18 septembre 2026
Des femmes disciples et actives
Aujourd’hui, dans la prédication du frère Daniel Cadrin, O.P., les femmes qui ont accompagné Jésus et ont porté sa mission sont à l’honneur, ainsi que plusieurs saintes importantes dans l’Église !
PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS (15, 12-20)
Frères, nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ?
S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu ; et nous faisons figure de faux témoins de Dieu, pour avoir affirmé, en témoignant au sujet de Dieu, qu’il a ressuscité le Christ, alors qu’il ne l’a pas ressuscité si vraiment les morts ne ressuscitent pas.
Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise de vos péchés ; et donc, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.
Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (8, 1-3)
En ce temps-là, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.
Prédication
Nous sommes sur la route avec Jésus. Il proclame et annonce l’Évangile, la Bonne Nouvelle que Dieu se fait proche. Il est accompagné par le groupe des Douze, les envoyés, et par un groupe de femmes, ce qui est rare à l’époque. Deux traits les caractérisent. Elles ont été guéries par Jésus, leur vie a été touchée et transformée par lui ; elles sont devenues des disciples, elles marchent à sa suite. Puis, elles sont en service, littéralement elles les diaconisaient ; elles soutiennent ce nouveau mouvement par leurs ressources, leurs biens. Ce qui veut dire qu’elles en ont ! On voit ainsi que Jésus ne vit pas de l’air du temps : il est financièrement soutenu par ce groupe.
Trois sont nommées, dont Jeanne, la femme de l’intendant du roi Hérode : il s’agit de quelqu’un qui a des grands moyens. Ceci nous montre que la carte des relations de Jésus est très diversifiée, plus que ce qu’on imagine. Non seulement des pêcheurs de Galilée, avec leur accent, et des ouvriers agricoles, mais des femmes de la haute société. Cela pourrait expliquer ce que Jean (19, 23) signale : la tunique de Jésus, sans couture. Ce n’est pas de la guenille ! Elles voulaient que leur Jésus soit bien mis.
Cette Jeanne ainsi que Marie de Magdala sont mentionnées deux fois en Luc et ensemble : ici et en 24, 9-10. Elles vont au tombeau puis annoncent aux apôtres le message de l’ange : Il est ressuscité. Mais on ne les croit pas. C’est d’elles que parlent les disciples d’Emmaüs (24, 22-23) : quelques femmes des nôtres nous ont bouleversé et nous ont dit… Ces femmes sont Marie de Magdala, Jeanne et d’autres.
Ainsi, voici des femmes qui sont des disciples de Jésus, qui diaconisent, et qui annoncent sa résurrection. Il y en a eu plusieurs dans l’histoire. J’en mentionne deux : d’abord Catherine de Sienne, une laïque dominicaine engagée avec passion et brillance au 14ème siècle pour la paix sociale et l’unité de l’Église, mystique et guide spirituelle, docteure de l’Église, morte à 33 ans. Et celle dont nous avons fait mémoire hier, Hildegarde de Bingen, une abbesse bénédictine engagée elle aussi dans la société et l’Église de son temps, le 12ème siècle, une sorte de génie aux dons multiples (la musique, la médecine, la théologie, le dessin,…), mystique et guide spirituelle, morte à 81 ans, docteure de l’Église depuis 2012. Très sensible à la création, elle disait : Les êtres vivants, les animaux, les oiseaux, les poissons, les plantes et les arbres fruitiers, recèlent d’extraordinaires ressources dont aucun être humain n’a idée si elles ne lui ont pas été révélées par Dieu.
Elles ont été controversées mais aussi solidement appuyées : Catherine par Raymond de Capoue, dominicain, qui fut Maître de l’Ordre des prêcheurs ; Hildegarde par Bernard de Clairvaux, cistercien, qui fut le promoteur de son nouvel Ordre.
Des femmes disciples de Jésus, qui diaconisent et qui prêchent. La première nommée, Marie de Magdala, est la patronne des prêcheurs, donc des Dominicains. Ces femmes, qui étaient aux débuts mêmes de l’aventure chrétienne, ont été présentes tout au long de l’histoire, et elles sont toujours là. Sans elles, que serait l’Église et que serait son avenir ? Rendons grâce pour ce don et tous ses fruits. Amen.
Fr. Daniel Cadrin, O.P.
PRIÈRE
Dieu éternel et tout-puissant,
dans ta bienveillance, dirige nos actions,
afin qu’au nom de ton Fils bien-aimé,
nous portions des fruits en abondance.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
