11 février 2026
Mère de miséricorde
En cette fête de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes, le frère Yvon Pomerleau O.P., nous parle de sa participation au pèlerinage du rosaire à Lourdes, de sa charge de bénédiction des malades à cette occasion et de la présence symbolique de Marie à Cana dans l’évangile du jour.
LIVRE DU PROPHÈTE ISAÏE (66, 10-14c)
Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui la pleuriez !
Alors, vous serez nourris de son lait, rassasiés de ses consolations ; alors, vous goûterez avec délices à l’abondance de sa gloire. Car le Seigneur le déclare : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve et, comme un torrent qui déborde, la gloire des nations. »
Vous serez nourris, portés sur la hanche ; vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés. Vous verrez, votre cœur sera dans l’allégresse ; et vos os revivront comme l’herbe reverdit. Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (2, 1-11)
En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau.
Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
Prédication
Dans le « Prions en Église », nous avons le choix entre la célébration du temps ordinaire (consacrée aux malades et aux infirmes) ou celle de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes. Pour des raisons de sensibilité personnelle, j’ai opté pour souligner la Vierge de Lourdes qui donne une large place à l’univers des malades.
L’une des grâces de ma vie itinérante a été la participation au pèlerinage du rosaire à Lourdes. Un pèlerinage dominicain qui accueille chaque année au mois d’octobre une foule de malades et d’infirmes accompagnés par de nombreux membres de la famille dominicaine. Comme délégué du maître de l’Ordre, j’ai été invité à présider la bénédiction des malades. Cela m’a amené à voir de près des personnes de tous âges et de toutes nations atteintes de toutes formes de maladie. De leurs grabats, plusieurs attendaient une bénédiction spéciale du Seigneur au cours d’une procession du Saint Sacrement. J’ai été très touché à la fois par la misère de ces malades et la grandeur de leur foi. Lors d’une autre visite à Lourdes, j’ai découvert l’importance du sacrement de pénitence dans ce lieu de pèlerinage. Plusieurs prêtres étaient disponibles pour accueillir des files de pénitents. Lourdes est certainement un lieu privilégié de manifestation de la miséricorde pour les corps et les cœurs blessés.
En choisissant de célébrer la Vierge de Lourdes ce matin, je m’attendais à trouver comme évangile du jour soit l’annonciation ou la visitation… mais ce sont les noces de Cana que l’Église nous propose. Cet évangile est emprunté à Jean qui est très discret à propos de la Vierge Marie. Celle-ci n’est mentionnée que deux fois, ici à Cana et au pied de la croix. Au début et à la fin de l’évangile de Jean. Cana, c’est le commencement des signes et c’est sur la croix que Jésus dira que « tout est accompli ».
Des ressemblances frappantes existent entre les deux épisodes. Marie n’est jamais appelée par son nom, mais plutôt mentionnée comme « femme » ou « mère de Jésus ». Ce titre de femme pourrait, de façon symbolique, référer à Sion, Israël. La mère de Jésus est présente à Cana et c’est elle qui interpelle Jésus sur le manque de vin. Cette interpellation de Marie à son fils porterait sur la détresse religieuse d’Israël. Marie figure aussi la maternité spirituelle de l’Église, corps du Christ. La parole « ils n’ont pas de vin » devient comme un appel à Jésus d’apporter le salut, la guérison à tous ceux qui sont atteints de maladie physique et spirituelle. À Cana, Jésus opère le premier signe de sa mission salvatrice.
Portons dans notre prière aujourd’hui tous les malades de notre monde et demandons au Seigneur de donner sens à leur vie par nos paroles et nos gestes de réconfort !
Fr. Yvon Pomerleau, O.P.
PRIÈRE
Dieu de miséricorde,
viens au secours de notre faiblesse :
puisque nous faisons mémoire de l’Immaculée
la Mère de Dieu,
fais que, soutenus par son intercession,
nous soyons relevés de nos péchés.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
