Prédication, mercredi de la 27ème semaine du temps ordinaire

7 octobre 2026

Prions avec Marie !

En ce jour de la Bienheureuse Vierge Marie du Rosaire, le frère Gustave Nsengiyumva, O.P., nous invite à considérer le Rosaire, cette forme de prière dominicaine née il y a des siècles, et à prier avec Marie pour notre monde, particulièrement notre société québécoise.

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Prédication

En cette fête de Notre-Dame du Rosaire, l’Église nous remet entre les mains une prière toute simple : quelques mots répétés, un chapelet que l’on fait glisser entre ses doigts, et surtout les mystères de la vie du Christ que nous contemplons avec Marie.

Car le Rosaire n’est pas d’abord une prière qui nous arrête à Marie. Marie ne nous retient jamais auprès d’elle : elle nous conduit toujours à son Fils. Avec elle, nous contemplons Jésus dans le mystère de son Incarnation et de sa naissance, dans sa vie et sa prédication, dans sa Passion et sa mort, et enfin dans la lumière de sa Résurrection.

C’est pourquoi le Rosaire occupe une place si importante dans la spiritualité dominicaine. Depuis des siècles, les fils et les filles de saint Dominique l’ont reçu comme une véritable école de contemplation et de prédication : contempler le Christ pour mieux l’annoncer.

Et peut-être avons-nous particulièrement besoin du Rosaire aujourd’hui. Nous vivons dans un monde où tout va vite : les nouvelles, les écrans, les messages, les préoccupations se succèdent sans cesse. Nous courons beaucoup, et parfois notre âme n’a même plus le temps de nous rattraper.

Prendre un chapelet, c’est accepter de s’arrêter. C’est reprendre doucement le chemin de l’Évangile avec Marie. À chaque dizaine, nous nous arrêtons devant un moment de la vie de Jésus. Nous le regardons aimer, guérir, enseigner, souffrir, mourir et ressusciter. Et peu à peu, ce que nous contemplons vient éclairer notre propre vie : nos joies, nos épreuves, nos deuils, nos espérances.

Et aujourd’hui, nous pouvons aussi confier à Marie notre terre québécoise. Il y a deux jours, les Québécoises et les Québécois se sont rendus aux urnes, et les choix exprimés réveillent aussi de grandes questions sur notre avenir collectif, sur notre identité et sur l’indépendance du Québec. Au-delà de nos opinions et de nos sensibilités différentes, demandons à Marie de veiller sur notre peuple, d’accompagner celles et ceux qui portent la responsabilité du bien commun et de nous aider à demeurer un peuple capable de dialogue, de respect et de fraternité. Et avec notre Québec, confions-lui aussi tous les peuples du monde qui cherchent leur chemin dans l’incertitude, les tensions et parfois la violence. Que Marie nous conduise toujours vers son Fils, Prince de la Paix.

Le Rosaire n’est donc pas une fuite hors du monde. C’est une manière de regarder notre monde avec les yeux de Marie et de le conduire vers le Christ.

En cette fête, demandons simplement à Marie de nous prendre par la main et de nous redire, comme à l’Ange : « Qu’il m’advienne selon ta parole. » Car telle est toujours la mission de Marie : faire la volonté de Dieu, quoi qu’il en coûte.

Fr. Gustave Nsengiyumva, O.P.

 

PRIÈRE

Nous t’en prions, Seigneur,
de répandre ta grâce en nos cœurs ;
par le message de l’ange,
tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé ;
conduis-nous par sa passion et par sa croix,
avec le secours de la bienheureuse Vierge Marie,
jusqu’à la gloire de la résurrection.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.