Homélie, dimanche, 1ère semaine du Carême

9 mars 2025

Cultivons notre espérance

En cette messe du premier dimanche du Carême, l’abbé Norman Bergeron, nous invite à faire de cette montée vers Pâques un temps où nous cultivons les attitudes de Jésus face aux tentations pour mieux faire grandir notre espérance en l’avenir.

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Homélie

Qui d’entre nous n’entend pas ces jours-ci, ces semaines actuelles et ces derniers mois, des paroles, des discours où nous ressentons la peur, l’angoisse et l’inquiétude vis-à-vis du présent et du futur ? Quel comportement devons-nous avoir en tant que membre d’un milieu de vie, d’une société, d’un département d’études, d’une communauté ? Comment ne pas succomber à la tentation des mauvaises pensées et des jugements à l’égard des gouvernances tyranniques qui se profilent un peu partout sur la planète ? Comment résister aux attitudes de désespérance devant le chaos suscité par la fragilité de la maison commune, notre terre ? En tant que chrétien-ne, quel est mon rôle, mon engagement, ma manière de vivre devant cet état de fait…? Voilà bien des questions que nous sommes en droit de nous poser dans ce présent qui nous préoccupe tous.

Le climat géopolitique que nous vivons dans ces premières décennies du XXIème siècle ne ressemble-t-il pas à celui de Jésus, au temps de l’Empire romain où la domination impériale subordonnait de nombreuses populations ? Tout au long de l’histoire de l’humanité, nous retrouvons ces tentations bien présentes que sont les recherches de puissance, de pouvoir, de domination et de richesse. Et ces tentations ont souvent été vécues au détriment de nombreuses populations.

Le récit évangélique de Luc (4, 1-13) nous situe bien le contexte par lequel Jésus est « poussé » au désert. Il n’est pas exempt, par le fait qu’il s’incarne totalement dans notre humanité, des défis posés par les diverses possibilités qui s’offrent à lui. Quels sont les choix qu’il fait devant ce que le tentateur lui présente ? Il renonce au trône d’un monarque, aux possessions de la richesse matérielle et à l’élitisme de la raison. En fait, il s’oppose au trépied de l’orgueil représenté par le pouvoir, le savoir et l’avoir. Par cette renonciation, il choisit de s’orienter vers la mission que le Père lui confie, dans la force de son Esprit. En demeurant fidèle au trépied du judaïsme, il approfondit les exigences reliées à la prière, au jeûne et à l’aumône ; voilà la mission qu’il va entreprendre après son séjour au désert.

En ce carême 2025, nous sommes invités à suivre Jésus sur ce chemin du désert. Comme lui, accepter de faire des choix économiques pour aller à l’essentiel. C’est d’ailleurs souvent le lot de la vie étudiante que de faire des choix dans le budget. Avec les défis qui se posent pour tout un chacun devant l’augmentation du coût des aliments et du logement, il faut faire des choix, des compromis, voire des renoncements à certains conforts, à certaines habitudes de vie, etc. Comme lui, choisir des lieux et des personnes qui nous stimulent, pour des paroles qui encouragent, qui font du bien au cœur et à l’âme, qui nous permettent d’oser rêver à un présent et un avenir prometteur, qui fera qu’un jour nos projets d’études, de choix de vie, de travail, de famille et d’Église se réalisent pleinement. Voilà, me semble-t-il, un horizon d’espérance.

Que ce récit puisse nous inspirer de vivre les mêmes attitudes que celles de Jésus ; avancer sur notre chemin de vie avec confiance et détermination. Et notre Église nous propose, par ce temps liturgique du carême, de vivre plus intensément ce trépied que nous avons hérité du judaïsme : prendre un temps de marche ou un exercice physique en faisant une méditation, en remplaçant la musique par un silence, une prière ; savoir renoncer à un jugement, une habitude, un aliment ; aider un collègue pour son travail de session, encourager une personne qui souffre, etc.

Quoi de mieux, en ces temps difficiles, sur la scène politique internationale qui nous fait craindre les pires scénarios, de nous retrouver avec foi et espérance pour confier notre monde au Seigneur.

Qui aurait pensé que le thème choisi par notre Église, par le pape François pour cette année jubilaire, serait essentiel, voire vital pour notre humanité, tant sur le plan personnel que sur le plan collectif ?

Enfin, nous sommes invités durant ce temps de carême à méditer d’une manière toute spéciale la prière que Jésus nous a enseignée : d’une part, nous faisons cette prière dans l’espérance que le règne de Dieu vienne partout sur la terre : un règne de paix, de justice et l’amour. D’autre part, ensemble, qu’il nous soutienne quand vient la tentation… de juger, d’abandonner, de désespérer, de tout garder pour soi, etc.

Norman Bergeron

 

PRIÈRE

Dieu tout-puissant,
toi qui nous invites chaque année
à vivre le Carême en vérité
donne-nous de progresser
dans l’intelligence du mystère du Christ,
et d’en rechercher la réalisation
par une vie qui lui corresponde.
Lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.