Prédication, 1er mardi du temps de l’Avent

2 décembre 2025

Naïfs, les croyants ?

Aujourd’hui, le frère Hervé Tremblay, O.P., nous invite à plonger dans l’idéalisme de ce début du temps de l’Avent afin de nourrir notre espérance et nous aider à persévérer devant un monde bien loin de la paix promise.

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Prédication

Nous voici en Avent. Comme il est rafraichissant de parler de l’avenir en d’autres termes que la destruction finale ou les catastrophes apocalyptiques des dernières semaines du temps ordinaire. Cependant, on pourrait penser que le cadre idyllique de la première semaine de l’Avent, même s’il est plus beau, est moins réaliste. En effet, notre quotidien est fait davantage de coups durs et d’épreuves que d’idéalisme réalisé. Dans notre monde, le loup ne joue pas avec l’agneau ; il le dévore. Les enfants ne jouent pas avec les serpents ; ils le paieraient de leur vie. Je suis désolé, Seigneur, mais il se fait beaucoup de mal sur ta sainte montagne.

Alors, pourquoi Jésus est-il tout à coup saisi d’émotion et de joie dans l’Esprit Saint au point de rendre grâce à Dieu ? C’est que les disciples viennent de rentrer de la première mission de l’histoire chrétienne. Ils racontent « tout ce qu’ils ont fait », sans autre précision.

On dirait que c’est suffisant pour Jésus. Le monde reste le monde tel qu’il est. Les humains restent les humains tels qu’ils sont, capables du meilleur comme du pire. Mais on dirait que quelque chose a commencé. C’est comme suffisant pour Jésus. Quelque chose de nouveau a commencé, qui continuera à grandir. Grandir dans quelle direction ? Sans doute vers la vision idéale du prophète Isaïe ou dans le projet du règne de Dieu de la prédication de Jésus.

Les croyants sont de grands naïfs. Ils versent des larmes à la lecture du monde rêvé du prophète Isaïe dans la première lecture. Ils pleurent parce qu’ils savent bien que le monde n’est pas comme cela. Les croyants sont de grands naïfs aussi et surtout parce qu’ils croient qu’il vaut la peine de continuer à espérer et à attendre, qu’il vaut la peine de continuer à travailler et à prier pour que ce règne de Dieu advienne partout. Envers et contre tout.

Est-ce que de la naïveté c’est de la simplicité ? Dans plusieurs langues, les mots sont similaires ou franchement les mêmes. Les croyants sont-ils naïfs, ou plutôt simples ? Oui, parce qu’il y a des choses que seuls les simples peuvent voir, surtout parce que c’est subtil.

Dans une précédente méditation, j’ai dit que Dieu était peut-être l’être le plus frustré de l’univers. Je dis maintenant qu’il est peut-être aussi l’être le plus idéaliste de l’univers. Le projet qu’il a pour le monde et l’humanité dès le début (Gn 1–11) ne meurt pas. Les lectures de l’Avent nous le rappellent et nous invitent – encore – à y entrer et à y travailler. Bonne route !

Fr. Hervé Tremblay, O.P.

 

PRIÈRE

Sois favorable à nos supplications, Seigneur Dieu ;
nous t’en prions :
accorde le secours de ta tendresse
à ceux qui sont dans l’épreuve,
afin que, réconfortés par la présence de ton Fils qui doit venir,
nous soyons préservés de la dégradation du péché.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.