12 mai 2026
Il vaut mieux pour vous que je m'en aille
En ce mardi, le frère André Descôteaux, O.P., nous introduit à la présence de l’Esprit Saint dans nos vies, présent grâce à l’amour du Christ qui part rejoindre le Père.
LIVRE DES ACTES DES APÔTRES (16, 22-34)
En ces jours-là, dans la ville de Philippes, la foule se déchaîna contre Paul et Silas. Les magistrats ordonnèrent de leur arracher les vêtements pour leur donner la bastonnade. Après les avoir roués de coups, on les jeta en prison, en donnant au geôlier la consigne de les surveiller de près. Pour appliquer cette consigne, il les mit tout au fond de la prison, avec les pieds coincés dans des blocs de bois.
Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les autres détenus les écoutaient. Tout à coup, il y eut un violent tremblement de terre, qui secoua les fondations de la prison : à l’instant même, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les détenus se détachèrent.
Le geôlier, tiré de son sommeil, vit que les portes de la prison étaient ouvertes ; croyant que les détenus s’étaient évadés, il dégaina son épée et il était sur le point de se donner la mort. Mais Paul se mit à crier d’une voix forte : « Ne va pas te faire de mal, nous sommes tous là. » Ayant réclamé de la lumière, le geôlier se précipita et, tout tremblant, se jeta aux pieds de Paul et de Silas.
Puis il les emmena dehors et leur demanda : « Que dois-je faire pour être sauvé, mes seigneurs ? » Ils lui répondirent : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. » Ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui vivaient dans sa maison. À l’heure même, en pleine nuit, le geôlier les emmena pour laver leurs plaies. Aussitôt, il reçut le baptême avec tous les siens. Puis il fit monter chez lui Paul et Silas, il fit préparer la table et, avec toute sa maison, il laissa déborder sa joie de croire en Dieu.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (16, 5-11)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur.
« Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement. En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi. En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus. En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »
Prédication
‘Il vaut mieux pour vous que je m’en aille’. Belle préparation à la fête de l’Ascension que nous célébrerons dimanche prochain. Oui, il vaut mieux que Jésus s’en aille surtout s’il part nous préparer une place dans la maison du Père. Mais, telle ne semble pas être sa perspective.
S’il vaut mieux pour nous qu’il parte, serait-ce pour que nous prenions toute la place qui est la nôtre ? Je pense à ces situations où il nous faut nous détacher quelques fois de personnes qui nous adorent mais qui, par leur tendresse, nous empêchent de nous réaliser pleinement.
« Il vaut mieux pour vous que je m’en aille ». En agissant ainsi, il me semble que le Seigneur nous ouvre un espace d’action, un espace de liberté pour que nous poursuivions sa mission, pour que nous soyons les témoins de la Bonne Nouvelle, pour que nous devenions des semeurs de la vie en plénitude dont il veut combler l’humanité. Il nous appelle à devenir les artisans de la paix qu’il donne au monde. Rien de moins ! Il reproduit ainsi l’attitude de son propre Père qui, après avoir créé l’être humain, a également choisi de se retirer, de se reposer. Dieu achève sa création en nous ayant donné un mandat : celui de conduire la création entière et ses créatures à son achèvement.
Dans cette aventure, le Christ refuse, comme son Père, d’être une présence envahissante vers laquelle nous nous tournerions systématiquement dès qu’un problème surgirait. Pourtant, il ne nous laisse pas seuls. Il enverra l’Esprit, le Défenseur, comme il l’appelle. Dieu sait que la tâche qui nous est confiée dans notre monde marqué par le péché, la haine et l’injustice peut être difficile et périlleuse. Il ne se fait aucune illusion. D’ailleurs, le serviteur n’est pas plus grand que le maître (Jn 13, 16). Nous aurons vraiment besoin d’un défenseur. Sans nécessairement ouvrir les portes de la prison, permettant ainsi à Paul et à Silas d’être libérés, il nous gardera dans la fidélité au Christ, présent non plus physiquement, mais spirituellement au plus intime de nous-mêmes. En bon avocat, en bon conseiller, il nous inspirera la parole et le geste qui conviennent et nous comblera de sa force et de son audace.
Notre défenseur ne sera pas un dictateur, mais plutôt un compagnon attentif et bienveillant comme ces amis qui savent se faire proches de nous sans nous écraser.
‘Il vaut mieux pour vous que je m’en aille’. Tel est l’amour du Seigneur pour nous !
Fr. André Descôteaux, O.P.
PRIÈRE
Dieu de puissance et de miséricorde,
donne-nous d’avoir vraiment part
à la résurrection du Christ, ton Fils.
Lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
