4 mars 2026
Pas venu pour être servi mais pour servir
Aujourd’hui, le frère Yvon Pomerleau, O.P., nous invite à nous familiariser avec le terme « serviteur » et la relation que celui-ci implique, car c’est à travers le service, le don gratuit de notre personne, que tout chrétien représente le Seigneur et répand son Amour.
LIVRE DU PROPHÈTE JÉRÉMIE (18, 18-20)
Mes ennemis ont dit : « Allons, montons un complot contre Jérémie. La loi ne va pas disparaître par manque de prêtre, ni le conseil, par manque de sage, ni la parole, par manque de prophète. Allons, attaquons-le par notre langue, ne faisons pas attention à toutes ses paroles. »
Mais toi, Seigneur, fais attention à moi, écoute ce que disent mes adversaires. Comment peut-on rendre le mal pour le bien ? Ils ont creusé une fosse pour me perdre. Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence pour te parler en leur faveur, pour détourner d’eux ta colère.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (20, 17-28)
En ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. »
Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Prédication
« Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir ». Ces paroles de Jésus définissent l’identité même de Jésus et de ses disciples.
Commençons par une brève réflexion sur le langage courant à propos du verbe « servir » et des substantifs qui y sont liés. Comment appelle-t-on celui qui sert, qui rend un service? Un serviteur? Un serveur? Un servant? Selon le complément du verbe, on aura le serviteur d’un maître, le serveur de table au restaurant ou le servant de messe. C’est le mot « serviteur » qui est le plus approprié pour Jésus et ses disciples. Le service – d’une manière générale – établit une relation entre celui qui sert et celui qui est servi. Mais cette bipolarité a tendance à s’estomper de plus en plus dans notre monde moderne avec le « self service » au restaurant, le « libre service » à la station d’essence, l’« auto-service » à la boutique. Autant d’invitations à se servir soi-même! Quand l’Évangile nous parle du serviteur, il est clair que celui qui sert et celui qui est servi sont distincts. Jésus tout comme chaque disciple de Jésus sont à la fois le serviteur de Dieu et le serviteur des hommes.
Tournons-nous maintenant vers Jésus et ses disciples! Jésus est le modèle du serviteur. Toute sa vie, sa prédication et son ministère de prédication se veulent un service charitable. C’est l’amour miséricordieux de Dieu qui se révèle à travers ces divers services. Le geste le plus parlant de Jésus est peut-être le lavement des pieds de ses disciples, un rôle confié habituellement au serviteur de la maison et non au maître. Le soir de son dernier repas, Jésus demande à ses disciples de reproduire ce geste dans le quotidien de leur vie ; « vous ferez cela en mémoire de moi ». L’amour, qui est au cœur de la vie chrétienne, se manifeste dans des gestes de service. « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ». Marie, la mère de Jésus, se déclare elle-même la « servante du Seigneur ». Dans la prière du Magnificat, elle rend grâce au Seigneur qui « s’est penché sur son humble servante ». L’apôtre Paul se définit comme le serviteur de Jésus Christ pour marquer son appartenance totale au Seigneur.
Une dernière réflexion à propos du titre du pape « serviteur des serviteurs de Dieu » – « Servus servorum Dei ». C’est un titre traditionnel adopté par le pape Grégoire le Grand pour contrer – semble-t-il – celui du patriarche œcuménique de Constantinople. Cette formule est une signature formelle dans les documents officiels du Vatican. Le pape se définit avec humilité comme un serviteur de Dieu au service du peuple chrétien.
Rendons grâces à Dieu de nous avoir choisi pour être les serviteurs de sa Parole!
Fr. Yvon Pomerleau, O.P.
PRIÈRE
Garde ta famille, Seigneur :
qu’elle ne cesse de progresser en faisant le bien ;
assure-lui les secours nécessaires en cette vie
pour la conduire, en ta bonté, jusqu’aux dons du ciel.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
