9 janvier 2026
Seigneur, si tu le veux...
Aujourd’hui, le frère Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P., nous rappelle qu’il n’y a rien que Jésus ne puisse faire pour nous tant que nous faisons preuve d’une confiance humble envers lui.
PREMIÈRE LETTRE DE SAINT JEAN (5, 5-13)
Bien-aimés, qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.
En effet, ils sont trois qui rendent témoignage, l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un. Nous acceptons bien le témoignage des hommes ; or, le témoignage de Dieu a plus de valeur, puisque le témoignage de Dieu, c’est celui qu’il rend à son Fils. Celui qui met sa foi dans le Fils de Dieu possède en lui-même ce témoignage. Celui qui ne croit pas Dieu, celui-là fait de Dieu un menteur, puisqu’il n’a pas mis sa foi dans le témoignage que Dieu rend à son Fils.
Et ce témoignage, le voici : Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils possède la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu ne possède pas la vie. Je vous ai écrit cela pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui mettez votre foi dans le nom du Fils de Dieu.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (5, 12-16)
Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main et le toucha en disant : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour tous un témoignage. »
De plus en plus, on parlait de Jésus. De grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.
Prédication
« Seigneur, si tu le veux… »
Frères et sœurs,
Il y a dans l’Évangile un geste qui traverse les siècles et qui continue de toucher nos cœurs : celui d’un homme blessé, mis à l’écart, qui ose s’approcher de Jésus. Cet homme est atteint d’une maladie qui, à son époque, ne détruisait pas seulement le corps, mais aussi la dignité, les relations, l’avenir. La lèpre isolait, excluait, condamnait.
Et pourtant, cet homme franchit la frontière que la société lui imposait. Il ne vient pas avec arrogance, ni avec la prétention d’exiger quelque chose. Il vient avec une confiance désarmante. Il vient avec une prière qui n’est ni longue ni compliquée, mais qui dit tout :
« Seigneur, si tu le veux… »
Cette petite phrase est un monde.
Elle dit la foi. Elle dit l’abandon. Elle dit la liberté intérieure.
Elle dit la vérité d’un cœur qui ne cherche pas à forcer Dieu, mais qui s’ouvre à Lui.
Dans un monde où nous voulons tout contrôler nos études, nos relations, nos projets, notre image, cette attitude nous déstabilise. Nous avons souvent l’impression que tout dépend de nous, que nous devons réussir, performer, prouver. Et quand nous prions, il nous arrive de parler à Dieu comme si nous lui présentions un contrat à signer : « Seigneur, fais ceci, fais cela, et vite si possible. »
Le lépreux, lui, nous montre un autre chemin. Il ne dit pas : « Seigneur, tu dois me guérir. » Il dit : « Si tu le veux. » Non pas par résignation, mais par confiance.
Parce qu’il sait que la volonté de Dieu n’est jamais contre nous, même lorsqu’elle nous dépasse.
Et Jésus, touché par cette foi humble, pose un geste que personne n’aurait osé poser : il étend la main et touche l’homme. Avant même de le guérir, Jésus le rejoint dans son exclusion. Avant de restaurer son corps, il restaure sa dignité.
Frères et sœurs, nous portons tous, d’une manière ou d’une autre, des formes de « lèpre » : des blessures que nous cachons, des peurs qui nous paralysent, des habitudes qui nous enferment, des zones de notre vie où nous nous sentons indignes ou impuissants. Et comme le lépreux, nous avons parfois l’impression que ces zones nous séparent des autres, ou même de Dieu.
Mais l’Évangile nous dit aujourd’hui : aucune blessure n’est trop grande pour empêcher Jésus de s’approcher. Aucun échec n’est trop lourd pour qu’il détourne son regard. Aucune impureté n’est trop profonde pour qu’il refuse de tendre la main.
La vraie question n’est pas : « Jésus veut-il me rejoindre ? » La vraie question est : « Suis-je prêt à m’approcher de lui avec la même vérité, la même humilité, la même confiance que le lépreux ? »
Pour les étudiants, pour les adultes, pour chacun de nous, cette prière peut devenir un souffle quotidien :
« Seigneur, si tu le veux, ouvre un chemin dans ma vie.
Si tu le veux, éclaire mes choix.
Si tu le veux, guéris ce qui me blesse.
Si tu le veux, transforme ce qui m’empêche d’aimer. »
Ce n’est pas une prière de faiblesse. C’est une prière de maturité. C’est la prière de ceux qui savent que la volonté de Dieu n’est jamais une menace, mais une promesse.
Alors aujourd’hui, laissons cette parole descendre en nous.
Qu’elle devienne notre manière de vivre, d’espérer, de prier.
Et demandons la grâce d’accueillir la volonté de Dieu non comme une contrainte, mais comme le lieu où notre vie peut enfin s’ouvrir, respirer, et se renouveler.
Loué soit Jésus-Christ !
Fr. Peace Michael A. Mushimiyimana, O.P.
PRIÈRE
Dieu tout-puissant,
tu as manifesté par une étoile
qu’un Sauveur était né pour le monde ;
nous t’en prions :
que la lumière de cette naissance se révèle à nos esprits
et grandisse toujours dans nos cœurs.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi, dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
