16 février 2026
Voir la présence de Dieu autour de nous
Aujourd’hui, Christine Husson, laïque dominicaine, nous invite à réfléchir à la persévérance de la foi et à notre cheminement, à la lumière des lectures du jour.
LETTRE DE SAINT JACQUES (1, 1-11)
Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus de la Diaspora, salut !
Considérez comme une joie extrême, mes frères, de buter sur toute sorte d’épreuves. Vous le savez, une telle vérification de votre foi produit l’endurance, et l’endurance doit s’accompagner d’une action parfaite, pour que vous soyez parfaits et intègres, sans que rien ne vous manque.
Mais si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, lui qui donne à tous sans réserve et sans faire de reproches : elle lui sera donnée. Mais qu’il demande avec foi, sans la moindre hésitation, car celui qui hésite ressemble aux vagues de la mer que le vent agite et soulève. Qu’il ne s’imagine pas, cet homme-là, qu’il recevra du Seigneur quoi que ce soit, s’il est partagé, instable dans toute sa conduite.
Que le frère d’humble condition tire sa fierté d’être élevé, et le riche, d’être humilié, car il passera comme l’herbe en fleur. En effet, le soleil s’est levé, ainsi que le vent brûlant, il a desséché l’herbe, sa fleur est tombée, la beauté de son aspect a disparu ; de même, le riche se flétrira dans toutes ses entreprises.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (8, 11-13)
En ce temps-là, les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus ; pour le mettre à l’épreuve, ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ? Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération. »
Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l’autre rive.
Prédication
La liturgie de ce jour nous invite à réfléchir sur notre Foi. Comment voir la présence de Dieu autour de nous ? Comment rester fidèle à notre engagement chrétien malgré les épreuves et les turbulences de nos vies ? Comment croire sans voir, sans réelles certitudes, un Dieu qui se manifeste d’une manière si difficile à saisir avec nos limites humaines.
Dans la première lecture, l’apôtre Jacques, s’adresse à des communautés qui semblent avoir de la misère à entendre leur message d’espérance et de Foi. Ils devaient réagir comme la plupart de nos concitoyens d’aujourd’hui : Prouve-nous que ce que tu dis est vrai, et peut-être allons-nous y croire ! Montre-nous ce Dieu dont tu nous parles ! Comment prouver l’existence de Dieu à des personnes qui ne le cherchent pas, qui y voient au mieux qu’une douce utopie ? Comme êtres humains nous sommes limités par nos sens physiques. Même si la pensée peut donner un accès à un monde spirituel qui pourrait nous ouvrir à certaines notions plus abstraites, encore faut-il les accueillir avec une attitude ouverte et bienveillante, pour être capable d’y trouver du sens. Que ce soit du temps des premières communautés chrétiennes, ou aujourd’hui, nous sommes confrontés à ce même défi.
Les textes de ce jour nous apportent certaines pistes pour cheminer dans la Foi. La première est celle de la persévérance. Évidemment que nous allons trouver certains jours plus difficiles, que notre Foi va s’étioler et peut-être même disparaître à nos yeux. C’est cela notre condition humaine ! J’ose croire que Dieu en est conscient, depuis le temps… Mais il nous a donné également en cadeau la résilience, la capacité de surmonter les épreuves. Il a fait de nous des êtres de relations, capables de gestes de solidarité, d’écoute, de compassion. Tous ces dons mis dans notre cœur par Dieu lui-même, nourrissent notre Foi et notre fidélité à suivre son chemin de vie.
Dans le psaume, le moyen d’être fidèle, semble à première vue être la souffrance. « C’est pour mon bien que j’ai souffert », nous dit le psalmiste. Cette phrase sonne comme une résurgence d’une théologie du passé prônant la souffrance comme moyen de prouver notre fidélité à Dieu. Pour ma part, j’y vois davantage une source d’espérance pour ceux et celles qui souffrent, qui peuvent y trouver une présence, du réconfort, un certain sens. C’est vrai que la souffrance nous amène souvent à réfléchir sur notre rapport à la vie que les moments où nous fonctionnons bien. Dans nos moments de fragilité, nous nous tournons naturellement vers cette dimension intérieure qui seule peut nous apaiser, lorsqu’il n’y a plus rien d’autre qui peut le faire. Dieu est présent dans nos souffrances, pas pour en jouir, mais pour nous aider à les traverser et réaliser sa promesse de nous sauver.
Le texte de Marc m’a fait sourire ce matin. J’imaginais Jésus un peu découragé par l’attitude des pharisiens leur disant : Malgré tout ce que je vous ai dit, tout ce que je vous ai montré, vous voulez encore des signes ? Vous avez juste à regarder autour de vous, tout est là, bon sang ! Le message est très clair, nous ne devons pas chercher des signes extraordinaires de la présence de Dieu, cela ne sert à rien. Dieu est là, il est dans tout ce qui nous entoure, il n’a pas à être prouvé. Il est comme l’eau à laquelle nous nous abreuvons chaque jour, il est là et ne demande qu’à faire partie de nous. C’est tellement évident qu’on ne le voit pas, ou qu’on le voit plus parfois. Un peu comme lorsque nous regardons un objet de très proche et qu’il devient flou en nous bloquant la vue. Pour voir des signes de Dieu, il faut prendre un pas de recul, descendre en nous et regarder avec les yeux du cœur. Là sont les signes de la présence de Dieu, aussi fugitifs soient-ils à notre perception.
Puissions-nous, faire nôtre cette certitude que Dieu est : le chemin, la vérité, la vie ; afin que notre vie de baptisé(e) prenne tout son sens et nous amène tous et toutes à grandir dans la Foi.
Christine Husson, L.O.P.
Fraternité laïque dominicaine Fra-Angelico
PRIÈRE
Tu protèges, Seigneur Dieu,
ceux qui espèrent en toi ;
sans toi, rien n’est fort et rien n’est saint :
multiplie pour nous les signes de ta miséricorde,
afin que, sous ta conduite et sous ta direction,
en faisant un bon usage des biens qui passent,
nous puissions déjà nous attacher à ceux qui demeurent.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
