21 octobre 2026
Soyons vigilants pour préparer la venue de Dieu
Aujourd’hui, le frère Bruno Demers, O.P., nous invite à rester éveillés, mais à ne pas craindre le futur au point de délaisser le présent. Par notre confiance et notre foi, vivons simplement un présent épanoui avec Dieu !
LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX ÉPHÉSIENS (3, 2-12)
Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère, comme je vous l’ai déjà écrit brièvement. En me lisant, vous pouvez vous rendre compte de l’intelligence que j’ai du mystère du Christ. Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit.
Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.
De cet Évangile je suis devenu ministre par le don de la grâce que Dieu m’a accordée par l’énergie de sa puissance. À moi qui suis vraiment le plus petit de tous les fidèles, la grâce a été donnée d’annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ, et de mettre en lumière pour tous le contenu du mystère qui était caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses ; ainsi, désormais, les Puissances célestes elles-mêmes connaissent, grâce à l’Église, les multiples aspects de la Sagesse de Dieu.
C’est le projet éternel que Dieu a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur. Et notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (12, 39-48)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens.
« Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles.
« Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre.
« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
Prédication
Comme un voleur survient à l’improviste, c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. On n’est pas à l’aise avec cette parole de Jésus. Il y a là quelque chose qui évoque un certain arbitraire. Nous avons le sentiment d’être piégés et de n’avoir aucun contrôle sur l’insolite de la fatalité. Est-ce qu’on peut vraiment identifier la venue du Seigneur à ce destin imprévisible ?
Évidemment pas ! Pour nous réveiller de notre sommeil, pour nous guérir de notre inattention fondamentale, Jésus a choisi la pédagogie la plus efficace qui soit. Il a comparé sa venue au voleur qui s’introduit chez nous au moment où l’on s’y attend le moins. Saint-Paul nous apporte déjà une certaine consolation quand il nous invite « à sortir du sommeil parce que le Salut est maintenant plus près de nous » (Rm 13,12).
En effet, nous croyons, dans la foi, que Jésus Christ a remporté la victoire sur le destin et que cette victoire de la résurrection est au fondement de notre espérance. Quand nous cherchons à comprendre le mouvement de celle-ci, nous sommes toujours tentés d’aller du présent au futur. C’est pourquoi nous projetons facilement dans le futur un Au-delà imaginaire ou un Dieu illusoire. Mais, en régime chrétien, nous sommes invités à faire le chemin inverse : aller de l’avenir de Dieu à notre présent. Dieu nous précède toujours. Et si nous croyons vraiment cela, aujourd’hui n’est plus la répétition décourageante d’hier : c’est le commencement, le germe d’un avenir toujours neuf.
Depuis la résurrection, Dieu nous fait signe à partir de l’avenir. Notre présent n’est plus sous le signe de l’arbitraire et du hasard. Dieu ne cesse d’advenir dans la trame de nos vies. Il est avec nous. C’était déjà le nom sous lequel Dieu s’était révélé à Moïse dans le Buisson ardent : « Je suis qui je serai. »
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Dieu nous exhorte à nous tenir prêts. Nous sommes invités à être vigilants et à le guetter du coin de l’œil. On n’attend bien que ceux que l’on porte déjà dans son cœur. Pour anticiper cette venue, le chrétien est convié à poser les signes avant-coureurs du Royaume qui vient. La vigilance du chrétien est active. Le Royaume de Dieu advient chaque fois que l’amour l’emporte sur la haine, chaque fois que la réconciliation met un terme à la spirale de la violence, chaque fois que le désir de la paix est plus fort que la fatalité de la guerre.
Fr. Bruno Demers, O.P.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
par toi nous vient la rédemption,
par toi nous est donnée l’adoption filiale ;
dans ta bonté, regarde avec amour tes enfants ;
à ceux qui croient au Christ,
accorde la vraie liberté et la vie éternelle en héritage.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
