Prédication, vendredi de la 23ème semaine du temps ordinaire

11 septembre 2026

Voir clair et s’entraîner

Aujourd’hui, le frère Daniel Cadrin, O.P., nous explique que la parabole du jour nous invite à retourner la correction fraternelle vers nous-même dans la lucidité et l’humilité.

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Prédication

Aujourd’hui, Jésus parle en parabole. Il est question d’aveugle, puis de paille et de poutre. Dans les deux cas, il s’agit du regard, de voir. C’est notre œil qui est en jeu. Pour guider autrui, ou pour le corriger. Quand un aveugle guide un autre aveugle, il y a risque de s’égarer ! En Matthieu (15, 12-14), cette même parabole vise les Pharisiens. Mais ici, en Luc, elle n’est pas en extériorité, elle s’adresse aux disciples, à nous. Comment prétendre guider les autres, si nous ne voyons pas clair ?

Cela se poursuit avec la paille et la poutre, où sont mis en contraste deux réalités, l’une petite et l’autre grande. Et la grande, la poutre, elle est dans notre œil, non pas dans celui de l’autre ! Encore là, nous sommes ramenés à nous-mêmes. Il y a dans ces images de Jésus une part d’humour et de provocation. Il a dû le dire avec un certain sourire au visage. Ses paroles appellent à une certaine humilité, à ne pas nous prendre pour d’autres. Et à ne pas juger les autres trop vite, pour leurs petites faiblesses.

Cela m’a rappelé la fois où j’étais choqué de voir que la clé de l’auto que j’allais prendre n’était pas là. Encore quelqu’un qui a oublié de la remettre, ah ces frères… Pour m’apercevoir un peu plus tard que la clé était dans le manteau de celui qui l’avait prise la veille, i.e. moi-même ! Cela te ramène sur terre et t’invite à l’humilité et à ne pas voir trop vite la paille dans l’œil de l’autre.

Dans cette parabole, un mot revient plusieurs fois : frère. Il s’agit de la correction fraternelle, qui a sa place dans toute expérience communautaire. Mais Jésus nous invite à d’abord nous inclure nous-mêmes dans l’effort de connaissance de soi, de nos forces et faiblesses, et de transformation de soi, de nos façons de voir, d’être et de faire. Non pas penser et dire : oui, je le vois bien, tous ces gens qui sont aveugles, qui ont une super-paille dans l’œil. Mais plutôt : quels sont mes aveuglements, quelles sont ces poutres qui m’empêchent de voir clair ? L’habitude, les préjugés, les stéréotypes, la crainte de voir ce qui se passe, la vanité, l’indifférence,…

Entre les deux paraboles, Jésus fait une remarque sur le maître et le disciple. Pour que le disciple devienne comme le maître, cela requiert de la formation, i.e. un travail à long terme sur nos regards, nos attitudes et nos pratiques et un accompagnement par et avec d’autres disciples. Ou encore, comme l’athlète a besoin d’un entrainement rigoureux pour participer aux célèbres Jeux isthmiques de Corinthe, célébrés aux deux ans et incluant plusieurs disciplines dont la course et la lutte, de même le disciple de Jésus est appelé à des efforts et renoncements pour s’engager à sa suite. Paul emploie ces comparaisons (1 Co 9, 24-27), pour mieux rejoindre ses lecteurs, avides de sports. C’est un langage qu’ils comprennent et qui les touche.

Jésus et Paul : voici deux communicateurs inspirants, attentifs aux expériences et événements et sachant utiliser un langage riche en images et parlant.

Fr. Daniel Cadrin, O.P.

 

PRIÈRE

Dieu éternel et tout-puissant,
fais-nous agir pour toi d’une volonté ardente,
et servir ta gloire d’un cœur sans partage.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.