Prédication, jeudi de la 28ème semaine du temps ordinaire

15 octobre 2026

Justice et Amour laissés de côté

Aujourd’hui, Brigitte Quintal, laïque dominicaine, nous explique le contexte de la colère de Jésus qui se déverse sur la pharisiens et les scribes depuis déjà plusieurs jours dans la liturgie.

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Prédication

Pour bien saisir la portée de ce texte, il convient de le replacer dans son contexte immédiat. Jésus est invité à la table d’un pharisien qui l’interpelle pour ne pas avoir pratiqué les ablutions rituelles avant le repas. Cet incident déclenche sa colère contre les pharisiens et les scribes.

La raison profonde de son indignation, si viscérale, nous est révélée par les versets 42-46. Jésus y dénonce l’orgueil des pharisiens, qui aiment être vus et occuper les premiers sièges dans les synagogues, ainsi que l’hypocrisie des légistes, qui imposent aux hommes des fardeaux accablants sans jamais y toucher eux-mêmes. Il identifie alors la racine de ces dérives : « Vous laissez de côté la justice et l’amour de Dieu » (v. 42).

Pourtant, voilà ce qui importe véritablement : pratiquer la justice envers le prochain et vivre de l’amour de Dieu. C’est là le cœur de la Loi, comme le Christ le rappellera ailleurs : « De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes » (Mt 22, 40).

On comprend dès lors pourquoi il prononce sur eux un jugement implacable, usant de formules d’une grande dureté.

« Malheur à vous » qui continuez de rejeter les envoyés de Dieu, marchant dans les pas de vos pères. C’est pourquoi « cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde » (v.50).

« Malheur à vous », docteurs de la Loi, qui confisquez les Écritures pour en détourner le sens et vous prétendre justes. Non seulement vous trahissez la Parole, mais « vous empêchez d’entrer ceux qui le voulaient » (v. 52) en imposant aux autres des prescriptions rigides qui rendent la vie impossible.

« Votre intérieur est rempli de rapacité et de méchanceté » (v. 39), leur reproche-t-il. En condamnant les autres, ils ont oublié l’essentiel : la justice et l’amour.

Il n’est pas anodin que Luc termine ce récit sur une note dramatique, en montrant le piège qui se referme sur Jésus : « Les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui » (v. 53-54). Incapables de tolérer la contradiction, ils chercheront à le réduire au silence en le faisant mourir. Ainsi, le sang versé par les prophètes depuis Abel le juste annonce-t-il le destin tragique de Jésus, qui se lit déjà en filigrane dans ce texte.

Brigitte Quintal, L.O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as suscité par ton Esprit saint Thérèse de Jésus
pour montrer à l’Église le chemin de la perfection
qu’elle doit chercher;
fais-nous trouver notre nourriture dans sa doctrine spirituelle
et brûler du désir d’une vraie sainteté.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.