15 octobre 2026
Justice et Amour laissés de côté
Aujourd’hui, Brigitte Quintal, laïque dominicaine, nous explique le contexte de la colère de Jésus qui se déverse sur la pharisiens et les scribes depuis déjà plusieurs jours dans la liturgie.
LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX ÉPHÉSIENS (1, 1-10)
Paul, apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, à ceux qui sont sanctifiés et habitent Éphèse, ceux qui croient au Christ Jésus. À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ.
Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ.
Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.
En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence.
Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (11, 47-54)
En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués. Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
« C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront. Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire.
« Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération. Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »
Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ; ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.
Prédication
Pour bien saisir la portée de ce texte, il convient de le replacer dans son contexte immédiat. Jésus est invité à la table d’un pharisien qui l’interpelle pour ne pas avoir pratiqué les ablutions rituelles avant le repas. Cet incident déclenche sa colère contre les pharisiens et les scribes.
La raison profonde de son indignation, si viscérale, nous est révélée par les versets 42-46. Jésus y dénonce l’orgueil des pharisiens, qui aiment être vus et occuper les premiers sièges dans les synagogues, ainsi que l’hypocrisie des légistes, qui imposent aux hommes des fardeaux accablants sans jamais y toucher eux-mêmes. Il identifie alors la racine de ces dérives : « Vous laissez de côté la justice et l’amour de Dieu » (v. 42).
Pourtant, voilà ce qui importe véritablement : pratiquer la justice envers le prochain et vivre de l’amour de Dieu. C’est là le cœur de la Loi, comme le Christ le rappellera ailleurs : « De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes » (Mt 22, 40).
On comprend dès lors pourquoi il prononce sur eux un jugement implacable, usant de formules d’une grande dureté.
« Malheur à vous » qui continuez de rejeter les envoyés de Dieu, marchant dans les pas de vos pères. C’est pourquoi « cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde » (v.50).
« Malheur à vous », docteurs de la Loi, qui confisquez les Écritures pour en détourner le sens et vous prétendre justes. Non seulement vous trahissez la Parole, mais « vous empêchez d’entrer ceux qui le voulaient » (v. 52) en imposant aux autres des prescriptions rigides qui rendent la vie impossible.
« Votre intérieur est rempli de rapacité et de méchanceté » (v. 39), leur reproche-t-il. En condamnant les autres, ils ont oublié l’essentiel : la justice et l’amour.
Il n’est pas anodin que Luc termine ce récit sur une note dramatique, en montrant le piège qui se referme sur Jésus : « Les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui » (v. 53-54). Incapables de tolérer la contradiction, ils chercheront à le réduire au silence en le faisant mourir. Ainsi, le sang versé par les prophètes depuis Abel le juste annonce-t-il le destin tragique de Jésus, qui se lit déjà en filigrane dans ce texte.
Brigitte Quintal, L.O.P.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
tu as suscité par ton Esprit saint Thérèse de Jésus
pour montrer à l’Église le chemin de la perfection
qu’elle doit chercher;
fais-nous trouver notre nourriture dans sa doctrine spirituelle
et brûler du désir d’une vraie sainteté.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
