5 novembre 2026
Jamais perdus grâce à la miséricorde
Aujourd’hui, Gustavo Adolfo Garay Ortega nous invite à découvrir, à travers les paraboles de Jésus, un Dieu dont la miséricorde et l’amour sont sans limites et qui nous encourage à accueillir l’autre sans jugement, dans la joie du pardon et de la réconciliation.
LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX PHILIPPIENS (3, 3-8a)
Frères, c’est nous qui sommes les vrais circoncis, nous qui rendons notre culte par l’Esprit de Dieu, nous qui mettons notre fierté dans le Christ Jésus et qui ne plaçons pas notre confiance dans ce qui est charnel.
J’aurais pourtant, moi aussi, des raisons de placer ma confiance dans la chair. Si un autre pense avoir des raisons de le faire, moi, j’en ai bien davantage : circoncis à huit jours, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu, fils d’Hébreux ; pour l’observance de la loi de Moïse, j’étais pharisien ; pour ce qui est du zèle, j’étais persécuteur de l’Église ; pour la justice que donne la Loi, j’étais devenu irréprochable.
Mais tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte. Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (15, 1-10)
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”
« Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion.
« Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”
« Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »
Prédication
Nous sommes au début du quinzième chapitre de l’évangile de Luc, chapitre où la miséricorde de Dieu est mise de l’avant avec trois paraboles : d’abord, les deux premières qui nous racontent la perte et retrouvaille d’une brebis ou d’une pièce d’argent et, ensuite, viendra la très célèbre parabole du « Père miséricordieux » ou du « fils prodigue » comme la tradition l’a intitulée.
Ces trois histoires distinctes et, en même temps, très parlantes de la miséricorde divine sont présentées dans un contexte hostile, où la récrimination des pharisiens et scribes juifs contre les paroles et les actions de Jésus devient constante. S’en suivra une large mise en scène des différents cas où l’on tentera de le piéger et de le condamner.
Effectivement, Jésus dérange, avec son projet du Règne, la commodité sociale, économique, politique et religieuse que détenaient les autorités du peuple israélite. Jésus dérange également parce qu’il agit autrement que les autorités, les « délégués de Dieu sur terre ». Résultat, il a droit au jugement qui vient de leurs coutumes et de leur interprétation de la Loi : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! ».
Pour les pharisiens, il est impardonnable et condamnable de manger avec les publicains et les pécheurs. Ajoutons aussi qu’il fait bon accueil à toutes ces personnes ! C’est quelque chose qu’un pharisien ou un scribe n’aurait jamais même pensé faire, car, engloutis par leurs actions et leur mode de vie, il était considéré impossible d’approcher de telles personnes et de les faire changer ; leur impureté était contagieuse et les menait tout droit vers la perdition totale. Depuis des années, ils interprétaient la Loi en disant que Dieu détestait les pécheurs et les traitaient effectivement comme des abandonnés de Dieu. Jésus, cependant, vient corriger cette interprétation : Dieu ne déteste pas le pécheur mais le péché, car le péché brise sa relation d’amour avec l’être humain.
Voilà la raison de ses trois paraboles exprimant la joie immense de retrouver ce qui était considéré comme perdu. Les pécheurs et les publicains étaient considérés comme des cas perdus, désespérés, mais Jésus nous fait comprendre que, dans le projet du Règne, la toute-puissance de Dieu réside dans son amour pour l’humanité entière.
La bienveillance que Jésus montre à l’égard des publicains et des pécheurs souligne la miséricorde de Dieu face à tous et toutes. Sa raison d’entrer en relation avec eux est nulle autre que l’amour qu’il a pour eux, un amour qui parle de pardon et de réconciliation, de rétablir le lien brisé, de reprendre la route vers le bonheur. Jésus a été envoyé pour nous libérer des chaînes du péché, c’est-à-dire le manque d’amour. C’est le manque d’amour qui fait de nous des cas perdus aux yeux des humains, mais pour Dieu, tous ne sont que des cas à remplir de son amour infini.
Dans cette dynamique, il ne faut jamais tomber dans le rôle du critique, comme les pharisiens et les scribes, car l’invitation de Jésus est bien d’accueillir tout un chacun, même ceux et celles qui ne pensent pas comme nous, ceux que nous pensons être de plus grands pécheurs que nous. Voilà un aspect essentiel de la grande miséricorde de Dieu !
Effectivement, pour le Dieu de Jésus Christ, chaque personne vaut la peine de dépenser tous ses efforts, d’offrir sa vie même pour le retrouver, pour lui donner la vie, de faire une fête et célébrer en grand. Cette brebis ou cette pièce d’argent perdue peuvent être n’importe qui d’entre nous. En d’autres termes, chacun d’entre nous, comme enfants de Dieu, n’a de prix limite pour Dieu ; il fera toujours tout pour nous combler de son amour. C’est pour ça que la toute-puissance de Dieu réside dans l’amour même qu’il a pour chacun d’entre nous.
Jésus nous dit : « réjouissez-vous avec moi » ! Il y a de la joie dans le ciel ; pourquoi ne pas avoir de la joie parmi nous ? À la fin, nous tous, nous sommes sur le chemin de la conversion et sur ce chemin, le plus important, c’est la joie dans la miséricorde de notre Dieu et l’invitation à voir le beau et bon qui nous habite, pas les erreurs de nos faiblesses. N’est-ce pas merveilleux ça ? Réjouissons-nous avec notre Dieu plein d’amour pour tous.
Gustavo Adolfo Garay Ortega
PRIÈRE
Dieu de l’univers, de qui vient tout don parfait,
enracine en nos cœurs l’amour de ton nom ;
augmente notre foi pour développer ce qui est bon en nous ;
veille sur nous avec sollicitude
pour protéger ce que tu as fait grandir.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
