4 avril 2025
Même menacé de mort !
Aujourd’hui, le frère Jean-Louis Larochelle, O.P., nous invite à prendre en exemple l’élan intérieur de Jésus qui le poussait à accomplir la mission donnée par son Père, celle de ramener le plus d’hommes et de femmes que possible vers Lui, et ce malgré les risques…

LIVRE DE LA SAGESSE (2, 1a.12-22)
Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes : « Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation. Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme lui-même enfant du Seigneur. Il est un démenti pour nos idées, sa seule présence nous pèse ; car il mène une vie en dehors du commun, sa conduite est étrange. Il nous tient pour des gens douteux, se détourne de nos chemins comme de la boue. Il proclame heureux le sort final des justes et se vante d’avoir Dieu pour père.
« Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira. Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. »
C’est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s’égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles. Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n’espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n’estiment pas qu’une âme irréprochable puisse être glorifiée.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (7, 1-2.10.14.25-30)
En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »
On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.
Homélie
L’évangile du jour manifeste bien la confusion qui régnait dans l’esprit des gens de Galilée à propos de l’identité de Jésus et de sa mission. Les prises de position étaient contradictoires. Bien des gens semblaient disposés à reconnaître en lui le Messie attendu. Mais, en même temps, le bruit courait que les autorités religieuses cherchaient à le faire taire et même à se débarrasser de lui. Il n’est donc pas surprenant que des personnes, plus ou moins nombreuses, se soient montrées surprises, à l’occasion de la fête des Tentes, de voir Jésus enseigner ouvertement dans le Temple. Elles disaient donc : « Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? » Discours qui montre bien que les gens vivaient dans la confusion.
Nous le savons, Jésus a rencontré, dans son ministère, une résistance tenace non pas seulement à cause de ses prises de position qui contestaient explicitement des éléments importants de la Loi de Moïse, mais parce que son identité véritable demeurait mystérieuse. Et quand il se donnait la peine d’exprimer sa proximité avec le Père et la nature de sa mission, son discours apparaissait le plus souvent comme irrecevable aux oreilles de la majorité des juifs. N’a-t-il pas cherché à redire à nouveau, à l’occasion de la fête des Tentes, qui il était ? « Je ne suis pas venu de moi-même ; mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. » « Je viens d’auprès de lui » : avec ces mots, Jésus exprimait avec force son intimité avec Dieu le Père et, en conséquence, l’autorité dont il disposait pour agir comme il le faisait et présenter le discours qu’il tenait.
Dans les circonstances dramatiques dans lesquelles Jésus a été plongé, un élément doit retenir notre attention : l’intensité de sa force intérieure. Alors même qu’il se savait menacé de mort, il n’a pas accepté de se taire, il n’a pas accepté de mettre un terme à sa mission. Il sentait sans doute en lui une force irrésistible qui le poussait à parler et à enseigner. Il acceptait donc d’être pleinement aux affaires de son Père, et ce, même s’il était conscient que cet engagement le mènerait à la mort. Dans son esprit et dans son cœur, il tenait absolument à annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Ce salut passerait par le don de lui-même pour jaillir à la Résurrection.
Ce qui se dévoile derrière cet autre épisode évangélique en lien avec la résistance rencontrée par Jésus, c’est le combat de Dieu pour amener le plus possible d’hommes et de femmes à vouloir partager son projet de vie. Ce combat contre les forces de mort, Dieu le mène depuis des millénaires. Et nous sommes, nous, à la suite du Christ Jésus, invités à faire nôtre sa volonté. Malgré nos faiblesses, malgré nos incohérences, nous pouvons croire que l’Esprit du Seigneur Jésus nous accordera une force intérieure de taille. Cette force nous permettra d’une part de collaborer activement au projet de salut de Dieu dans nos milieux de vie et, d’autre part, de récolter les fruits de ce salut : une communion de vie dans la gloire éternelle.
Fr. Jean-Louis Larochelle, O.P.
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
tu as préparé les secours dont notre faiblesse a besoin ;
donne-nous d’accueillir avec joie notre relèvement
et d’en témoigner par la fidélité de notre vie.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.