Prédication, 5e mercredi du temps ordinaire A

11 février 2026

Mère de miséricorde

En cette fête de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes, le frère Yvon Pomerleau O.P., nous parle de sa participation au pèlerinage du rosaire à Lourdes, de sa charge de bénédiction des malades à cette occasion et de la présence symbolique de Marie à Cana dans l’évangile du jour.

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Prédication

Dans le « Prions en Église », nous avons le choix entre la célébration du temps ordinaire (consacrée aux malades et aux infirmes) ou celle de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes. Pour des raisons de sensibilité personnelle, j’ai opté pour souligner la Vierge de Lourdes qui donne une large place à l’univers des malades.

L’une des grâces de ma vie itinérante a été la participation au pèlerinage du rosaire à Lourdes. Un pèlerinage dominicain qui accueille chaque année au mois d’octobre une foule de malades et d’infirmes accompagnés par de nombreux membres de la famille dominicaine. Comme délégué du maître de l’Ordre, j’ai été invité à présider la bénédiction des malades. Cela m’a amené à voir de près des personnes de tous âges et de toutes nations atteintes de toutes formes de maladie. De leurs grabats, plusieurs attendaient une bénédiction spéciale du Seigneur au cours d’une procession du Saint Sacrement. J’ai été très touché à la fois par la misère de ces malades et la grandeur de leur foi. Lors d’une autre visite à Lourdes, j’ai découvert l’importance du sacrement de pénitence dans ce lieu de pèlerinage. Plusieurs prêtres étaient disponibles pour accueillir des files de pénitents. Lourdes est certainement un lieu privilégié de manifestation de la miséricorde pour les corps et les cœurs blessés.

En choisissant de célébrer la Vierge de Lourdes ce matin, je m’attendais à trouver comme évangile du jour soit l’annonciation ou la visitation… mais ce sont les noces de Cana que l’Église nous propose. Cet évangile est emprunté à Jean qui est très discret à propos de la Vierge Marie. Celle-ci n’est mentionnée que deux fois, ici à Cana et au pied de la croix. Au début et à la fin de l’évangile de Jean. Cana, c’est le commencement des signes et c’est sur la croix que Jésus dira que « tout est accompli ».

Des ressemblances frappantes existent entre les deux épisodes. Marie n’est jamais appelée par son nom, mais plutôt mentionnée comme « femme » ou « mère de Jésus ». Ce titre de femme pourrait, de façon symbolique, référer à Sion, Israël. La mère de Jésus est présente à Cana et c’est elle qui interpelle Jésus sur le manque de vin. Cette interpellation de Marie à son fils porterait sur la détresse religieuse d’Israël. Marie figure aussi la maternité spirituelle de l’Église, corps du Christ. La parole « ils n’ont pas de vin » devient comme un appel à Jésus d’apporter le salut, la guérison à tous ceux qui sont atteints de maladie physique et spirituelle. À Cana, Jésus opère le premier signe de sa mission salvatrice.

Portons dans notre prière aujourd’hui tous les malades de notre monde et demandons au Seigneur de donner sens à leur vie par nos paroles et nos gestes de réconfort !

Fr. Yvon Pomerleau, O.P.

 

PRIÈRE

Dieu de miséricorde,
viens au secours de notre faiblesse :
puisque nous faisons mémoire de l’Immaculée
la Mère de Dieu,
fais que, soutenus par son intercession,
nous soyons relevés de nos péchés.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.