Prédication, Jeudi Saint, La Cène du Seigneur A

2 avril 2026

Communion pour la Vie éternelle

En ce Jeudi saint, le frère Guy Rivard, O.P., nous invite à contempler le mystère de l’Eucharistie au cœur de notre vie de croyants, ce sacrement essentiel pour la Vie éternelle.

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Prédication

Chère jeunesse du CéDum. Nous voici donc rendus au Jeudi saint. La célébration de la Cène du Seigneur, le dernier repas de Jésus avec ses disciples, avant son arrestation et sa mort. Une belle occasion, offerte annuellement, pour réfléchir, méditer, prier afin de mieux comprendre ce sacrement de l’Eucharistie que Jésus a inauguré cette nuit-là, et qui est la fine pointe, la cime, si on peut dire, de notre vie en Église.

Permettez-moi donc une méditation sur l’eucharistie, et sur ce qu’on est en droit, me semble-t-il, d’espérer d’elle.

Saint Paul écrit, dans la deuxième lecture de ce jour, tirée de la première lettre aux Corinthiens, en parlant de l’eucharistie, ‘’chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.’’ Un peu étonnant. ‘’Vous proclamez sa mort.’’ C’est bien vrai, quand on y pense, puisqu’on mange son corps et qu’on boit son sang, c’est qu’il est mort. Ce faisant donc, nous proclamons sa mort. Mais le corps que nous mangeons, le sang que nous buvons, ce ne sont pas un corps et un sang mort. C’est impossible. C’est le corps et le sang de Jésus mort, mais ressuscité. C’est nécessairement le corps et le sang d’un ressuscité que nous mangeons et que nous buvons. Dès lors, n’est-il pas plus exact de dire, non seulement que nous proclamons sa mort, mais que nous y communions, de manière à pouvoir communier aussi à sa résurrection ?

Mais la résurrection définitive, c’est seulement au dernier jour, le jour où le Fils de l’Homme viendra, n’est-ce pas ? Alors, la résurrection au quotidien, la résurrection que nous pouvons espérer pour le temps présent, en attendant la résurrection définitive, ça ressemble à quoi ? Eh bien, je me dis que la vie à laquelle nous sommes appelés en attendant la résurrection définitive, c’est une vie chrétienne. Une vie qui se définit par la foi, l’espérance, et l’amour, sous toutes ses formes. La grâce de la foi, de l’espérance et de l’amour, nous l’avons reçue lors de notre baptême, et elle a été confirmée en nous au moment, justement, de notre confirmation. Mais nous ne le savons que trop, la grâce du baptême peut s’affadir, le sel peut cesser d’être salé. Ne peut-on pas espérer alors, de notre communion à la mort et à la résurrection de Jésus dans nos eucharisties, une résurrection genre petit ‘’r’’, une réanimation, une relance de la foi, de l’espérance et de la charité en nous, jusqu’à notre prochaine communion ?

C’est du moins mon espérance quant aux effets de la communion eucharistique en moi, en nous tous et toutes. Et si l’exaucement de mon espérance se fait attendre, du moins à mes yeux, eh bien, qu’importe, j’ai encore mon autre raison de célébrer l’eucharistie, contenue tout entière dans le beau psaume 115 que nous chantons pour la célébration de la Cène du Seigneur : ‘’Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut ; j’accomplirai le sacrifice d’action-de-grâce en invoquant le nom du Seigneur.’’
À tous et toutes, bon Triduum Pascal !

Fr. Guy Rivard, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu nous appelles à célébrer la très sainte Cène
où ton Fils unique, avant de se livrer lui-même à la mort,
a remis pour toujours à son Église le sacrifice nouveau,
le repas qui est le sacrement de son amour ;
donne-nous de puiser à ce grand mystère
la charité et la vie en plénitude.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.