Prédication, 4e mercredi du temps ordinaire A

3 février 2026

Nul n’est prophète en son pays

Aujourd’hui, le frère Yvon Pomerleau, O.P., nous explique que dans les trois étapes de sa vie, qui fut tout entière son ministère, Jésus a fait face à l’incrédulité de ceux qui pensaient le connaître…

predication-nul-n-est-prophete-en-son-pays

Prédication

Pour ceux qui me connaissent un peu ou qui ont lu certaines de mes homélies, vous ne serez pas surpris de l’affirmation qui va suivre à propos de la vie de Jésus. Jésus accomplit sa mission de proclamation de la Bonne Nouvelle en trois temps. Trente ans de vie cachée, trois ans de manifestation publique et trois jours dans le don ultime de sa vie. Ce sont trois modalités différentes de révélation de l’amour de Dieu, son Père et notre Père.

Pendant sa vie à Nazareth, un petit village à peine connu, Jésus mène une vie de famille ordinaire. Il manifeste ainsi la proximité de Dieu dans les événements quotidiens, avec les joies et les peines qui se succèdent, le travail à domicile, la prière à la synagogue et le pèlerinage annuel à Jérusalem. Jésus révèle l’amour de Dieu pour les hommes dans la discrétion de sa vie à Nazareth autant que sur les routes de Palestine et la croix de Jérusalem. C’est l’amour qui est la trame de toute sa vie.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, on retrouve Jésus qui revient avec ses disciples dans son lieu d’origine après avoir séjourné ici et là dans la Galilée où il a prêché et accompli divers miracles. Le jour du sabbat, il se rend à la synagogue locale où il se met à enseigner. Les auditeurs sont frappés d’étonnement. Ils ne comprennent pas que Jésus, un fils du milieu, puisse se manifester par ses paroles et ses gestes de guérison comme un prophète. On dirait dans le langage populaire d’aujourd’hui : aux yeux de ses proches parents et de ses concitoyens, Jésus se prend pour un autre. Il s’attribue des qualités qui ne sont pas celles d’un villageois, fils du charpentier. La question est posée : d’où lui vient cette sagesse que l’on retrouve dans ses paroles et comment sont possibles ces miracles que ces mains réalisent ? Jésus révèle par son enseignement et ses miracles la puissance miséricordieuse de Dieu, son Père et notre Père.

Quand Jésus annoncera à ses disciples sa mort prochaine à Jérusalem, ce sera de nouveau le désarroi, même pour ceux qui l’ont accompagné dans sa prédication itinérante. Comment reconnaître le fils de Dieu dans le prédicateur et thaumaturge comme dans l’humble ouvrier de Nazareth ? Il n’y a que la foi qui peut permettre une telle démarche. L’évangéliste Marc nous dit que « Jésus s’étonna de leur manque de foi ».

Est-ce que ces interrogations des premiers disciples ne sont pas aussi les nôtres ? Dans le petit catéchisme d’autrefois, on parlait de deux grands mystères autour de Jésus : l’incarnation et la rédemption. Le crédo évoquera ces mystères en ces mots : « Je crois en Jésus fils unique de Dieu… qui pour notre salut s’est fait homme… qui souffrit sa passion et ressuscita ». Voilà le cœur de notre foi chrétienne !

Fr. Yvon Pomerleau, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
par toi nous vient la rédemption,
par toi nous est donnée l’adoption filiale ;
dans ta bonté, regarde avec amour tes enfants ;
à ceux qui croient au Christ,
accorde la vraie liberté et la vie éternelle en héritage.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.