Prédication, 2e mardi du temps ordinaire A

20 janvier 2026

Oui, les apparences sont trompeuses

Aujourd’hui, le frère Hervé Tremblay, O.P., nous invite à cultiver un regard plus lucide et vrai sur nous-même et sur les autres, un regard qui dépasse les apparences, un regard comme celui de Dieu.

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Prédication

Les gens de mon âge (!) se rappelleront la série télévisée « Perdus dans l’espace ». Pas le remake récent, mais l’original en noir et blanc, avec le fameux robot aux longs bras qui sonnait régulièrement l’alarme : « Danger ! Danger ! »

Dans un épisode, la famille arrive, comme à chaque fois, sur une nouvelle planète. La famille rencontre alors un extraterrestre particulièrement beau et charmant et sympathique, auquel ils sont prêts à faire confiance et à tout risquer. Mais le garçon de la famille rencontre, lui, un être hideux et laid. Toutefois, après l’avoir rencontré à quelques reprises, il comprend que c’est un être bon qui leur veut du bien. Pour faire court, disons que la famille finira par se rendre compte de la malice du beau monsieur et, après beaucoup de résistance, de la bonté du monsieur laid. Il fallait bien que la série continue…

Le parallèle avec la première lecture d’aujourd’hui est évident. Comme Samuel, nous aimons ceux et celles qui sont beaux et charmants et sympathiques alors que nous avons tendance à nous méfier de ceux et celles qui ne sont pas beaux ou propres. On n’a qu’à penser aux artistes ou aux vedettes. Y en a-t-il un seul qui ne soit pas beau ? Sinon, sa carrière est terminée avant même d’avoir commencé.

Le Seigneur, lui, voit les choses autrement. Comme le dit le texte biblique, il voit l’intérieur de chacun, il voit le cœur. Si on peut tromper les autres avec notre charme ou nos paroles doucereuses, personne ne peut tromper le Seigneur. Tous sont à nus devant lui.

Cela paraît une évidence, mais je me suis rendu compte, il y a longtemps, que ce ne l’est pas du tout. Plusieurs personnes, plusieurs croyants, se mentent à eux-mêmes et, du coup, mentent aux autres et à Dieu. Autrement dit, tous ne sont pas toujours honnêtes et droits. Pour différentes raisons. Se connaître soi-même avec ses plus et ses moins, se reconnaître soi-même, s’accepter et s’aimer et marcher avec cela, essayer sans cesse de s’améliorer, n’est-ce pas ce qu’on appelle l’humilité ? C’est aussi savoir reconnaître l’œuvre de Dieu pour nous et pour les autres.

C’est bien ce que le prophète Samuel a appris. Pour être roi, Dieu n’a pas choisi celui qui est grand et beau et musclé, celui qui a de beaux yeux ou un beau sourire. Il aurait fait un beau roi, certes, mais pas nécessairement un bon roi. Celui que Dieu a choisi pour être roi, c’est le petit dernier, le rouquin un peu pâlot qui ne paie pas d’apparence. Jessé ne l’a même pas appelé quand Samuel a annoncé sa visite. Mais le Seigneur a vu ses qualités et ses dons et ses talents, que le reste des livres de Samuel va bien montrer.

Cette lecture n’est-elle pas une invitation à changer notre regard ? À essayer autant que possible de voir les autres et le monde – et nous-mêmes – comme le Seigneur les voit ? À la fois avec réalisme et miséricorde, avec un appel toujours renouvelé à développer ces dons qu’il a faits et même à les dépasser ? N’y a-t-il pas là une invitation à être toujours davantage des humains et des croyants humbles et honnêtes ?

Fr. Hervé Tremblay, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
par l’abaissement de ton Fils,
tu as relevé le monde déchu ;
donne à tes fidèles une joie sainte :
tu les as tirés de l’esclavage du péché ;
fais-leur connaître le bonheur éternel.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.