11 janvier 2026
Baptême du Seigneur. Pourquoi?
En cette première messe de l’année 2026 et dimanche du Baptême du Seigneur, le frère Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P., nous explique pourquoi Jésus, lui le sans-péché et le Fils de Dieu, demande à être baptiser par son cousin Jean.
LIVRE DU PROPHÈTE ISAÏE (42, 1-4.6-7)
Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois.
« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »
LIVRE DES ACTES DES APÔTRES (10, 34-38)
En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée, chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. Telle est la parole qu’il a envoyée aux fils d’Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, lui qui est le Seigneur de tous.
« Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. »
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (3, 13-17)
Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »
Prédication
Frères et sœurs,
Après ces quelques jours de repos, nous nous retrouvons aujourd’hui autour d’une fête qui ouvre une nouvelle étape dans la vie de Jésus : son baptême au Jourdain.
En effet, l’Évangile nous montre Jésus qui se présente devant Jean pour être baptisé. À première vue, cela surprend : pourquoi celui qui est sans péché se mêle-t-il à la foule des pécheurs ? Pourtant, c’est précisément là que se révèle la logique de Dieu. Jésus ne commence pas sa mission à distance de l’humanité, mais au contraire en se tenant au milieu de ceux qui cherchent un nouveau départ. Ainsi, dès le début, il choisit la solidarité plutôt que la supériorité, la proximité plutôt que la distance.
Jésus ne commence pas sa mission au-dessus de nous, mais avec nous. Il entre dans l’eau où les pécheurs ont déposé leurs fautes. Il se tient dans la file de ceux qui cherchent un nouveau départ. Il se met du côté de l’humanité blessée, fragile, en quête de lumière.
Pour les étudiants qui reprennent aujourd’hui : Jésus n’attend pas que vous soyez parfaits, organisés, motivés, inspirés. Il commence là où vous êtes, avec ce que vous avez, avec ce que vous êtes. « Je suis avec toi. Je marche avec toi. Je prends ton histoire au sérieux. »
La première lecture d’Isaïe nous avait déjà donné un indice : le Messie ne casse pas le roseau qui plie, il n’éteint pas la petite flamme qui vacille. Autrement dit, Dieu ne méprise jamais la faiblesse. Il la rejoint. Il la relève. Il la transforme.
Et dans les Actes des Apôtres, Pierre ajoute quelque chose d’essentiel : Dieu ne fait pas de différence entre les personnes. Il ne classe pas les gens selon leur passé, leur performance, leur réputation. Il regarde le cœur. Il donne son Esprit à tous ceux qui s’ouvrent à lui.
Alors, revenons au Jourdain. Jésus sort de l’eau. Le ciel s’ouvre. L’Esprit descend. Et une voix qui dit : « Tu es mon Fils bien-aimé. » Voilà le cœur de cette fête.
Avant toute action, avant tout succès, avant toute mission, Jésus reçoit une parole d’amour. Et cette parole, frères et sœurs, elle est aussi pour nous, parce que notre baptême n’est pas un souvenir lointain. C’est une identité. C’est une force. C’est une lumière qui dit : « Tu es aimé. Tu es voulu. Tu es attendu. »
Alors aujourd’hui, le Baptême du Seigneur nous invite à trois choses simples et puissantes :
1. Oser descendre dans l’eau. Accepter d’être vrai, de recommencer, de laisser Dieu toucher nos zones fragiles.
2. Accueillir l’Esprit. Laisser Dieu nous inspirer, nous guider, nous donner courage et clarté.
3. Écouter la voix du Père. Ne jamais oublier que notre valeur ne dépend pas de nos réussites, mais de l’amour de Dieu.
Frères et sœurs, si nous laissons cette parole entrer dans nos vies, alors cette fête ne sera pas seulement un souvenir du baptême de Jésus. Elle deviendra un nouveau départ pour chacun, chacune de nous.
Loué soit Jésus-Christ.
Fr. Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P.
PRIÈRE
Dieu éternel et tout-puissant,
quand le Christ fut baptisé dans le Jourdain,
et que l’Esprit Saint descendit sur lui,
tu l’as manifesté solennellement comme ton Fils bien-aimé ;
accorde à tes enfants d’adoption,
qui ont reçu la nouvelle naissance de l’eau et de l’Esprit,
d’être toujours fidèles à ce qui te plaît.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
