Prédication, jeudi, 1ère semaine du Carême A

26 février 2026

Telle une reine prosternée

La prédication d’aujourd’hui, de Dominique Laperle, laïque dominicain, nous invite à la dépendance, à l’abandon, au lâcher-prise, à faire assez confiance à Dieu pour lui demander son aide, lui qui est notre Père.

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Prédication

Aujourd’hui, la Parole nous conduit à une vérité essentielle : même ceux qui semblent tout avoir ont besoin de Dieu. La reine Esther en est le signe éclatant. Elle vit dans un palais, entourée de richesses, honorée par son rang. Et pourtant, au cœur de l’angoisse, elle se découvre vulnérable, seule, sans défense. Elle ose s’abandonner à Dieu : « Je n’ai que toi, Seigneur mon Dieu. » Cette prière jaillit d’un cœur qui reconnaît que la vraie sécurité ne vient ni du pouvoir ni des privilèges, mais de Celui qui est la source de toute vie.

Dans notre monde moderne, façonné par la performance, la consommation et la comparaison, il est facile de croire que nous pouvons nous suffire à nous-mêmes. Nous cherchons à paraître forts, à cacher nos fragilités. Mais le Carême nous rappelle que la vérité de notre être, c’est la dépendance. Nous avons besoin de Dieu. Non pas comme une option, mais comme un souffle vital. Maître Eckhart disait : « Laissez Dieu être Dieu en vous. » Cela suppose un lâcher-prise, un abandon confiant, comme Esther prosternée du matin au soir.

Et Jésus vient confirmer cette promesse : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. » Dieu n’est pas un souverain lointain, mais un Père qui donne de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. Si nous savons donner à nos enfants ce qui est bon, combien plus le Père des cieux nous comblera de son amour et de sa grâce. Le Carême est ce temps pour frapper à la porte, avec confiance.

Le psaume nous fait écho : « Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel. » Dieu ne reste pas sourd à nos détresses. Il nous rend forts, il nous relève. Et Jésus, dans l’Évangile, nous invite à cette audace : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. » La prière n’est pas un geste de faiblesse, mais un acte de foi. Elle dit : « Seigneur, je crois que tu peux agir là où mes forces s’épuisent. »

Alors, en ce temps de Carême, osons la vérité de notre cœur. Osons reconnaître nos manques, nos blessures, nos peurs. Osons demander. Car celui qui demande reçoit. Celui qui s’abandonne est relevé. Et dans ce mouvement, nous découvrons la joie promise : la joie d’être sauvés, la joie d’être aimés, la joie de laisser Dieu être Dieu en nous.

Dominique Laperle, L.O.P.
Fraternité laïque dominicaine Albert-le-Grand

 

PRIÈRE

Seigneur, nous t’en prions,
inspire-nous de toujours penser ce qui est juste
et de l’accomplir avec empressement ;
et puisque sans toi nous ne pouvons exister,
fais-nous vivre en accord avec toi.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.