12 janvier 2026
Comme Lui, comme Marguerite… portez du fruit !
En cette fête de sainte Marguerite Bourgeoys, sœur Violaine Paradis, C.N.D., nous parle de cette sainte Canadienne et Montréalaise et nous invite à sa suite, car elle a su faire sien le commandement de Jésus d’aimer comme Lui nous a aimés.
PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX THESSALONICENS (2, 2b-8)
Nous avons trouvé en notre Dieu pleine assurance pour vous annoncer, au prix de grandes luttes, l’Évangile de Dieu. Et quand nous vous exhortions, ce n’était pas avec des doctrines fausses, ni des motifs impurs, ni par ruse.
En effet, pour nous confier l’Évangile, Dieu a éprouvé notre valeur, de sorte que nous parlons, non pas pour plaire aux hommes, mais à Dieu, lui qui met nos cœurs à l’épreuve. Jamais, nous n’avons eu un mot de flatterie, vous le savez, jamais de motifs intéressés, Dieu en est témoin ; jamais nous n’avons recherché la gloire qui vient des hommes, ni auprès de vous ni auprès d’autres personnes.
Alors que nous aurions pu nous imposer en qualité d’apôtres du Christ, au contraire, nous avons été pleins de douceur avec vous, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais jusqu’à nos propres vies, car vous nous étiez devenus très chers.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (15, 9-17)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.
« Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »
Prédication
Nous entrons aujourd’hui dans le « temps ordinaire ». Or, pour les sœurs et personnes associées de la Congrégation de Notre-Dame, il s’agit plutôt d’un jour extraordinaire ! L’Église souligne en effet la fête liturgique de Ste Marguerite Bourgeoys. Comme il est écrit dans la prière d’ouverture, Dieu nous invite à la prendre comme modèle, afin « qu’à son exemple et sa prière, nous puissions, par nos paroles et notre conduite, proclamer sur toutes les routes qui mènent à Dieu, la présence et l’amour du Verbe incarné. »(1)
Après avoir célébré la naissance de Jésus-Verbe incarné, n’est-ce pas une invitation pleine de sens d’entendre cet appel à l’imiter, à porter son amour, sa présence au cœur du monde ? Certainement !
Mais comment ? Les textes de ce jour nous offrent quelques pistes. On y retrouve les expressions telles que : faire comme, à l’exemple de, à la manière de… Nous sommes donc invité.e.s à réfléchir sur notre manière d’Être en présence de Dieu et de Faire sa volonté, c’est-à-dire : Aimer. Parce qu’Il nous a aimés, aimons à notre tour. C’est ce qu’a tenté d’être et de faire Ste Marguerite Bourgeoys dans l’humilité, la simplicité, la pauvreté.
Pour elle, la prière et la compassion allaient de pair, main dans la main, comme l’a mentionné Mgr Christian Lépine lors de la messe célébrée à l’occasion de la fête hier matin à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Marguerite écrit : « La prière, si elle ne part pas du cœur qui doit être son centre, elle n’est qu’un songe qui ne produit rien, car la prière doit être dans la pensée, la parole et l’exécution. »(2)
Dans ses Écrits, on retrouve le commandement de l’amour de Dieu et du prochain dont l’Évangile de ce jour fait mention. « Il est vrai que tout ce que j’ai le plus désiré et que je souhaite encore le plus ardemment, est que le grand précepte de l’amour de Dieu et du prochain comme soi-même soit gravé dans tous les cœurs. »(3)
La lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens l’a sans doute inspirée ! En effet, elle ne recherchait pas son intérêt, sa volonté, ni les honneurs. Elle recherchait la gloire de Dieu et non pas celle qui vient des hommes. Elle a écrit : « Plaire à Dieu seul », et ce même en acceptant de déplaire à ses propres sœurs pour écouter l’appel intérieur à servir les personnes dans le besoin.
Comme Jésus, faire la volonté de Dieu.
« Plus je Le suivrai sans crainte, plus Il me protègera, et plus je ferai sa volonté, plus Il me témoignera son amour » . Comme le psalmiste, Marguerite trouve son bonheur dans la recherche de la volonté de Dieu. Oui, il est « heureux celui qui aime la volonté de Dieu »(5) , qui la fait passer en premier, béni soit-il ! Marguerite a su partager avec les plus pauvres de son temps, elle a eu pitié des plus faibles, notamment des enfants et particulièrement des filles sans instruction afin qu’elles aussi expérimentent l’amour de Dieu, Sa bonté. Encore une fois, prière et compassion vont de pair.
« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés », « … demeurez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père… » Dans l’Évangile de ce jour, cet appel à faire comme Jésus (qui Lui, fait comme le Père) est interpellant. Ce n’est qu’en étant, en faisant comme Lui et en demeurant dans son Amour que nous porterons du fruit. Le verbe « commander » vient du latin commendare (confier) et mandare (ordonner). « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés »(6) , en Jésus, Dieu nous confie son Amour. Et nous, qu’en faisons-nous ? Comment nous laissons-nous ordonner par Dieu ? Nos manières d’être et de faire découlent de cette disposition amoureuse, ce désir de faire sa volonté et donner chair au Verbe de Dieu.
« Il faut que toutes nos pensées, nos paroles et nos actions aient, pour commencement propre et pour fin, d’embrasser Ses commandements. »(7) Par son écoute de la volonté de Dieu et son désir de porter Jésus au monde, Marguerite est allée vivre aux côtés des filles du Roy pour les éduquer à devenir de bonnes mères et épouses. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Elle a été et demeure, un modèle de femme pour chacun.e de nous afin que nous aussi, à sa suite et à la suite du Christ nous portions du fruit.
Sr. Violaine Paradis, C.N.D.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
tu as appelé sainte Marguerite Bourgeoys
à quitter son pays au nom de sa foi,
pour former la jeunesse à la vie chrétienne ;
fais qu’à son exemple et à sa prière,
nous puissions, par notre parole et notre conduite,
proclamer sur toutes les routes qui mènent à toi,
la présence et l’amour du Verbe incarné.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
(1) Prions en Église, p.84.
(2) EMB, p. 243.
(3) EMB, p.267.
(4) EMB, p. 262
(5) Ps 111, v.1
(6) Jn 15, 12
(7) EMB, p. 106.
