18 janvier 2026
L'Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde
En ce dimanche, le frère Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P., nous explique la mission sacramentelle de celui que Jean le Baptiste a annoncé : l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde.
LIVRE DU PROPHÈTE ISAÏE (49, 3.5-6)
Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël.
Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS (1, 1-3)
Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être apôtre du Christ Jésus, et Sosthène notre frère, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus et sont appelés à être saints avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre.
À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (1, 29-34)
En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Prédication
Frères et sœurs, l’Évangile de ce dimanche nous place devant une parole que nous entendons à chaque messe avant la communion, mais que nous risquons parfois d’entendre sans l’écouter vraiment. Ainsi dit le célébrant avant la communion : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau » et nous répondons : « Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir mais dit seulement une parole et je serai guéri ».
Jean-Baptiste ne présente pas Jésus comme un maître de sagesse, un prophète de plus, ou un modèle moral. Il le désigne comme l’Agneau de Dieu, celui qui porte, qui prend sur lui, qui enlève ce que nous ne pouvons pas enlever seuls : le péché du monde, et donc aussi nos péchés personnels.
Jean-Baptiste : un témoin qui montre le chemin
Jean-Baptiste apparaît comme celui qui prépare les cœurs. Il ne parle pas de lui, il ne cherche pas à attirer l’attention : il oriente les regards vers Jésus. Et il le fait avec une conviction née d’une expérience : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. »
Jean ne transmet pas une théorie. Il transmet une rencontre. Et c’est là que son témoignage rejoint profondément notre vie d’étudiants et étudiantes d’aujourd’hui. Nous sommes dans une période de notre vie où nous cherchons notre voie, notre identité, notre avenir. Jean-Baptiste nous rappelle que la foi chrétienne n’est pas d’abord un ensemble d’idées, mais une rencontre personnelle avec Celui qui peut transformer une vie.
L’Agneau de Dieu : celui qui porte ce que nous ne pouvons pas porter
Quand Jean dit : « Voici l’Agneau de Dieu », il renvoie à l’agneau pascal, celui dont le sang a protégé le peuple d’Israël et l’a libéré de l’esclavage.
Jésus est cet Agneau.
Il ne vient pas pour juger, mais pour libérer.
Il ne vient pas pour accuser, mais pour guérir.
Il ne vient pas pour écraser, mais pour porter.
Et cela, mes amis, touche un point très concret de nos vies : nous portons tous des poids. Des erreurs, des blessures, des regrets, des choix que nous n’assumons pas, des habitudes qui nous enferment. Parfois, nous essayons de tout gérer seuls, comme si nous devions être parfaits. Mais l’Évangile nous dit : tu n’es pas fait pour porter seul ce qui te dépasse. L’Agneau de Dieu est venu pour cela.
Qu’est-ce que ça veut dire « l’Agneau enlève nos péchés »? et pourquoi le sacrement de réconciliation?
Pour peu d’entre nous, si ce n’est pas le contraire, étudiants ou pas, le sacrement de réconciliation peut sembler lointain, intimidant, ou même peu important, car on se dit que Dieu nous pardonne sans que l’on ait besoin d’aller voir un prêtre, car selon l’idée anti-sacramentaire : le prêtre est une personne comme moi, il pèche aussi comme moi, alors chacun gère ses habits sales en secret.
Et pourtant, ce sacrement ne dépend pas du prêtre, car c’est Dieu qui pardonne les péchés par l’Esprit Saint et par le ministère de l’Église pour laquelle le prêtre n’est qu’un simple ministre. Ce sacrement est l’un des lieux les plus puissants où Dieu accomplit ce que Jean annonce : il enlève le péché du monde… et le tien et le mien.
Dans ce sacrement, il ne s’agit pas de raconter ses fautes comme à un tribunal. Il s’agit de laisser Jésus faire ce qu’il est venu faire : nous relever, nous libérer, nous redonner la dignité et nous remettre en route.
La confession n’est pas un poids.
C’est une respiration.
C’est un retour à la maison.
C’est une rencontre avec Celui qui nous connaît mieux que nous-même et qui ne se lasse jamais de nous pardonner.
Comment être témoins à notre tour?
Jean-Baptiste n’a pas gardé pour lui ce qu’il a vu. Il a parlé. Il a montré Jésus. Il a orienté les autres vers Lui.
Nous aussi, dans nos campus, dans nos amitiés, dans nos engagements, nous sommes appelés à être des témoins. Pas des donneurs de leçons. Pas des moralistes. Mais des jeunes qui, parce qu’ils ont rencontré la miséricorde, deviennent capables d’en témoigner avec simplicité et vérité.
En ce dimanche, Jean-Baptiste nous invite à reconnaître Jésus pour ce qu’il est vraiment : l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.
Il nous invite aussi à vivre ce que nous proclamons : à laisser Jésus enlever ce qui nous pèse, à accueillir son pardon dans le sacrement de réconciliation, et à devenir, comme lui, des témoins lumineux pour ceux et celles qui cherchent un sens à leur vie.
Que cette Eucharistie ouvre nos cœurs à la miséricorde du Christ, et qu’elle fasse de nous des étudiants capables de porter sa lumière dans notre université et dans le monde.
Loué soit Jésus-Christ.
Fr. Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P.
PRIÈRE
Dieu éternel et tout-puissant,
toi qui rassembles ce qui est dispersé,
et qui gardes ce que tu as rassemblé,
jette un regard de paix sur le troupeau conduit par ton Fils :
accorde à ceux qu’un même baptême a consacrés
d’être unis dans la plénitude de la foi
et de demeurer en communion par le lien de la charité.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
