Prédication, Vendredi dans l’octave de Pâques A

10 avril 2026

À la fin, un commencement

Aujourd’hui, vendredi dans l’Octave du Pâques, le frère Daniel Cadrin, O.P., décortique avec nous ce récit de transition de l’évangile de saint Jean où le Ressuscité va chercher ses disciples pour les encourager à reprendre la route de la mission du Règne de Dieu.

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Prédication

Voici un évangile autour d’une histoire de pêche. Il commence en mer (un lieu de danger), la nuit, avec une pêche qui échoue : la mer, la nuit, l’échec. Il nous montre des visages précis, formant un groupe de sept : Simon surnommé Pierre ; Thomas surnommé Jumeau ; Nathanaël de Cana, dont Jésus a dit (Jn 1,48) qu’il était un vrai Israélite, sans artifice ; les fils de Zébédée, Jacques et Jean, qui ont du caractère ; et deux autres. Des gens qui ont une histoire et des liens entre eux et qu’on voit ici dans leur travail.

Et puis vient le matin, par-delà la nuit, et un inconnu est présent sur le rivage. À son appel à jeter le filet, le groupe tente un nouvel essai de pêche et cette fois-ci, c’est la surabondance de poissons, et le filet résiste. Et Pierre, fougueux encore, tout nu, se jette à la mer, mais s’habille avant ! Et ça ne s’arrête pas là : il y a un feu sur la grève, avec du poisson et du pain. L’inconnu est reconnu : c’est le Seigneur ressuscité qui partage le pain et prépare le repas pour ses amis. Après le repas, un dialogue entre Jésus et Pierre sur l’amour et la responsabilité pastorale suivra (21, 15-19).

Un récit vif et plein d’allusions (mer, barque, pêche, pain, repas,…) qui vient comme en appendice à la toute fin de l’évangile de Jean. Une fin qui est un commencement. Un récit de transitions, de passage, entre la mort de Jésus et la mission des disciples. Une transition qui lance vers un avenir différent : pour tout ce groupe de pêcheurs, c’est une autre pêche (mission) qu’ils vont faire désormais. Tirer les poissons hors de mer, cela évoque le salut.

Ce passage ramasse aussi le passé de ces gens. Il est significatif qu’ils soient retournés en arrière, à leur ancien métier, en Galilée, là où l’aventure avec Jésus avait commencé. Mais Jésus va les chercher à nouveau, les ré-appeler, au cœur de leur vie. C’est un nouveau commencement, pour une mission universelle (153 poissons).

Et nous dans tout cela ? Dans les récits des évangiles, nous sommes toujours là, quelque part. Comme les sept, nous retournons parfois en arrière, car ce que nous avons essayé n’a pas abouti. On retourne alors à ce qu’on savait déjà, laissant les rêves de vie nouvelle. Vaut-il la peine de poursuivre l’aventure avec Jésus ? Mais même là, le Seigneur vient nous chercher, nous appeler à reprendre route, à reprendre vie. C’est nous aussi qui apercevons cet inconnu sur nos rivages. Pour le reconnaître, ce n’est pas évident : nos yeux de disciple bien-aimé doivent s’ouvrir. Être attentifs aux signes offerts, qui peuvent nous venir d’un proche, d’une jeune, d’un aîné, d’une parole, d’une prière.

C’est nous que Jésus appelle, en plein cœur de nos activités, et qui nous appelle en communauté, ce groupe de sept, des gens qui partagent une histoire, qui croyaient que l’heure du retrait était venue mais qui reçoivent une nouvelle mission. Ainsi, c’est nous sur la barque de nuit en pleine mer, travaillant pour rien. Et c’est nous au matin, débordés par l’abondance du don de Dieu et recevant le défi d’une mission universelle.

Fr. Daniel Cadrin, O.P.

 

PRIÈRE

Dieu éternel et tout-puissant,
par le mystère pascal,
tu as rétabli l’humanité dans ton alliance ;
accorde-nous d’exprimer par nos actes
la foi que nos célébrations proclament.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.