Prédication, lundi dans l’Octave de Noël A

29 décembre 2025

Maintenant je le tiens dans mes bras, mes yeux voient le salut

Aujourd’hui, le frère Maxime Allard, O.P., nous invite à réfléchir sur la nature mystérieuse du Salut qui est à la fois « maintenant » et « espérance », ce Salut qu’a su discerner le vieux Syméon dans un tout petit bébé.

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Prédication

Maintenant ? Le vieux Syméon tenait dans ses bras l’enfant Jésus. Porté par l’Esprit Saint, dans une prophétie remplie d’espérance, il pouvait bien dire avoir « vu le salut » que Dieu préparait depuis ses premières alliances avec son peuple, une espérance qui, cependant, débordait ce peuple pour rejaillir désormais sur « les nations ». Maintenant Jésus, le Messie, dans ses bras, il tenait quelque chose du salut ! Syméon était ainsi déjà tout à la fois consolé et consolateur !

Mais qu’est-ce que ce « Maintenant » pour nous ? Pouvons-nous dire aujourd’hui « tiens, là je tiens le salut ; je l’ai aussitôt, avec promptitude, par devers moi, devant moi ? » Pouvons-nous le dire avec la fermeté de Syméon ? Que tenons-nous dans nos mains qui pourrait être signe, consolation annonçant le salut ? Pouvons-nous voir quelqu’un « maintenant » le salut de Dieu ?

En ce temps de Noël, les églises contiennent une « crèche » ! On y « voit » quelque chose du salut de Dieu représenté naïvement et profondément tout à la fois. Mais pouvons-nous dire que nous l’avons en main, que nous le tenons ? Vous me direz que nous recevons dans la main le Corps du Christ, mort et ressuscité, lorsque nous communion ? C’est vrai… mais nous ne le tenons pas en main, de fait, aussitôt, nous ne le voyons plus car nous le mangeons.

Alors, « maintenant » le salut ? Si on écoute bien la proclamation évangélique du jour, on décèle un délai, un avenir pas encore accompli. Maintenant, signifie aussi aussitôt, dans un moment, promptement. Dire « maintenant », c’est donc dire une espérance en train de s’accomplir, une espérance qui, ancrée dans l’Esprit Saint, entrevoit dans ce qui est infime, petit – l’enfant Jésus – du grand, de l’énorme, de l’inouï : le salut de Dieu… un salut qui est « relèvement », libération et résurrection.

Nous n’avons pas tous, il est vrai, l’âge de Syméon. Mais baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, habités par l’Esprit de Dieu, nous pouvons aussi dire, entre nous, « maintenant mes yeux ont vu le salut ». Quand ? Quand le pardon l’emporte sur la haine. Quand les pauvres et les victimes reçoivent justice. Quand la vérité triomphe ou, à tout le moins, ébranle les mensonges et les illusions. Pour que ces moments aient lieu, rien de mieux que de poser promptement les gestes qui contribueront à préparer les cœurs et les yeux à croire en un Dieu qui a pris chair, un Dieu qui est compassion et action pour la justice et la vérité, un Dieu qui pardonne et qui enjoint à ses enfants de pardonner à leur tour.

Fr. Maxime Allard, O.P.

 

PRIÈRE

Dieu tout-puissant, que nul ne peut voir,
tu as dissipé les ténèbres du monde
par la venue de ta lumière ;
nous t’en prions,
tourne vers nous ton visage de paix,
pour que nos louanges proclament l’œuvre merveilleuse
que tu as accomplie dans la naissance de ton Fils unique.
Lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.