté. À plus forte raison, cela vaut pour celui qui est l’Envoyé de Dieu dans le monde.

Dans cette polémique, de leur point de vue, les attaquants voient juste : Jésus affirme qu’il est le Fils de Dieu. Il en donne lui-même les indices : les œuvres qu’il accomplit, ses paroles et ses actions, manifestent qu’il est lié de façon unique au Père. Le Père est en lui et il est dans le Père. Au lieu d’amoindrir l’affirmation de son origine divine, Jésus la souligne et l’explicite. Par ailleurs, formellement, il serait difficile pour ses opposants de le lapider sur le champ. Le débat reste ambigu et ouvert.

Jésus échappe à ses adversaires. Il quitte Jérusalem pour aller là où Jean le Baptiste a commencé son ministère, au bord du Jourdain, là où il annonçait : Voici l’Agneau de Dieu (Jn 1,29.36). Des gens rejoignent Jésus en ce lieu des commencements ; et l’enjeu de croire revient. Il était présent dans ce qui précède : Jésus reprochait à ses attaquants de ne pas croire, malgré les œuvres (Jn 10, 25-26.37-38). Mais ceux-ci n’ont pas le dernier mot. En ce lieu retiré, avec la mémoire de Jean le Baptiste, beaucoup crurent en Jésus.

Cette mention en finale fait écho à plusieurs autres. Ainsi, après le 1er signe de Jésus à Cana, ses disciples crurent en lui (Jn 2,11). Après le 2e signe à Cana, la guérison à distance de son enfant, le fonctionnaire royal crut en lui et toute sa maisonnée (Jn 4, 53). Après le 7e signe, la résurrection de Lazare, beaucoup de Juifs crurent en lui (Jn 11,45).

Croire, ne pas croire, voici la question qui nous est posée en notre montée vers Pâques. En nos temps et lieux de rassemblements et fêtes, comme en ceux de nos retraits et sources, des signes sont offerts. Dans un contexte polémique autour de la religion, des œuvres témoignent. Elles nous appellent à croire en celui que le Père a envoyé dans notre monde et aussi à aimer comme il nous a aimés. Amen.

Fr. Daniel Cadrin, O.P.

 

PRIÈRE

Pardonne, Seigneur,
les fautes de ton peuple ;
puisque notre faiblesse nous a rendus captifs
des liens du péché,
que ta tendresse nous en délivre.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.