Prédication, vendredi du temps de Noël avant l’Épiphanie A

2 janvier 2026

Des témoins éclairants

Après les fêtes de Noël, aujourd’hui, le frère Daniel Cadrin, O.P., nous invite à trouver notre chemin à la suite du Christ comme témoins dans l’immense foule des disciples. 

Des témoins éclairants

Prédication

Au début de l’Évangile de Jean, à Béthanie au-delà du Jourdain, nous sommes introduits à Jésus par un témoin : Jean le Baptiste. C’est lui qui présentera l’Agneau de Dieu à André et Jean (1, 35-37). Pour que naisse et croisse l’Église, les témoins sont essentiels, aux origines comme aujourd’hui, en temps de mission. Ces hommes et ces femmes, d’âges et de cultures différentes, ces communautés et ces groupes, aux charismes variés, peuvent trouver en Jean le Baptiste les traits du véritable témoin.

De quoi témoigne-t-il ? L’Évangile selon Jean nous dit qu’il est un envoyé de Dieu (Jn 1,6). En cela, il s’oppose à d’autres envoyés : les Pharisiens (1,19.24). Le témoin ne vient pas de lui-même ni ne parle en son nom ; il est envoyé par quelqu’un qui l’a appelé. Sa mission lui vient d’un Autre : il est un messager, un agent de liaison qui doit s’effacer lorsque le contact est fait.

Il est un intermédiaire, une voix qui invite à croire, à reconnaître en Jésus le Christ espéré. Il n’amène pas à croire en lui-même, il n’impose pas un nouveau système. Il indique du doigt quelqu’un ; aux auditeurs de le suivre ou de le refuser. Et le refus est possible : les Pharisiens et le  » monde » ne le reconnaissent pas (1,10.26). Le témoin ne se prend pas pour un autre : ce n’est pas lui le Messie. Il ne vise pas à se maintenir dans un rôle central. Une fois la démarche amorcée, il s’efface : ce n’est pas lui que les disciples doivent suivre mais l’Agneau de Dieu.

Il ne témoigne pas de n’importe quoi, mais d’une lumière qui a visage humain : Jésus. Ainsi il n’annonce pas des ténèbres qui font peur, des fardeaux qui écrasent, mais une lumière qui éclaire l’existence personnelle et collective, et qui donne cohésion et espérance. Et cette lumière, il en montre la présence non dans des cieux inaccessibles mais tout près, au milieu du monde : car le Verbe s’est fait chair (1,14). Cette présence n’est pas évidente mais se laisse chercher à la condition d’ouvrir ses yeux et de la reconnaître. Le rôle du témoin est d’indiquer des signes de cette présence, au milieu de nous.

Après la fête de Noël, où nous avons célébré la venue de cette lumière dans nos vies, il est bon de nous rappeler ces témoins qui, dans nos propres itinéraires, nous ont introduits à Jésus. Ceux et celles qui, dans nos familles, nos milieux, notre Église, ou dans des écrits, des médias, nous ont donné le goût de le suivre. À notre tour, nous sommes appelés au même témoignage : au milieu du monde, de ses confusions et de ses attentes, nous témoignons d’une lumière singulière, cachée mais saisissable, par laquelle une Parole et une Présence nous libèrent de l’obscurité.

Aujourd’hui, l’Église fait mémoire d’un témoin exceptionnel au 4e siècle, Basile de Césarée. Moine, il a su développer la vie communautaire ; évêque, il fut engagé avec et pour son peuple ; éducateur, il fut attentif à la rencontre de l’évangile avec les cultures. Sa sœur aînée Macrine fut une Mère du désert, fondatrice et leader spirituelle. Son frère cadet Grégoire de Nysse fut écrivain et évêque. Quelle famille ! Sans oublier son ami Grégoire de Nazianze, théologien et évêque. Ces témoins, aux caractères et parcours différenciés, se sont soutenus dans leur suite de Jésus.

Fr. Daniel Cadrin, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as voulu illuminer ton Église par l’exemple
et les enseignements des bienheureux évêques
Basile et Grégoire ;
accorde-nous de rechercher ta vérité dans l’humilité
et de la mettre en œuvre fidèlement dans la charité.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.