24 février 2026
Le « Notre-Père » à l’envers
Aujourd’hui, alors l’évangile du jour nous présente le Notre Père donné par Jésus lui-même, le frère André Descôteaux, O.P., nous propose de sortir de notre ordinaire avec un Notre Père inversé, une prière de Dieu à ses enfants.
LIVRE DU PROPHÈTE ISAÏE (55, 10-11)
Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (6, 7-15)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
« Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
« Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »
Prédication
Dans l’évangile, le Seigneur ne veut pas que ses disciples rabâchent lorsqu’ils prient. Il a bien raison. Dieu n’est pas sourd. Il n’est pas nécessaire de répéter ce que nous lui demandons sur tous les tons. La prière est d’abord un signe de notre foi et de notre confiance en lui. Voilà pourquoi elle doit la refléter et en être empreinte.
C’est dans un tel esprit que le Seigneur nous enseigne le Notre Père. Tout de suite, il nous place dans l’exacte relation avec Dieu. Il est Père. Il est notre Père.
Pourtant, à nous écouter le réciter, le Seigneur doit être bien déçu. Nous le disons souvent si rapidement, sans trop penser à ce que nous disons et surtout en oubliant à qui nous nous adressons. ‘Dieu est Dieu, nom de Dieu’, comme osait l’affirmer le célèbre essayiste français Maurice Clavel. Mais il est surtout NOTRE PÈRE !
Et oui, nous rabâchons même le Notre Père. En plus de ne pas être toujours conscients de celui à qui nous nous adressons, nous ne nous rendons pas compte de ce que nous lui demandons. Le ‘Notre Père’, comme toute prière, engage. Ce ne sont pas des mots lancés en l’air. Quelques fois nous sommes comme des étudiants ou des étudiantes qui demandent de réussir leurs examens sans prendre la peine d’étudier.
Voilà pourquoi je vous propose un Notre Père à l’envers. Au lieu de prier notre Père, c’est lui qui nous prie. Ainsi nous pourrons prendre conscience que si cette prière engage Dieu, elle nous engage également.
Mon fils/Ma fille, qui es sur la terre,
fais que ta vie soit le meilleur reflet de mon nom.
Engage-toi pour mon Règne à chaque pas que tu fais,
dans chaque décision que tu prends,
dans chaque attitude et chaque geste.
Construis-le pour moi et avec moi.
C’est là ma volonté sur la terre comme au ciel.
Reçois le pain de chaque jour,
conscient(e) que c’est un privilège et un miracle.
Je te pardonne tes erreurs, tes chutes, tes abandons,
mais fais de même face à la fragilité de tes frères, de tes sœurs.
Lutte pour plus de justice et de paix
et je serai à tes côtés.
N’aie pas peur :
le mal n’aura pas le dernier mot.
Amen.
José María Rodríguez Olaizola, s.j.
Fr. André Descôteaux, O.P.
PRIÈRE
Regarde ta famille, Seigneur ;
et fait que notre esprit,
affiné par la discipline imposée à notre corps,
resplendisse à tes yeux du désir de te trouver.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
