Prédication, vendredi, 4e semaine du Carême A

20 mars 2026

Serait-il le Christ?

Aujourd’hui, le frère Daniel Cadrin, O.P., nous explique les enjeux du passage du chapitre 7 de l’Évangile selon saint Jean où les différents personnages cherchent à prendre position ou ont déjà pris position face à Jésus et son identité de Christ et Messie.

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Prédication

En Jean, nous nous déplaçons aujourd’hui de la Galilée à la Judée, du Nord au Sud, dans un contexte de menaces et de risques pour Jésus. Le récit nous conduit au temple à Jérusalem, où Jésus enseigne. Pour ajouter à la solennité de l’événement, le tout se passe lors de la Fête des Tentes, une semaine en fin septembre, pour célébrer les récoltes de l’automne. C’est un temps très festif. Jérusalem est rempli de gens qui viennent d’un peu partout.

Quel est alors le sujet de l’heure, qui anime bien des discussions ? C’est ce prêcheur et guérisseur de Galilée, qui accomplit des signes étonnants. Serait-il le Christ, le Messie espéré ? Les gens sont divisés à son propos. Mais les autorités ont pris position, déjà : elles veulent l’arrêter et l’éliminer.

Nous nous déplaçons aussi, en cet évangile d’aujourd’hui, dans un texte très découpé, ou plutôt fait de morceaux du chapitre 7 cousus ensemble, comme l’indiquent les versets retenus ; et donc où manquent les versets suivants : 3-9.11-13.15-24. Mais, étonnamment, le texte tient ensemble et il est possible de saisir certains enjeux, même s’ils ont perdu des bouts.

Dans ce climat de danger et de rumeurs. Jésus est prudent. D’abord, il ne va pas à la Fête à Jérusalem avec ses frères, qui ne croient pas en lui et le provoquent à y aller pour faire ses preuves. Son heure n’est pas venue et la haine l’attend. Puis il s’y rend discrètement. Au milieu de la fête, il décide de faire face aux polémiques et menaces. Il entre dans le débat qui porte sur son origine et son identité. Les gens discutent : comment peut-il être si connaissant ? D’où vient-il ? Il ne respecte pas le sabbat. Les chefs vont-ils l’arrêter ?

Jésus argumente en se référant à la Loi de Moïse et à son Père. Il va aux sources. Deux éléments ressortent de son approche : Il est un envoyé, il appelle son Père : Celui qui m’envoyé (le verbe apostolein en grec, d’où vient le mot apôtre). Son origine remonte au Dieu vivant, qui a donné la Loi. Et l’enjeu est de savoir, de connaître. Ce vocabulaire revient six fois en trois versets (v.27-29). Qui connaît, qui ne connaît pas ? Comme ce sera le cas plus loin avec l’aveugle-né guéri (Jn 9) : qui est aveugle, qui voit ?

Dans notre montée vers Pâques, nous sommes quelque part dans cette foule au temple, qui réagit de toutes sortes de manières, qui s’enthousiasme à propos de Jésus puis prend ses distances, qui secrètement croit en lui ou s’en méfie, qui ne sait plus ce qu’elle connaît.

Finalement, Jésus poursuit son chemin, il n’est pas arrêté. Son heure n’est pas encore venue, mais elle s’en vient…

Fr. Daniel Cadrin, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as préparé les secours dont notre faiblesse a besoin ;
donne-nous d’accueillir avec joie notre relèvement
et d’en témoigner par la fidélité de notre vie.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.