Prédication, Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu A

1er janvier 2026

Bonne année

En ce premier jour de l’an, le frère André Descôteaux, O.P., nous invite à prendre conscience qu’en Jésus nous sommes bénis et à entrer dans la joie de cette nouvelle année.

Bonne Année

Prédication

Les célébrations du Nouvel An sont impressionnantes. Tout débute dans les Îles des Kiribati pour se poursuivre en Nouvelle-Zélande, en Australie, avec son magnifique feu d’artifice sur le port et l’opéra de Sydney. Après le Japon, la Chine, en passant par les Indes, nous nous retrouvons en Europe (Moscou, Berlin, Paris, Londres). Après quelques heures, ce sont les habitants de New York, de Montréal, de Toronto à fêter. Le tout se terminant dans les îles inhabitées de Baker!

Célébrations grandioses. Feux d’artifice exceptionnels. Foules immenses. Alcool coulant à flots. Réjouissances, joie, fraternité! Je garde un magnifique souvenir d’un 31 décembre sur les Champs-Élysées même si j’ai dû rentrer au couvent à pied, les transports publics étant fermés.

Pourquoi une telle joie, une telle allégresse? Pourquoi des Montréalais et des Montréalaises se rassemblent-ils dans le Vieux-Port, affrontant des froids sibériens? Que peut bien avoir de particulier un changement d’année? Après tout, ce n’est qu’une succession numérique bien arbitraire.

Dans notre pays, les moins braves restent éveillés et écoutent les émissions humoristiques traçant un bilan divertissant de l’année qui se termine. La classe politique de même que les artistes en font souvent les frais.

Temps de recul sur un passé récent vécu dans la joie. Temps joyeux d’espérance d’une année que l’on souhaite meilleure avec les bons vœux que nous échangeons (santé, bonheur, réalisation de nos rêves) et les résolutions que nous pouvons prendre. Si nous sommes inscrits dans l’histoire et dans le temps, nous manifestons, d’une certaine manière, qu’il ne nous domine pas entièrement. Nous pouvons être critiques et souhaiter mieux.

Passage que nous vivons entre amis dont les chemins se sont croisés dans la grande marche de la vie. N’avons-nous pas besoin d’une profonde solidarité alors que nous avançons vers un inconnu, solidaires dans ce qui a été vécu et dans ce qui sera vécu ? Où le temps nous conduira-t-il ?

La Parole de Dieu proclamée aujourd’hui ouvre grandes les portes du temps et de l’avenir. Nous ne sommes pas déterminés par le temps. Le temps n’est pas une roue qui tourne. L’histoire a un avenir. Non seulement l’humanité est bénie par un Dieu qui lui souhaite la paix, mais il veut lui montrer son visage au point de devenir petit enfant. La vie de ce Jésus transformera l’histoire en une aventure d’amour, de paix, de justice et de vie en plénitude. Comme les bergers, il y a de quoi être dans la joie et l’étonnement. Cet enfant est si proche de nous que né d’une femme comme nous, il fait de nous ses frères, ses sœurs, des fils et des filles de son Père. « Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! » Comme Jésus, nous sommes les héritiers et les héritières du Père. Il nous donne tout. Il se donne lui-même, car il ne peut donner autre chose que lui-même.

Entrons donc dans la joie de cette nouvelle année! Non pas parce qu’elle sera nécessairement meilleure ou moins pénible que la précédente, mais parce qu’elle est habitée d’un dynamisme, d’une présence qui la conduit à son terme, une fin où tous les peuples de la terre, quel que soit le fuseau horaire, seront rassemblés par le Christ et seront pour toujours dans la joie et l’allégresse et où le vin nouveau de l’Esprit coulera à flots.

J’aimerais terminer en citant cette prière de Benoît XVI à Marie, que l’Église célèbre aujourd’hui dans le mystère de sa maternité. « Par ton oui, Marie, l’espérance des millénaires devenait réalité et entrait dans ce monde et dans notre histoire. Par ta course joyeuse chez ta cousine Élisabeth, tu devenais l’image de l’Église à venir qui porte l’espérance dans son sein. Au pied de la Croix, alors que tu entendais ton Fils te dire : ‘Femme, voici ton Fils’, dans la foi, résonnaient ces paroles de l’ange ‘Sois sans crainte, Marie’ et encore ‘son règne n’aura pas de fin’. Dans cette foi, dans l’obscurité du Samedi Saint, tu étais habitée par la certitude de l’espérance. Au jour de la Pentecôte, tu étais au milieu des disciples, comme leur Mère, comme Mère de l’espérance. Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne. Étoile de la mer, brille sur nous et conduis-nous sur notre route ». 

Bonne, heureuse et sainte année!

Fr. André Descôteaux, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
par la virginité féconde de la bienheureuse Marie,
tu as offert au genre humain les bienfaits du salut éternel ;
accorde-nous d’éprouver qu’intercède en notre faveur
celle qui nous permit d’accueillir l’auteur de la vie,
Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur.
Lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.