Prédication, Mercredi dans l’octave de Pâques A

8 avril 2026

Le deuxième pèlerin d’Emmaüs

Aujourd’hui, mercredi de l’Octave du Pâques, le frère Yvon Pomerleau, O.P., nous invite à prendre place dans le récit des disciples d’Emmaüs pour mieux reconnaître en nous-mêmes l’appel à devenir disciples du Ressuscité et faire route ensemble sur les chemins de la vie.

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Prédication

Dans l’évangile des disciples d’Emmaüs, l’un des deux disciples est nommé Cléophas tandis que l’autre demeure anonyme. Ne serait-ce pas là une omission volontaire de l’évangéliste Luc pour permettre à chaque disciple du Christ, d’hier à aujourd’hui, de s’identifier à lui ? Le récit des disciples d’Emmaüs n’est pas un reportage journalistique, mais plutôt une catéchèse toujours actuelle.

Pour trouver le mot juste pour définir les deux personnages de notre évangile, on parle tantôt de disciples, tantôt de compagnons, tantôt de pèlerins. C’est ce dernier terme que je retiens, car il me semble mieux convenir à ce qui se déroule dans notre récit. La route y occupe une place importante. Le mot de pèlerins évoque la route, le cheminement. C’est sur la route qui mène à un village nommé Emmaüs que les deux pèlerins vont croiser Jésus. À la fin du récit, ils vont reprendre la route pour retourner à Jérusalem. Le cheminement définit la vocation et la vie de tout disciple du Christ. Jésus appelle ses apôtres à le suivre par ces paroles : « Viens, suis-moi ! ».

« Tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha et il marchait avec eux ». Le voyage des deux disciples de Jésus peut être considéré comme un voyage intérieur. Les disciples se posent des questions graves en lien avec la mort de Jésus. Un peu comme Judas, ils s’interrogent sur l’identité messianique de leur maître. Notre cheminement dans la foi n’exclut pas le questionnement. C’est peut-être même dans ces moments de doute que Jésus s’approche de nous et marche avec nous. Le Christ devient un compagnon de route pour les premiers disciples comme pour nous. Nos yeux, comme ceux des premiers disciples, peuvent être empêchés de le reconnaître. Le regard de foi doit apprendre à passer de l’absence physique à une nouvelle présence discrète de Jésus sur les chemins de la vie.

C’est au cours d’un repas partagé que les yeux des disciples vont s’ouvrir et leur permettre de reconnaître Jésus. La foi est une conversion spirituelle du regard. Le repas est central pour participer au salut apporté par le Règne de Dieu. Pensez à d’autres repas marquants dans la vie de Jésus comme la multiplication des pains et la dernière cène. Pour les décrire, l’évangéliste Luc utilise les mêmes verbes : prendre le pain, dire la bénédiction, rompre et donner. Dans nos communautés chrétiennes, l’eucharistie nous assure d’une rencontre avec Jésus, qui s’identifie à la communauté, à la parole et au pain.

Les disciples vont prendre le chemin de retour d’Emmaüs à Jérusalem pour retrouver les apôtres. L’envoi en mission prolonge la reconnaissance de Jésus ressuscité. Notre messe encore aujourd’hui se termine par une invitation : « Allez dans la paix du Christ ».

Fr. Yvon Pomerleau, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu nous donnes chaque année
la joie de fêter la résurrection du Seigneur ;
à travers ces fêtes d’ici-bas,
accorde-nous, dans ta bonté, de parvenir aux joies éternelles.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.