22 mars 2026
Suis-je un(e) ami(e) de Jésus?
Aujourd’hui, le frère Ghislain Paris, O.P., nous invite à réfléchir sur où nous en sommes dans notre vie de foi et à reconnaître Jésus comme la Résurrection et la Vie.
LIVRE DU PROPHÈTE ÉZÉKIEL (37, 12-14)
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple !
Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.
LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX ROMAINS (8, 8-11)
Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (11, 1-45)
En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
Prédication
Nous aimons souligner que Jésus avait des amis(es) très chers(ères) qu’il allait visiter. Il passait du temps avec Marthe, Marie et Lazare, à Béthanie. Cela se poursuit encore maintenant chez nous. Il existe toujours des disciples chéris par le Seigneur, qui connaissent une intimité spéciale avec Lui ; Il va loger dans leur intérieur. Dans nos foules rapetissées, dans notre petit reste chrétien, se pourrait-il que des maladies, des quasi-morts soient l’occasion de découvrir de nos jours la gloire de Dieu ? Expérimentons-nous comment le Père est toujours présent et qu’Il exauce nos demandes ?
Qui suis-je donc dans cet évangile de la « résurrection » de Lazare ? Où en suis-je, où en sommes-nous dans notre vie de foi ? Suis-je un mort vivant ? Sommes-nous à moitié morts, comme personnes croyantes, comme communauté chrétienne ? ou sommes-nous en train de grandir malgré tout ? Progressons-nous vraiment dans la foi ?
Suis-je comme Thomas, notre Jumeau à tous ? La société nouvelle nous lance tellement de pierres. Les divers médias nous rendent responsables de tellement de dérives que c’est risqué de se montrer, de continuer à intervenir. C’est plus prudent de prendre notre temps, de ne pas trébucher au grand jour, de ne pas replonger dans la nuit de la tourmente. En tout cas, sachons-le : nous risquons de mourir avec lui… Jésus ou Lazare ? Jésus nous ferait-il accéder à une joie plus profonde ?
Suis-je comme Marthe ? … à reprocher à Jésus son absence dans nos maladies de communauté ou de paroisse ! Si tu avais été là, après le Concile ou même avant, le désastre ne serait pas arrivé, le renouveau se serait fait ! Sommes-nous comme elle… à penser que ça sent déjà, qu’il est trop tard! La mort a déjà fait son œuvre chez les croyants aimés par Jésus. Pourtant, notre contenu de foi est correct, nous nous sommes renouvelés, notre vocabulaire intellectuel est tout à fait à point. Nous formulons tous les titres d’une foi complète. « Tu es la Résurrection et la Vie, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, Celui qui doit venir ! » Mais la résurrection, c’est pour plus tard, à-venir… Et Jésus nous redit : « si tu crois vraiment, c’est maintenant que ça se passe. Il existe en toi une force à demeure ; elle te fait passer à travers tes maladies actuelles, à travers les obscurités et les morts de cette vie… et de celle à venir ! »
Il y a facilement de quoi pleurer : avec les changements géopolitiques, la course à la guerre qui se répand insidieusement, les souffrances sans nombre qui se vivent. Suis-je comme Marie ? Sommes-nous pris dans l’émotion, enfermés dans les regrets, sur ce qu’il aurait fallu faire pour éviter et prévenir ?… Si tu avais été là !… Marie a encore assez de nerf pour courir se jeter aux pieds de Jésus : ces pieds si chers qu’elle couvre de ses larmes, en attendant un parfum de grand prix. Elle se fraie même un chemin à l’intérieur de l’esprit de Jésus, assez pour le secouer dans son humanité, le remuer jusqu’aux larmes… si proches de la colère ! Elle le convainc d’agir, de réagir. Comme elle, allons-nous laisser les « Juifs » nous consoler, allons-nous retomber dans la sécurité de manières de faire et d’idées utiles et même nécessaires autrefois ? Ou ferons-nous le saut dans la foi à Sa parole ?
Sommes-nous enfin comme Lazare, les pieds et les poings liés ? … à ne plus savoir comment marcher, où cheminer, comment mettre la main à la roue… à ne plus savoir où donner de la tête, comment regarder et voir avec ce voile qui nous enserre ! La parole de Jésus nous crie de sortir de nos tombeaux. Sommes-nous capables de rouler la pierre et de laisser pénétrer la lumière de sa voix ? Il nous invite à nous dépouiller de notre vieil homme. Il nous purifie afin que nous soyons capables de poursuivre notre chemin maintenant. Il nous remet debout… avant la dernière rencontre. Saurons-nous mordre dans la Vie à pleines dents ? Il veut que nous soyons encore à table avec Lui, en sa compagnie, en sa présence. Il nous nourrit dans cette tranche de vie actuelle qui nous reste. Il nous mène et nous invite même à refaire l’Église… Lazare signifie : « mon aide vient de Dieu ». Saurons-nous continuer à marcher sans trébucher ?
Sommes-nous des amis(es) guidés(ées) par la lumière qui vient de Jésus, celle d’un Autre ?
Fr. Ghislain Paris, O.P.
PRIÈRE
Viens à notre secours, Seigneur notre Dieu :
accorde-nous de marcher avec joie dans la charité de ton Fils
qui a tant aimé le monde jusqu’à donner pour lui sa vie.
Lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
