Prédication, 5e dimanche du Carême A

22 mars 2026

Suis-je un(e) ami(e) de Jésus?

Aujourd’hui, le frère Ghislain Paris, O.P., nous invite à réfléchir sur où nous en sommes dans notre vie de foi et à reconnaître Jésus comme la Résurrection et la Vie.

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Prédication

Nous aimons souligner que Jésus avait des amis(es) très chers(ères) qu’il allait visiter. Il passait du temps avec Marthe, Marie et Lazare, à Béthanie. Cela se poursuit encore maintenant chez nous. Il existe toujours des disciples chéris par le Seigneur, qui connaissent une intimité spéciale avec Lui ; Il va loger dans leur intérieur. Dans nos foules rapetissées, dans notre petit reste chrétien, se pourrait-il que des maladies, des quasi-morts soient l’occasion de découvrir de nos jours la gloire de Dieu ? Expérimentons-nous comment le Père est toujours présent et qu’Il exauce nos demandes ?

Qui suis-je donc dans cet évangile de la « résurrection » de Lazare ? Où en suis-je, où en sommes-nous dans notre vie de foi ? Suis-je un mort vivant ? Sommes-nous à moitié morts, comme personnes croyantes, comme communauté chrétienne ? ou sommes-nous en train de grandir malgré tout ? Progressons-nous vraiment dans la foi ?

Suis-je comme Thomas, notre Jumeau à tous ? La société nouvelle nous lance tellement de pierres. Les divers médias nous rendent responsables de tellement de dérives que c’est risqué de se montrer, de continuer à intervenir. C’est plus prudent de prendre notre temps, de ne pas trébucher au grand jour, de ne pas replonger dans la nuit de la tourmente. En tout cas, sachons-le : nous risquons de mourir avec lui… Jésus ou Lazare ? Jésus nous ferait-il accéder à une joie plus profonde ?

Suis-je comme Marthe ? … à reprocher à Jésus son absence dans nos maladies de communauté ou de paroisse ! Si tu avais été là, après le Concile ou même avant, le désastre ne serait pas arrivé, le renouveau se serait fait ! Sommes-nous comme elle… à penser que ça sent déjà, qu’il est trop tard! La mort a déjà fait son œuvre chez les croyants aimés par Jésus. Pourtant, notre contenu de foi est correct, nous nous sommes renouvelés, notre vocabulaire intellectuel est tout à fait à point. Nous formulons tous les titres d’une foi complète. « Tu es la Résurrection et la Vie, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, Celui qui doit venir ! » Mais la résurrection, c’est pour plus tard, à-venir… Et Jésus nous redit : « si tu crois vraiment, c’est maintenant que ça se passe. Il existe en toi une force à demeure ; elle te fait passer à travers tes maladies actuelles, à travers les obscurités et les morts de cette vie… et de celle à venir ! »

Il y a facilement de quoi pleurer : avec les changements géopolitiques, la course à la guerre qui se répand insidieusement, les souffrances sans nombre qui se vivent. Suis-je comme Marie ? Sommes-nous pris dans l’émotion, enfermés dans les regrets, sur ce qu’il aurait fallu faire pour éviter et prévenir ?… Si tu avais été là !… Marie a encore assez de nerf pour courir se jeter aux pieds de Jésus : ces pieds si chers qu’elle couvre de ses larmes, en attendant un parfum de grand prix. Elle se fraie même un chemin à l’intérieur de l’esprit de Jésus, assez pour le secouer dans son humanité, le remuer jusqu’aux larmes… si proches de la colère ! Elle le convainc d’agir, de réagir. Comme elle, allons-nous laisser les « Juifs » nous consoler, allons-nous retomber dans la sécurité de manières de faire et d’idées utiles et même nécessaires autrefois ? Ou ferons-nous le saut dans la foi à Sa parole ?

Sommes-nous enfin comme Lazare, les pieds et les poings liés ? … à ne plus savoir comment marcher, où cheminer, comment mettre la main à la roue… à ne plus savoir où donner de la tête, comment regarder et voir avec ce voile qui nous enserre ! La parole de Jésus nous crie de sortir de nos tombeaux. Sommes-nous capables de rouler la pierre et de laisser pénétrer la lumière de sa voix ? Il nous invite à nous dépouiller de notre vieil homme. Il nous purifie afin que nous soyons capables de poursuivre notre chemin maintenant. Il nous remet debout… avant la dernière rencontre. Saurons-nous mordre dans la Vie à pleines dents ? Il veut que nous soyons encore à table avec Lui, en sa compagnie, en sa présence. Il nous nourrit dans cette tranche de vie actuelle qui nous reste. Il nous mène et nous invite même à refaire l’Église… Lazare signifie : « mon aide vient de Dieu ». Saurons-nous continuer à marcher sans trébucher ?

Sommes-nous des amis(es) guidés(ées) par la lumière qui vient de Jésus, celle d’un Autre ?

Fr. Ghislain Paris, O.P.

 

PRIÈRE

Viens à notre secours, Seigneur notre Dieu :
accorde-nous de marcher avec joie dans la charité de ton Fils
qui a tant aimé le monde jusqu’à donner pour lui sa vie.
Lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.