15 septembre 2026
Mater dolorosa
En cette journée de notre Bienheureuse Vierge Marie des Douleurs, le frère Maxime Allard, O.P., nous parle de la présence discrète et pourtant essentielle de Marie dans les moments cruciaux de la vie et de la mort du Christ.
LETTRE AUX HÉBREUX (5, 7-9)
Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (2, 33-35)
En ces temps-là, lorsqu’ils présentèrent Jésus au Temple, le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Prédication
Près de la croix. Marie n’apparaît pas à toutes les pages des évangiles. Elle est cependant mentionnée à des moments clés, charnières : annonciation, visitation et naissance, fugue au Temple et à Cana, à la croix et en prière d’attente avec les apôtres. Elle est « là », proche, souvent silencieuse, discrète. Elle ne semble jamais vouloir occuper le devant de la scène. Lorsqu’elle est là, c’est pour tourner vers son Fils et ce qui se joue là pour nous, pour l’humanité tout entière. Elle est attentive à ce qui a lieu, ouverte à ce qui peut arriver, lui arriver, arriver à l’humanité. Ainsi, près de la croix, un « fils » lui est donné par son Fils mourant. Elle ne dit rien. Elle reçoit, coite, les paroles qui tombent de la croix. Ses deux fils, elle les accueille dans la foi et l’espérance. Discrète – peut-être trop à nos goûts pour le dramatique et le sensationnel –, elle retient, médite. Un point, c’est tout. Il lui suffit d’être là.
Le contraste est grand entre cette attitude et celle de certaines représentations picturales. Je pense au retable d’Issenheim, par exemple, ou encore au tableau de Van den Weyden ! On a parlé de Marie comme « Mater dolorosa »… et cela a donné l’hymne admirable du Stabat mater qui a été sublimement mis en musique plusieurs fois. Je vous suggère de lire et d’écouter… Cette tradition catholique met le doigt sur la vérité de l’incarnation, de la vérité des amours et des déchirements humains… et à travers cela, cela nous révèle que le salut n’est pas un appendice extérieur à notre existence, mais qu’il vient se lover et nous guérir au plus profond de nos existences, de nos amours et de nos passions. Et parfois, cela a lieu discrètement, quasiment en secret. D’autres fois, cela prendra une allure dramatique… à la Hollywood ou à la Bollywood. Dieu n’est pas aussi tranché dans ses goûts que nous pouvons l’être ! En tous les cas, me semble-t-il, nos vies oscillent entre ces deux types de réactions au travail de la Parole et de l’Esprit.
Fr. Maxime Allard, O.P.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
quand ton Fils fut élevé sur la croix,
tu as voulu que sa Mère, remplie de compassion,
se tienne debout auprès de lui :
accorde à ton Église de s’unir, elle aussi,
à la passion du Christ,
afin d’avoir part à sa résurrection.
Lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
