27 décembre 2025
Jean, deux regards !
Aujourd’hui, le frère Peace Michael Mushimiyimana, O.P., nous explique les deux regards de saint Jean, notre deuxième témoin dans cette Octave de Noël, témoin du regard en profondeur.
PREMIÈRE LETTRE DE SAINT JEAN (1, 1-4)
Bien-aimés, ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons.
Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or nous sommes, nous aussi, en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ.
Et nous écrivons cela, afin que notre joie soit parfaite.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (20, 2-8)
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Prédication
Frères et sœurs, et si l’on parler des deux regards !
Lorsque l’on célèbre saint Jean, l’un des apôtres les plus proches du cœur du Christ, on se retrouve devant une richesse telle qu’il est difficile de choisir les textes qui pourraient le mieux le représenter. Et pourtant, les lectures d’aujourd’hui nous offrent une lumière magnifique. Elles nous parlent de deux regards, deux manières de voir, qui révèlent le rôle unique de Jean dans l’histoire de la foi.
1. Le premier regard : le matin de Pâques – « Il vit et il crut »
Dans l’Évangile, nous sommes transportés au matin de Pâques. Jean arrive au tombeau, il se penche, il voit… et il croit.
C’est le regard de la découverte, le regard fulgurant qui fait passer : De la désolation à la foi; de la nuit au jour; des ténèbres à la lumière; de la mort à la vie.
C’est un regard court, presque instantané, comme un éclair qui illumine tout d’un coup. Un regard ébloui, comme celui de quelqu’un qui sort d’une pièce sombre et se retrouve face au soleil. Un regard qui saisit la vérité d’un seul coup, mais sans encore la comprendre pleinement.
Ce regard-là, frères et sœurs, c’est celui par lequel tout commence. C’est le premier battement de la foi. C’est la grâce qui surprend, qui bouleverse, qui ouvre la porte.
2. Le second regard : la longue contemplation – « Ce que nous avons contemplé… »
Dans la première lettre de Jean, nous découvrons un tout autre regard. Non plus celui du matin de Pâques, mais celui de la maturation, de la lente digestion intérieure. Jean parle de ce qu’il a contemplé, de ce qu’il a touché, de ce qu’il a longuement médité.
Ce n’est plus le regard de l’éblouissement initial, mais celui de l’œil qui s’habitue à la lumière, qui apprend à voir autrement, plus profondément.
C’est le regard : de l’approfondissement; de la fidélité dans le temps; de la compréhension progressive; de la sagesse qui se construit jour après jour.
Jean devient ainsi le témoin du regard en profondeur, celui qui nous dit que le mystère du Christ est inépuisable. Il n’est pas seulement un témoin oculaire, il est un témoin du cœur, capable de nous montrer que la foi n’est pas seulement une adhésion intellectuelle, mais une relation vivante, une intimité, une proximité.
Je nous dis, que pour comprendre le Christ, il faut s’approcher de Lui. Pour voir en profondeur, il faut aimer. Jean nous apprend que l’amour ouvre les yeux. L’amour permet de voir ce que les autres ne voient pas. L’amour permet de reconnaître le Ressuscité là où d’autres ne voient qu’un inconnu.
Que saint Jean nous aide à entrer dans cette double lumière, et que notre vie devienne, comme la sienne, un témoignage humble et lumineux de celui que nous avons vu, entendu, touché et contemplé.
Loué soit Jésus- Christ !
Fr. Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
tu nous as ouvert les profondeurs ineffables de ton Verbe
grâce au bienheureux apôtre Jean ;
nous t’en prions,
accorde-nous de saisir avec une intelligence éclairée
la parole qu’il a si bien fait retentir à nos oreilles.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
