Prédication, samedi, 5e semaine du Carême A

28 mars 2026

Peu après la résurrection de Lazare

Aujourd’hui, Anne-Marie Vinay, travailleuse sociale, nous invite à prendre conscience de ce qui monte dans nos cœurs en vue de célébrer le mystère de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Christ.

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Prédication

L’Évangile de ce jour commence à Béthanie, chez Lazare, Marthe et Marie. On y voit plusieurs juifs qui avaient été présents lors de la résurrection de Lazare. Certains d’entre eux étaient peut-être venus consoler Marthe et Marie, endeuillées. Ces juifs, qui connaissaient bien Lazare, ont été les premiers témoins de sa résurrection. Certains d’entre eux ont été bouleversés en voyant Jésus, relevant son ami de la tombe et qui se révèle devant eux, comme l’Envoyé de Dieu.

Par contre, d’autres juifs ont voulu rapporter ce signe, ainsi que la conversion de leurs confrères, aux pharisiens et aux grands prêtres sans tarder, étant à distance de marche de Jérusalem. Ceux-ci se réunirent en conseil pour discuter de cet événement et de ses répercussions, se rapprochant d’un schisme — « Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui » — mais également pour éviter l’écroulement du Temple de Jérusalem, leur lieu saint contenant l’arche d’alliance et les Tables de la loi de Moïse : « Les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation.”

C’est alors que Caïphe, le grand prêtre, prophétisa la mort de Jésus : « Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »

Lorsque je lis l’Évangile, j’ai souvent le réflexe de m’imaginer dans la scène et porter attention aux dialogues, à l’atmosphère et aux résonnances qui montent dans mon cœur. Ici, c’est comme si la prophétie résonnait comme un coup de tonnerre dans mon cœur. C’est la Passion du Christ qui est annoncée, car ici toutes les portes sont ouvertes pour que Jésus marche librement vers sa mort. « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24, 26). Jésus avait pris soin d’annoncer trois fois à ses apôtres sa mort prochaine et sa résurrection, mais c’est comme si l’annonce de Caïphe venait sceller son destin. Je me surprends à vouloir marcher rapidement vers Ephraïm, retrouver Jésus et tenter de le convaincre d’éviter cette souffrance, mais je sais que ce mouvement de ma part serait contraire à sa volonté.

Alors, un chant souvent repris lors de la Semaine Sainte monte en mon cœur : une conversation entre nous et Jésus pour mieux comprendre la nécessité de la Passion du Christ pour notre délivrance aujourd’hui. En voici un couplet :

Ne laisse pas lier tes mains, ô Jésus,
ne laisse pas lier tes mains sans dire un mot.
« Si je ne laisse pas lier mes mains comme un voleur,
qui donc pourra détruire les prisons dont vous souffrez ?
Je laisserai lier mes mains comme un voleur. »

Nous sommes au seuil de la Semaine Sainte, où nous pourrons suivre chaque pas du Christ dans sa souffrance, ses humiliations, ses trahisons, pour ensuite accueillir sa lumière au plus profond de nos obscurités.

Anne-Marie Vinay, T.S.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
de tous ceux à qui tu as donné de renaître dans le Christ,
tu as fait une descendance, choisie un sacrement royal ;
accorde-nous de vouloir ce que tu commandes
et de pouvoir l’accomplir,
afin que le peuple appelé à l’éternité
ait une même foi dans le cœur,
une même charité dans l’action.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.