Prédication, Mardi Saint A

31 mars 2026

L'amour qui se donne

Jésus, au cœur du repas, révèle qu’il sera trahi par l’un de ceux qu’il a aimés jusqu’au bout, et pourtant il continue de se donner. La Passion devient le lieu où la fidélité de Dieu affronte nos fragilités, nos reniements et nos pauvretés. Comme le dit le frère Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P., en marchant avec Jésus vers Jérusalem, nous découvrons que la vraie gloire naît lorsque nous laissons son amour nous transformer.

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Prédication

En ce mardi saint, l’Évangile nous conduit au cœur d’un moment d’une grande intimité : Jésus est à table avec ses disciples. Ce repas n’est pas seulement un repas ; c’est un espace où les cœurs se dévoilent, où la vérité des relations apparaît. Et c’est précisément là, dans cette proximité, que Jésus laisse monter ce qui le bouleverse : « L’un de vous me livrera. »

Ce n’est pas un étranger. Ce n’est pas un adversaire. C’est l’un de ceux qu’il a appelés par leur nom, qu’il a formés, accompagnés, aimés. Et le signe qu’il donne la bouchée trempée et offerte n’est pas un geste de dénonciation, mais un geste d’amitié. Jusqu’au bout, Jésus aura tenté d’ouvrir une brèche dans le cœur de Judas, de lui offrir une dernière occasion de revenir à la lumière.

Mais Jean nous dit qu’à ce moment précis, les ténèbres prennent le dessus. Jésus ne parle plus vraiment à Judas, mais à ce qui a envahi son cœur : « Ce que tu fais, fais‑le vite. » Comme si Jésus reconnaissait que l’heure est venue, que la Passion doit s’accomplir, que le Fils de l’homme doit être livré pour que la gloire de Dieu éclate.

Et cette gloire, Jésus la définit d’une manière qui nous dépasse : la gloire n’est pas un triomphe extérieur, mais le don total de soi, la capacité d’aimer jusqu’au bout, de traverser la nuit sans renoncer à la lumière.

Pendant cette Semaine Sainte, Jésus nous montre ce que signifie aimer en vérité : sortir de soi, briser l’égoïsme, laisser la vie divine circuler à nouveau. Le péché nous a fait perdre ce mouvement naturel du cœur qui se donne. Jésus, lui, va le restaurer en offrant sa vie.

Comme les disciples, nous ne comprenons pas tout immédiatement. Nous avons besoin de temps, de contemplation, de laisser l’amour du Christ nous façonner. Et Jésus nous dit, comme à Pierre : « Là où je vais, vous ne pouvez pas me suivre maintenant. »

Pierre, dans son enthousiasme, veut aller trop vite : « Je donnerai ma vie pour toi ! » Heureusement que Jésus connaît la fragilité humaine : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Ce n’est pas une condamnation. C’est une vérité. Pour suivre Jésus, il faut d’abord passer par la reconnaissance humble de notre pauvreté. C’est là que commence la vraie glorification : non pas dans la force, mais dans la vérité de ce que nous sommes.

En cette Semaine Sainte, Jésus nous invite à marcher avec lui vers Jérusalem, à regarder en face notre péché, à accueillir sa miséricorde, et à laisser son amour nous relever. Car la gloire de Dieu, c’est l’Amour qui se donne. Notre seule tâche, c’est de nous laisser transformer. Car dans la vie chrétienne, on ne perd jamais rien à se laisser aimer par Dieu : on y gagne la vie.

Fr. Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P.

 

PRIÈRE

Accorde-nous, Dieu éternel et tout-puissant,
de célébrer les mystères de la passion du Seigneur
de telle sorte que nous obtenions le pardon.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.