Homélie, vendredi, 4e semaine du Carême

4 avril 2025

Même menacé de mort !

Aujourd’hui, le frère Jean-Louis Larochelle, O.P., nous invite à prendre en exemple l’élan intérieur de Jésus qui le poussait à accomplir la mission donnée par son Père, celle de ramener le plus d’hommes et de femmes que possible vers Lui, et ce malgré les risques…

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Homélie

L’évangile du jour manifeste bien la confusion qui régnait dans l’esprit des gens de Galilée à propos de l’identité de Jésus et de sa mission. Les prises de position étaient contradictoires. Bien des gens semblaient disposés à reconnaître en lui le Messie attendu. Mais, en même temps, le bruit courait que les autorités religieuses cherchaient à le faire taire et même à se débarrasser de lui. Il n’est donc pas surprenant que des personnes, plus ou moins nombreuses, se soient montrées surprises, à l’occasion de la fête des Tentes, de voir Jésus enseigner ouvertement dans le Temple. Elles disaient donc : « Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? » Discours qui montre bien que les gens vivaient dans la confusion.

Nous le savons, Jésus a rencontré, dans son ministère, une résistance tenace non pas seulement à cause de ses prises de position qui contestaient explicitement des éléments importants de la Loi de Moïse, mais parce que son identité véritable demeurait mystérieuse. Et quand il se donnait la peine d’exprimer sa proximité avec le Père et la nature de sa mission, son discours apparaissait le plus souvent comme irrecevable aux oreilles de la majorité des juifs. N’a-t-il pas cherché à redire à nouveau, à l’occasion de la fête des Tentes, qui il était ? « Je ne suis pas venu de moi-même ; mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. » « Je viens d’auprès de lui » : avec ces mots, Jésus exprimait avec force son intimité avec Dieu le Père et, en conséquence, l’autorité dont il disposait pour agir comme il le faisait et présenter le discours qu’il tenait.

Dans les circonstances dramatiques dans lesquelles Jésus a été plongé, un élément doit retenir notre attention : l’intensité de sa force intérieure. Alors même qu’il se savait menacé de mort, il n’a pas accepté de se taire, il n’a pas accepté de mettre un terme à sa mission. Il sentait sans doute en lui une force irrésistible qui le poussait à parler et à enseigner. Il acceptait donc d’être pleinement aux affaires de son Père, et ce, même s’il était conscient que cet engagement le mènerait à la mort. Dans son esprit et dans son cœur, il tenait absolument à annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Ce salut passerait par le don de lui-même pour jaillir à la Résurrection.

Ce qui se dévoile derrière cet autre épisode évangélique en lien avec la résistance rencontrée par Jésus, c’est le combat de Dieu pour amener le plus possible d’hommes et de femmes à vouloir partager son projet de vie. Ce combat contre les forces de mort, Dieu le mène depuis des millénaires. Et nous sommes, nous, à la suite du Christ Jésus, invités à faire nôtre sa volonté. Malgré nos faiblesses, malgré nos incohérences, nous pouvons croire que l’Esprit du Seigneur Jésus nous accordera une force intérieure de taille. Cette force nous permettra d’une part de collaborer activement au projet de salut de Dieu dans nos milieux de vie et, d’autre part, de récolter les fruits de ce salut : une communion de vie dans la gloire éternelle.

Fr. Jean-Louis Larochelle, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as préparé les secours dont notre faiblesse a besoin ;
donne-nous d’accueillir avec joie notre relèvement
et d’en témoigner par la fidélité de notre vie.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.