Prédication, Mardi dans l’octave de Pâques – A

7 avril 2026

La résurrection transformante

En ce mardi de l’octave de Pâques, le frère Hervé Tremblay, O.P., analyse avec nous trois exemples de transformation de l’expérience de Jésus ressuscité.

La résurrection transformante

Prédication

Il n’est pas certain que la première chose à laquelle on pense quand on parle de la résurrection, c’est combien elle a transformé des personnes. Quand on lit les textes du Nouveau Testament relatant l’expérience de Jésus ressuscité, il est remarquable à quel point elle a eu des effets profondément transformateurs. On en a trois exemples dans les lectures de ce mardi de l’Octave de Pâques.

Le premier exemple de transformation est évident, c’est celui de Marie Madeleine dans l’évangile. L’épisode commence par une femme désemparée qui pleure, penchée vers le tombeau comme si elle était repliée sur elle-même. Ce qui lui a permis de « se retourner », comme dit le texte, de sortir d’elle-même et de voir autrement, c’est la rencontre avec le Seigneur vivant. Or, c’est exactement le sens de la conversion. Celle qui « pleurait comme une madeleine » (je ne peux pas résister au jeu de mots) est transformée en une courageuse messagère de la bonne nouvelle, comme on le voit à la fin de l’épisode. Du courage, il lui en a fallu, car elle allait annoncer la résurrection aux apôtres qui avaient suivi Jésus depuis le début de son ministère mais qui l’avait abandonné et laissé mourir tout seul. Les textes évangéliques laissent entendre que, dans un premier temps, la nouvelle n’a pas été reçue avec joie et émerveillement. Marie Madeleine a dû insister et répéter. C’est pourquoi la tradition l’a appelée apostolorum apostola « l’apôtre des apôtres ». Tu parles d’une transformation qui à son tour transforme!

Les deux autres exemples de transformation se trouvent dans la première lecture des Actes des apôtres. Il s’agit évidemment des apôtres eux-mêmes. Ce n’était pas trop tôt! Enfermés, verrouillés, embarrés (comme on dirait en québécois), par peur d’être tués comme leur maître, les voici qui le prêchent avec assurance et présentent à la foule la bonne nouvelle de l’évangile. Cette prédication de Pierre (c’était la lecture de la messe d’hier, le lundi de Pâques) concerne essentiellement la résurrection de Jésus qui a transformé les apôtres. « Nous en sommes témoins » dirent-ils.

La troisième transformation est celle des auditeurs de Pierre. Profondément bouleversés, le « cœur piqué » dit le texte grec, par la prédication de Pierre, ils lui demandent quoi faire. Eux aussi sont appelés à se convertir et à recevoir le baptême. Sans doute deviendront-ils à leur tour des messagers de la bonne nouvelle.

Dans les lectures de ce jour, à la rencontre de Jésus ou des apôtres, tout le monde est transformé, tout le monde est changé, tout le monde est converti.

Pour nous qui n’en sommes sans doute pas à notre première fête de Pâques, il est possible de se demander à quel point elle nous a transformés. Bien sûr, notre expérience de Jésus ressuscité n’est pas aussi directe, nous n’avons pas entendu le premier pape nous parler, mais il reste que la présence et l’action du Ressuscité peuvent s’expérimenter pour nous aussi de tant de manières. Sinon, la résurrection n’aurait plus de pertinence aujourd’hui.

Alors, comme le foule qui a entendu la première prédication de Pierre, nous pouvons demander: « Que devons-nous faire? » Que la résurrection du Christ continue de nous transformer toujours davantage et, par nous, de transformer les autres.

Fr. Hervé Tremblay, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu nous guéris par les célébrations pascales ;
poursuis toujours l’œuvre de ta grâce :
que ton peuple trouve une liberté parfaite
et parvienne à la joie du ciel
dont il exulte déjà sur la terre.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.