Prédication, 2e jeudi du temps ordinaire A

22 janvier 2026

Le salut qui nous unit

Aujourd’hui, le frère Raymond Latour, O.P., s’attriste des divisions qui ravagent notre monde et nous rappelle à la mission d’unité de l’Église, celle de s’unifier elle-même et d’unifier le monde sous un même salut d’Amour, dans la richesse de nos différences.

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Prédication

« Seigneur, rassemble-nous dans la paix de ton amour ! »

C’est notre prière intense ces jours-ci, au cœur de la semaine de prière pour l’unité. Les forces de divisions, les sources de conflits si présentes dans notre monde le sont aussi au sein de nos confessions chrétiennes et même les différentes traditions n’échappent pas à des divergences qui menacent leur unité.

Au cours de cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous éprouvons la douleur de nos divisions en Église et tentons de mieux prendre conscience de notre unité : l’appartenance au Christ doit être lieu de communion. C’est là pour les chrétiens et chrétiennes un témoignage irremplaçable.

Dans un monde où la force tend à s’imposer devant la moindre dissidence, des pays belliqueux qui continuent à étancher leur soif impérialiste jamais éteinte, ces guerres qui sévissent sans espoir d’entente équitable, la répression et la discrimination qui ont toujours libre cours. Faut-il tant souffrir de la division avant de parvenir à une paix durable ? La Bonne Nouvelle de la paix est-elle encore audible aujourd’hui alors que les messies populistes de ce monde semblent bien efficaces pour imposer l’unité ? Leur autoritarisme ne tolère pas la division. Ils ne s’adressent ni au cœur ni à la liberté. Ils rallient les appuis en nourrissant les peurs ou en menaçant. Ils créent une société où le juste milieu est intenable et où engager un dialogue est vu comme un début de reddition. Tant de divisions continuent à sévir, avec des indices de violence plus ou moins élevés.

Dans la première lecture, Saül est irrité de la popularité de David en qui il voit un rival. Cette jalousie déclenche en lui un désir meurtrier : faire mourir David. Où sont aujourd’hui les Jonathan, les pacificateurs, les intercesseurs, pour que de tels projets n’aboutissent pas ?

Où vont aujourd’hui les attentes de ces pauvres qui dans l’évangile que nous venons d’entendre assiégeaient Jésus dans leur désir d’être guéris par lui ?

L’Église tout entière œuvre à guérir les divisions, y compris celles qui affectent son témoignage. Elle ne sera au service d’aucune idéologie, si la compassion l’amène à parler avec le cœur de Dieu qui est amour et qui nous appelle à faire un dans le Christ. Avec lui, l’Église a pour mission d’accueillir ces multitudes en quête de salut.

C’est un choix qui se pose à nous, personnellement, humainement, en société comme en Église : avoir raison à tout prix ou marcher ensemble, en vérité, dans l’écoute et le dialogue, vers un horizon de réconciliation et de justice. Une recherche du royaume de Dieu.

Entendre l’autre, reconnaître sa contribution et la richesse du vivre-ensemble malgré nos différences comme nos différends, dépasser les petites rivalités et les gros ressentiments, voilà le chemin que l’Esprit indique à l’Église. Avec nos espérances contradictoires, nous sommes unis pour célébrer le salut en Jésus Christ, celui qui, dans notre évangile de ce jour, rassemblait une grande multitude de gens et continue à guérir nos divisions.

Fr. Raymond Latour, O.P.

 

PRIÈRE

Sois proche, Seigneur,
de ceux qui te servent
et montre à ceux qui t’implorent ton éternelle bonté ;
c’est leur fierté d’avoir en toi leur Créateur et leur Guide :
restaure pour eux ta création,
et l’ayant renouvelée, protège-là.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.