Prédication, mardi, 4e semaine du Carême A

17 mars 2026

À la St-Patrick, ça coule à flots

Aujourd’hui, le frère Hervé Tremblay, O.P., nous parle de l’eau baptismale, de l’eau divine qui donne la vie à travers la volonté de Dieu et celle de son Fils.

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Prédication

Alors que tout le monde est Irlandais aujourd’hui, surtout dans les bars, les lectures de ce jour de carême (il ne faut pas l’oublier…) parlent d’un autre liquide encore plus essentiel pour les baptisés que l’alcool : l’eau !

La « Torah d’Ézéchiel » (Ez 40–48), qui décrit de façon extrêmement précise la vision du temple nouveau, se termine avec ce fleuve mystérieux qui sort du côté est du temple, le côté du soleil levant. C’est parce que cette eau sort de la maison de Dieu qu’elle est bien particulière.

D’abord, elle est extrêmement abondante, voire inépuisable, au point que, contrairement à une rivière, plus le prophète s’en éloigne, plus il y a de l’eau, à chaque étape de 1000 coudées (plus ou moins 500 mètres). Au début, jusqu’aux chevilles, puis jusqu’aux genoux, puis jusqu’aux reins, puis « un torrent que je ne pouvais pas traverser ». Pas de danger que cette eau vienne à s’épuiser ou à manquer.

Ensuite, cette eau produit la vie partout où elle coule. Une abondance de vie animale et végétale. Plus que dans la nature. Cette eau est si riche et féconde que la Mer Morte en perd son nom, au point de ne plus être morte. Les arbres portent du fruit tous les mois. Les feuilles sont un remède. On constate facilement que cette eau de la vision d’Ézéchiel est plus que de l’eau normale ou naturelle. On ne sera pas surpris d’apprendre que la tradition interprétative chrétienne y a vu le baptême qui donne la vie nouvelle du Christ.

En lien avec cette première lecture du livre d’Ézéchiel, le début de la lecture de l’évangile de Jean qui va nous accompagner jusqu’à la fin du temps pascal s’inscrit dans cette ligne. Même si les détails de l’épisode de la piscine de Bézatha ne sont pas clairs ou strictement scientifiques, on voit bien que l’eau y apporte aussi la vie et la guérison.

On se situe dans le contexte ancien des eaux médicinales, comme ceux et celles qui, aux 18e ou 19e siècles allaient « prendre les eaux ». Le monde ancien ne connaissait pratiquement pas la médecine. Aussi, les eaux aux propriétés thermales ou curatives étaient très populaires. C’est à cela que pense l’homme paralysé depuis si longtemps, comme tous ceux qui sont là dans l’espoir d’être guéris. On a encore ici un cas d’ambiguïté johannique. L’homme pense à quelque chose de terrestre ou d’humain ; Jésus pense à quelque chose de céleste ou de divin. L’homme regrette de ne pas pouvoir se jeter dans les eaux curatives, mais Jésus lui fait comprendre que c’est lui la source de la vraie eau qui guérit et sauve.

Nous qui sommes passés par l’eau il y a déjà longtemps, nous sommes toujours appelés à y puiser abondamment la vie divine et ses différents fruits. Que l’eau coule donc à flots !

Fr. Hervé Tremblay, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as bien voulu donner l’évêque saint Patrick
aux peuples d’Irlande,
pour qu’il leur proclame ta gloire ;
à sa prière et par ses mérites,
accorde à ceux qui portent avec fierté le nom de chrétiens
d’annoncer sans relâche aux hommes tes merveilles.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.