19 décembre 2025
L’Annonce faite à Zacharie
Aujourd’hui, le frère Daniel Cadrin, O.P., enrichie notre connaissance sur l’annonciation de l’ange Gabriel à Zacharie en notant des liens et des ressemblances avec d’autres événements et personnages bibliques et en présentant cette annonce comme un point de départ d’évangélisation de la Bonne Nouvelle.
LIVRE DES JUGES (13, 2-7.24-25a)
En ces jours-là, il y avait un homme de Soréa, du clan de Dane, nommé Manoah. Sa femme était stérile et n’avait pas eu d’enfant. L’ange du Seigneur apparut à cette femme et lui dit : « Tu es stérile et tu n’as pas eu d’enfant. Mais tu vas concevoir et enfanter un fils. Désormais, fais bien attention : ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange aucun aliment impur, car tu vas concevoir et enfanter un fils. Le rasoir ne passera pas sur sa tête, car il sera voué à Dieu dès le sein de sa mère. C’est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins. »
La femme s’en alla dire à son mari : « Un homme de Dieu est venu me trouver ; il avait l’apparence d’un ange de Dieu tant il était imposant. Je ne lui ai pas demandé d’où il venait, et il ne m’a pas fait connaître son nom. Mais il m’a dit : “Tu vas devenir enceinte et enfanter un fils. Désormais ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange aucun aliment impur, car l’enfant sera voué à Dieu dès le sein de sa mère et jusqu’au jour de sa mort !” »
La femme enfanta un fils, et elle lui donna le nom de Samson. L’enfant grandit, le Seigneur le bénit, et l’Esprit du Seigneur commença à s’emparer de lui.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (1, 5-25)
Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme aussi était descendante d’Aaron ; elle s’appelait Élisabeth. Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable. Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.
Or, tandis que Zacharie, durant la période attribuée aux prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute la multitude du peuple était en prière au-dehors à l’heure de l’offrande de l’encens. L’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. À sa vue, Zacharie fut bouleversé et la crainte le saisit.
L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ; il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »
Alors Zacharie dit à l’ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. » L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu seras réduit au silence et, jusqu’au jour où cela se réalisera, tu ne pourras plus parler, parce que tu n’as pas cru à mes paroles ; celles-ci s’accompliront en leur temps. »
Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision. Il leur faisait des signes et restait muet. Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique, il repartit chez lui.
Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait : « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes. »
Prédication
Après un bref prologue, l’Évangile selon Luc commence par ce récit nous parlant d’un couple, Zacharie et Élisabeth. D’abord, leurs traits et situations sont présentés. Ce sont des justes, qui vivent dans l’Alliance avec le Dieu vivant. Matthieu dira aussi de Joseph qu’il est un juste (1,19). Ce sont des personnes âgées et sans enfant. Ils sont tous deux de la descendance d’Aaron, i.e. de la caste sacerdotale responsable du Temple de Jérusalem. Et c’est au tour de Zacharie d’exercer sa fonction de prêtre au temple.
Ainsi, l’Évangile selon Luc commence à Jérusalem au temple. Et c’est là qu’il finira (24, 53). Ce lieu est un fil conducteur dans la catéchèse de Luc, bâtie comme un pèlerinage, une montée vers Jérusalem et son lieu saint.
Et voici qu’un événement y advient, une visite inattendue venant annoncer une bonne nouvelle. On peut remarquer plusieurs traits communs entre cette annonciation à Zacharie et celle qui suivra, à Marie (1, 26-38). L’ange messager est Gabriel (v.19.26). Zacharie, comme Marie, est troublé (v.12.29), puis s’interroge sur le comment (v.18.34). L’ange les invite à dépasser leur première réaction : Sois sans crainte (v.13.30). Le message porte sur la naissance d’un enfant (v.13.31). Son nom est donné (v.13.31). La joie est mentionnée (v.14.28), de même que l’Esprit Saint (v.15.35).
Puis, l’enfant à venir, qui sera Jean le Baptiste, est présenté. Sa mission sera celle d’un prophète, comme Élie. Il sera un ascète (v.15), comme Samson dans la 1ère lecture. Rempli de l’Esprit Saint, il sera un guide pour son peuple. Le portrait est impressionnant. On comprend l’étonnement de Zacharie, qui en devient muet, jusqu’à la naissance de l’enfant et le don du nom (1,64). Et ce Jean Baptiste deviendra le saint patron des Canadiens français, ce que Gabriel n’avait pas anticipé !
Un élément central de ce récit est la mission de Gabriel : il est envoyé pour annoncer une bonne nouvelle à Zacharie. Luc emploie ici le verbe : l’ange vient évangéliser Zacharie. Cette expression revient en Luc : les anges annoncent une bonne nouvelle aux bergers (2, 10) ; Jean Baptiste lui-même évangélise (3,10) ; et finalement Jésus à son tour annonce une bonne nouvelle (4,18.43). Zacharie et Élisabeth ressemblent à Abraham et Sarah, un couple âgé, à qui la promesse d’une descendance, bonne nouvelle, est annoncée.
En ce temps de Noël, nous nous préparons à accueillir une Bonne Nouvelle, qui est Quelqu’un, dans nos vies. Cela s’inscrit dans l’histoire de chacun-e de nous, avec ses traits et situations, ses blocages et ses espoirs. Mais aussi avec ses annonciations, parfois, en des temps et des lieux particuliers. Et voici qu’une annonce cherche à capter notre attention. Elle s’exprime à travers des paroles et des gestes, des visages et des voix, des événements qui nous adviennent. Elle est porteuse de fécondité et de joie. Quelle est cette annonce, qui vient me toucher et m’insuffler une espérance ?
Fr. Daniel Cadrin, O.P.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
par la maternité de la Vierge sainte,
tu as voulu révéler au monde la splendeur de ta gloire ;
nous t’en prions :
accorde-nous de vénérer le mystère si grand de l’incarnation
dans la pureté de la foi
et de le célébrer toujours dans l’obéissance du cœur.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
