Homélie, mardi, 4e semaine du Carême

1er avril 2025

Une puissance de guérison

Aujourd’hui, le frère André Descôteaux, O.P., nous montre ce que Jésus fait de sa liberté et de sa puissance, ainsi que sa volonté de libérer les êtres humains de tout ce qui les entrave pour leur offrir une vie nouvelle.

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Homélie

Si l’évangile d’hier mettait en lumière la puissance de la parole de Jésus qui peut guérir même sans être présent physiquement, il insistait sur la foi. Une foi qui progresse, une foi qui mûrit et devient une confiance absolue en la parole de Jésus, même en son absence.

Dans l’extrait de ce matin, la foi disparaît pour mettre l’emphase sur la toute-puissance souveraine de Jésus. C’est d’abord lui qui décide d’intervenir. Le malade ne lui demande rien. Dans certaines traductions, on rend le ‘ayant appris qu’il était dans cet état depuis 38 ans’ par ‘sachant qu’il était dans cet état’, manifestant ainsi une connaissance surnaturelle de la situation du malade avant même que celui-ci ne dise quoi que ce soit. Aucune demande de sa part. Aucune mention d’une quelconque compassion de Jésus ni de pitié. Tout relève de sa liberté.

La réponse du paralytique à la question de Jésus « Veux-tu être guéri ? » met en lumière la situation sans issues dans laquelle il se trouve et par là la grandeur du miracle. Il est tellement handicapé qu’il ne peut profiter du caractère curatif de l’eau de la piscine. Et cela dure depuis 38 ans ! ‘Lève-toi’. Parole manifestant la puissance de la parole de Jésus. L’homme obéit : il se lève, prend son brancard et marche !

Jésus puissant, capable de guérir un homme paralysé depuis de nombreuses années ! Geste spectaculaire ! Au départ, les Juifs sont surpris que le miraculé porte son brancard un jour de sabbat. Une polémique s’ensuivra occultant le geste posé par Jésus qui pourtant devrait être perçu comme un signe ! Comme dans le cas du miracle de l’aveugle-né, obnubilés par la Loi, les opposants à Jésus sont aveugles à son action.

Notre paralytique nouvellement guéri rencontre Jésus qui lui tient des propos pouvant susciter notre étonnement. « Ne pèche plus, il pourrait t’arriver pire encore ! » Jésus ne s’intéresse nullement à la question du sabbat autour de laquelle plusieurs s’agitent, mais uniquement à l’homme nouvellement guéri. Il faut qu’il conserve la vie qu’il lui a donnée. Le ‘ne pèche plus’ montre la profondeur de l’action de Jésus. Il y a eu bien plus qu’une guérison. Une nouvelle relation s’est établie entre Dieu et lui. Un nouveau commencement, une nouvelle vie à construire s’offre au paralytique guéri. Qu’y a-t-il de pire que ces 38 ans d’enfermement dans une paralysie avec aucun espoir de s’en sortir si ce n’est la perte de la vie donnée par Jésus ou la mort définitive ?

Ce miracle mettant en lumière la puissance de Jésus montre bien la portée de son action. Jésus est le sauveur de tout l’être humain et de tout être humain, pour reprendre une expression de saint Paul VI. Rien ne peut échapper à sa volonté de guérir, de sauver, de donner la vie. Il offre à tous, même dans les conditions les plus désespérées, la possibilité d’une vie nouvelle, de la vie en plénitude.

Vie en plénitude dont nous recevons les premiers germes dans les eaux du baptême. La liturgie de la Parole nous inonde. L’eau jaillissant du Temple, dans la première lecture, devient un torrent immense où abonde la vie sous toutes ses formes et où même les eaux de la mer Morte sont assainies.

Nous avons tous été plongés dans ces eaux provenant du cœur du Christ, dans ces torrents de grâce et de vie. C’est lui qui, comme pour le paralytique, nous a vus en premier. C’est lui qui comprend notre situation, quelle qu’elle soit. C’est lui qui nous fait renaître à la vie nouvelle.

Comme au paralytique, Jésus nous pose deux questions, deux questions fondamentales. La première : ‘Le veux-tu ?’ Voulons-nous changer ? Sommes-nous prêts à nous laisser déranger, à nous lever et à marcher vers un inconnu ? Et la deuxième, pour reprendre saint Jean-Paul II, ‘qu’as-tu fait de ton baptême ?’

Que ce carême nous permette de renouveler notre désir de la vie nouvelle et d’y rester attaché non seulement par crainte de ce qui pourrait nous arriver, mais surtout parce qu’un grand amour sauveur nous attend et qu’en lui seul se trouvent notre bonheur et notre vie véritables. Amen.

Fr. André Descôteaux, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur,
en ce temps de pénitence,
donne à tes fidèles de te servir d’un cœur généreux,
pour être bien disposés à accueillir le mystère pascal
et proclamer l’annonce de ton salut.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.