19 septembre 2026
Nous sommes les jardiniers de Dieu !
Aujourd’hui, Christine Husson, laïque dominicaine, nous explique qu’à travers la parabole du jour, Dieu tante de nous apprendre ce dont l’être humain a besoin pour faire grandir sa foi et répandre l’amour et la vie éternelle autour de lui.
PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS (15, 35-37.42-49)
Frères, quelqu’un pourrait dire : « Comment les morts ressuscitent-ils ? avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? » – Réfléchis donc ! Ce que tu sèmes ne peut reprendre vie sans mourir d’abord ; et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps de la plante qui va pousser, mais c’est une simple graine : du blé, par exemple, ou autre chose.
Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Ce qui est semé périssable ressuscite impérissable ; ce qui est semé sans honneur ressuscite dans la gloire ; ce qui est semé faible ressuscite dans la puissance ; ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel ; car s’il existe un corps physique, il existe aussi un corps spirituel.
L’Écriture dit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie. Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel. Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Comme Adam est fait d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel. Et de même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (8, 4-15)
En ce temps-là, comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole : « Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout. Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité. Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent. Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole. Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre.
« Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu. Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés. Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité.
« Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. »
Prédication
Nous sommes actuellement en pleine saison des récoltes, le moment où les légumes nous sont offerts en abondance dans nos marchés et nos épiceries. Tous ceux et celles qui ont déjà fait du jardinage, le savent, la récolte est le résultat de beaucoup d’efforts et aussi de beaucoup d’essais et d’erreurs. Les textes d’aujourd’hui nous montrent un Dieu qui fait de nous ses apprentis jardiniers, expérimentant toutes sortes de sols et de conditions avec des résultats plutôt variables.
Saint Paul, dans la lettre aux Corinthiens, nous ramène à l’histoire de la création et du souffle de vie qui permet à la matière, l’argile dans le cas d’Adam, et à la graine pour les plantes, de passer du stade inerte à quelque chose de vivant et d’immortel. Les plantes, comme les êtres humains, sont transformées dans leur essence et sont appelées à vivre et à se reproduire à l’infini. C’est comme si Dieu nous avait partagé son pouvoir de donner la vie et nous demandait d’être avec lui co-créateurs dans le jardin qu’il a voulu pour nous.
Nous pouvons parfois nous demander d’ailleurs, s’il n’a pas eu peu surestimé nos capacités de jardiniers, lorsqu’on voit les misères du monde d’aujourd’hui ! Mais saint Paul nous offre tout de même une petite lueur d’espoir. Même ce qui est semé faible, sans honneur ou périssable va ressusciter dans la gloire. Que Dieu connaît bien nos fragilités ! En plus de nous donner la vie, il nous permet de racheter nos erreurs, nos paresses, notre manque de Foi et d’amour en reconnaissant que nous avons besoin d’expériences et de cheminement sur notre parcours terrestre pour pouvoir nous rendre là où il nous attend.
Dans l’Évangile de Luc, Dieu nous donne, en quelque sorte, le guide du jardinier pour les nuls. La graine que vous voulez semer, ne la plantez pas sur la pierre ou dans les ronces, cela ne donnera pas grand-chose. Si vous voulez qu’elle donne du fruit, plantez-la dans la bonne terre, arrosez-la, prenez-en soin, soyez persévérants. C’est une logique, plutôt de base, mais dont l’évidence nous échappe souvent.
Parler de notre Foi en étant complètement incohérents dans nos actes au quotidien ne va pas attirer plus de monde à la messe, au contraire. Ce serait pour moi, comme semer sur de la roche, ce n’est que du vent. Vivre une expérience de Foi dans sa vie, sans continuer à la nourrir et à continuellement répondre à cet appel, sera comme cette graine plantée dans les ronces qui va naître pleine de force, mais qui va petit à petit s’étioler et mourir étouffée. C’est de cela que nous met en garde l’évangéliste, la Foi c’est comme un jardin, cela prend du temps, de la patience, de la persévérance et beaucoup, beaucoup d’amour.
Être ou devenir jardinier de Dieu, c’est d’abord et avant tout être cohérents avec notre Foi et y puiser assez d’eau pour que cela transparaisse autour de nous. Je pense à tous ces hommes et ces femmes qui s’engagent au service des autres, au nom de leur Foi. Ils et elles contribuent à rendre la terre fertile afin qu’elle donne du fruit. Devenir des personnes qui pardonnent et qui aiment au-delà des mots et des blessures infligées ou reçues au long de nos vies, c’est aussi mettre un peu d’engrais dans notre terre. Ne pas désespérer face aux forces du mal qui sans relâchent semblent nous attaquer et nous confronter, c’est aussi cela aérer notre jardin, pour qu’il soit le plus fertile possible.
Dans nos vies, nous sommes appelés à être les jardiniers de Dieu et à intégrer dans nos expériences, nos rencontres, notre travail au quotidien, dans nos familles, les petites graines qui ont été semées en nous et qui ne demandent qu’à donner du fruit. Elles sont là toutes fragiles et toutes pleines de l’espérance de Dieu. Elles n’ont besoin que d’un peu d’eau et d’un peu d’amour. Devenons les jardiniers que Dieu a voulu que nous soyons en nous donnant la vie et toute la création.
Christine Husson, L.O.P.
PRIÈRE
Dieu de l’univers,
de qui vient tout don parfait,
enracine en nos cœurs l’amour de ton nom;
augmente notre foi pour développer ce qui est bon en nous;
veille sur nous avec sollicitude pour protéger
ce que tu as fait grandir.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
