27 avril 2026
Une initiative divine
Aujourd’hui, Gustavo Adolfo Garay Ortega nous dit que Luc avait compris que, malgré les efforts non négligeables des premières communauté chrétiennes et des apôtres, Dieu reste le moteur vivant de l’évangélisation et des conversions.
LIVRE DES ACTES DES APÔTRES (11, 1-18)
En ces jours-là, les Apôtres et les frères qui étaient en Judée avaient appris que les nations, elles aussi, avaient reçu la parole de Dieu. Lorsque Pierre fut de retour à Jérusalem, ceux qui étaient juifs d’origine le prirent à partie, en disant : « Tu es entré chez des hommes qui ne sont pas circoncis, et tu as mangé avec eux ! »
Alors Pierre reprit l’affaire depuis le commencement et leur exposa tout dans l’ordre, en disant : « J’étais dans la ville de Jaffa, en train de prier, et voici la vision que j’ai eue dans une extase : c’était un objet qui descendait. On aurait dit une grande toile tenue aux quatre coins ; venant du ciel, elle se posa près de moi. Fixant les yeux sur elle, je l’examinai et je vis les quadrupèdes de la terre, les bêtes sauvages, les reptiles et les oiseaux du ciel.
« J’entendis une voix qui me disait : “Debout, Pierre, offre-les en sacrifice, et mange !” Je répondis : “Certainement pas, Seigneur ! Jamais aucun aliment interdit ou impur n’est entré dans ma bouche.” Une deuxième fois, du haut du ciel la voix répondit : “Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit.” Cela se produisit par trois fois, puis tout fut remonté au ciel.
« Et voici qu’à l’instant même, devant la maison où j’étais, survinrent trois hommes qui m’étaient envoyés de Césarée. L’Esprit me dit d’aller avec eux sans hésiter. Les six frères qui sont ici m’ont accompagné, et nous sommes entrés chez le centurion Corneille.
« Il nous raconta comment il avait vu l’ange se tenir dans sa maison et dire : “Envoie quelqu’un à Jaffa pour chercher Simon surnommé Pierre. Celui-ci t’adressera des paroles par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison.” Au moment où je prenais la parole, l’Esprit Saint descendit sur ceux qui étaient là, comme il était descendu sur nous au commencement.
« Alors je me suis rappelé la parole que le Seigneur avait dite : “Jean a baptisé avec l’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés.” Et si Dieu leur a fait le même don qu’à nous, parce qu’ils ont cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour empêcher l’action de Dieu ? »
En entendant ces paroles, ils se calmèrent et ils rendirent gloire à Dieu, en disant : « Ainsi donc, même aux nations, Dieu a donné la conversion qui fait entrer dans la vie ! »
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (10, 11-18)
En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
« Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
« Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »
Prédication
Nous savons que les débuts de la mission d’évangélisation des premières communautés chrétiennes ont beaucoup souffert des difficultés à accueillir la Bonne Nouvelle annoncée par les apôtres, d’abord des communautés juives en Israël, puis de celles qui vivent dans la diaspora. Au milieu de ces difficultés se trouve l’ouverture des nations païennes à la Parole de Dieu. La tradition nous invite souvent à centrer notre attention sur les activités de Pierre, puis sur celles de Paul et de ses compagnons et nous en venons rapidement à la conclusion que le travail évangélisateur des apôtres est au centre des conversions.
Or, saint Luc, à travers son texte des Actes, nous offre une nuance fondamentale à cette façon de considérer l’action missionnaire : d’après le récit, ce qui est central, c’est la présence active de Dieu dans l’entreprise évangélisatrice. C’est Lui, Dieu, qui prend des initiatives qui peuvent engendrer la conversion. C’est Lui, Dieu, qui est le principal acteur de la mission. Et c’est grâce au souffle de son Esprit que les acteurs que sont les apôtres, puis leurs successeurs, peuvent amener des gens à s’engager sur la voie de la conversion qui mène au Christ Jésus.
Avec les célébrations du temps pascal, la lecture presque continue des Actes des apôtres nous invite à découvrir que Dieu ne cessait de manifester : qu’il avait l’initiative de la mission. Les signes de cette initiative divine, les chrétiens d’origine juive les avaient sous les yeux et pas uniquement Pierre. Ils devaient reconnaître que les païens, pas seulement les Juifs, pouvaient profiter du salut offert en Jésus-Christ.
Actuellement, pour nous croyants qui lisons ces textes de l’évangéliste Luc qui nous racontent le développement des premières communautés chrétiennes, il y a le danger d’en rester à une lecture purement factuelle de ce qui s’est passé à l’époque. De fait, ce récit des origines apporte un éclairage important sur notre propre histoire de croyants et croyantes : il nous rappelle que Dieu est fidèle et qu’il est encore et toujours présent au cœur même de notre Église.
Le témoignage des catéchumènes à chaque année en est une preuve. Au CéDum, peu importe leurs horizons ou leurs histoires, Dieu les rejoint où ils sont. J’admire leur conviction qui peut nous permettre de tenir ferme dans la volonté de partager notre foi en Jésus Christ, même dans de notre société actuelle. Au fil de l’histoire, des hommes et des femmes ont vu leurs vies transformées en acceptant d’écouter la voix du Pasteur qu’est Jésus Christ ressuscité. Et nous nous situons, nous, dans cette longue tradition, car nous cheminons à notre tour dans l’assurance que le Christ Jésus nous a donné accès aux verts pâturages de l’espérance et de la charité. Avec lui, les barrières du mal et de la mort ont éclaté.
En cette fin de session universitaire, nous sommes appelés à rester un seul troupeau avec un seul pasteur : le Christ !
Gustavo Adolfo Garay Ortega
PRIÈRE
Seigneur Dieu, parfaite lumière des bienheureux,
tu nous as donné de célébrer sur la terre les mystères de Pâques ;
nous t’en prions, accorde-nous la joie de ta grâce en plénitude
dans les siècles éternels.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
