Prédication, vendredi de la 2ème semaine de Pâques

17 avril 2026

Une famille nouvelle et universelle

Aujourd’hui, le frère Daniel Cadrin, O.P., nous rappelle l’importance du témoignage de la communauté ecclésiale, le témoignage d’une famille nouvelle et universelle dans le Christ ressuscité.

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Prédication

La question des appartenances est majeure, dans toute société. Elle définit les identités prioritaires et les liens sociaux à privilégier. À l’époque de Jésus, dans le monde juif de Galilée et de Judée, comme en d’autres cultures et régions, l’appartenance à la famille est fondamentale. C’est l’unité sociale de base, particulièrement dans les sociétés traditionnelles et rurales. Cela a des avantages : tu n’es pas seul-e, tu es appuyé-e, tu vis une solidarité première. Mais il y a des inconvénients : la pression pour te conformer est très forte et la place pour la liberté personnelle est réduite ; se différencier du milieu va surprendre ou susciter la méfiance.

La famille a été un lieu majeur pour la transmission de l’Évangile. On le voit avec les premiers disciples qui ont des liens familiaux : Pierre et André, Jacques et Jean. De même pour la mission, au temps des communautés de saint Paul : le réseau des maisonnées est essentiel. Ce fut important aussi dans le développement des communautés religieuses au Québec. Mais la famille peut aussi devenir un obstacle à la suite de Jésus ; et alors il faut oser prendre ses distances, quitter la foule et la famille.

Pourquoi ? Parce que le chemin de l’évangile est risqué. C’est le sens premier de prendre sa croix : on peut perdre sa réputation, être insulté. On va rencontrer de l’adversité, de l’hostilité, et même la persécution (Mt 5, 10-12). Cela fait partie de la suite de Jésus et aide à comprendre ses conditions pour devenir son disciple. Ce n’est pas possible sans un choix personnel de répondre à son appel. Et ce choix peut demander, mais non pas nécessairement, la rupture avec sa famille (Mt 10, 35-38).

Quand on dit à Jésus que sa mère et ses frères le cherchent, il garde une distance et parle d’une nouvelle famille élargie, celle de ses disciples. Pour en faire partie, le critère n’est pas telle position sociale, telle appartenance familiale, culturelle, ethnique. Ce qui compte, ce qui est commun à tous, quelle que soit son origine, c’est d’écouter et de mettre en pratique la volonté de Dieu, le Père de tous, en qui nous sommes frères et sœurs.

La communauté ecclésiale n’est pas d’abord une famille de sang, même si elle en inclut. Jésus est donné pour tous. C’est une nouvelle famille spirituelle, brisant les frontières qui séparent. Sans cela, le christianisme ne serait jamais devenu une religion universelle ; il aurait été étouffé par les liens familiaux et claniques. Mais la famille de Jésus, sa mère et ses frères, n’en est pas exclue. Elle peut en faire partie. Ainsi, dans les Actes (1,14), lors d’une assemblée dans une chambre haute à Jérusalem, après l’Ascension de Jésus, non seulement sa mère, mais ses frères sont présents, eux qui auparavant ne croyaient pas en lui (Jn 7, 5). Leur position a changé.

Sainte Kateri Tekakwitha, fêtée aujourd’hui, est née en 1656, fut baptisée à Pâques en 1676 et est décédée le 17 avril 1680. D’origine Algonquine et Mohawk, elle fut la première autochtone d’Amérique du Nord à être canonisée, en 2012. Elle est un témoin de cette famille nouvelle et universelle.

Fr. Daniel Cadrin, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as appelé Kateri Tekakwitha à vivre la virginité consacrée
au milieu de son peuple ;
fais que, par l’intercession de celle que l’on a appelée
le Lys des Agniers,
les gens de toute tribu, langue ou nation,
rassemblés dans ton Église,
te glorifient par un chant unanime de louange.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.