25 février 2025
« Être important » dans la dynamique du Règne
Aujourd’hui, Gustavo Adolfo Garay Ortega nous explique qu’à travers les évangiles, Jésus, malgré nos résistances, s’assure que nous comprenions bien sa mission ainsi que notre rôle dans le dessein de Dieu pour l’humanité.

LIVRE DE BEN SIRA LE SAGE (2, 1-11)
Mon fils, si tu viens te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à subir l’épreuve ; fais-toi un cœur droit, et tiens bon ; ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient ; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; rends tes chemins droits, et mets en lui ton espérance.
Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ne vous écartez pas du chemin, de peur de tomber. Vous qui craignez le Seigneur, ayez confiance en lui, et votre récompense ne saurait vous échapper. Vous qui craignez le Seigneur, espérez le bonheur, la joie éternelle et la miséricorde : ce qu’il donne en retour est un don éternel, pour la joie. Considérez les générations passées et voyez : Celui qui a mis sa confiance dans le Seigneur, a-t-il été déçu ? Celui qui a persévéré dans la crainte du Seigneur, a-t-il été abandonné ? Celui qui l’a invoqué, a-t-il été méprisé ?
Car le Seigneur est tendre et miséricordieux, il pardonne les péchés, et il sauve au moment de la détresse.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (9, 30-37)
En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »
Commentaire
Plusieurs exégètes soulignent l’intérêt majeur que Jésus portait à instruire ses disciples. Le passage de l’évangile d’aujourd’hui nous laisse vraiment comprendre l’importance d’enseigner ceux qu’il avait invité à le suivre, même si, comme l’écrit l’évangéliste : « traversant la Galilée, Jésus ne voulait pas qu’on le sache ». En effet, il était nécessaire de prendre le temps de clarifier pour eux la mission pour laquelle il était venu au monde et ainsi éviter une interprétation erronée des événements à avenir.
Nous connaissons l’histoire : lorsque Jésus, plus tard, ressuscitera, les interprétations iront dans tous les sens et Jésus prendra à nouveau le temps de tout expliquer aux disciples, afin qu’ils continuent la mission d’instauration du Règne de Dieu.
Le moment où Jésus annonce sa passion, sa mort et sa résurrection est un élément clé, en ce temps-là comme pour aujourd’hui. La réaction des disciples correspond bien aussi à la nôtre! C’est-à-dire que, comme disciples du Christ, nous ne comprenons pas toujours ce que le Maître nous explique et, très souvent, nous sommes probablement aussi trop envahis de peur pour le questionner. Nous savons que pour accéder à la résurrection du Christ, nous devons passer par la passion et la mort dans une certaine négation de soi, mais craignons que cela devienne insurmontable pour nous ; nous sommes submergés dans l’impuissance de notre propre nature et de nos forces humaines. Nous oublions que la présence de Dieu, au moment venu, nous assistera à travers l’Esprit-Saint.
En ce sens, les disciples semblent déconnectés de l’enseignement de Jésus, ils préfèrent discuter entre eux de leur positionnement par rapport au Maître : qui est le premier, qui est le plus grand ? Mais Jésus est patient et il attend d’arriver à la maison, lieu d’intimité et repos, pour les interpeller et remettre les pendules à l’heure. Il faut d’ailleurs souligner que la discussion se fait alors qu’ils sont en chemin. C’est en prenant la route ou en faisant chemin qu’on est capables de réfléchir et, dans le cas des disciples, de faire l’expérience de ce que Jésus enseigne. « De quoi discutez-vous en marchant ? » demandera aussi Jésus sur le chemin vers Emmaüs. Ici, déconcertés de la question de Jésus, les disciples ne répondent rien. Peut-être ont-ils réalisé la banalité de leur discussion sur la nécessité d’être le plus important !
Et sur ce sujet, Jésus leur enseigne aussi ce que signifie « être important » dans la dynamique du Règne de Dieu. Comprendre que ce qui importe vraiment est le service aux autres, plus tard, permettra aux disciples de s’approprier la mission qui a mené Jésus à sa passion : il faut occuper la dernière place, devenir le serviteur de tous, tel que le reflète l’attitude d’accueillir ouvertement un enfant. Jésus accepte le supplice de la croix pour communiquer pleinement le dessein de vie éternelle de Celui qui l’a envoyé… Comme le dit saint Paul : « ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 6-8).
Le livre de Ben Sira le Sage, dans la première lecture, encourage le serviteur du Seigneur à tenir bon, car les épreuves ne seront pas évidentes, et à s’attacher au Seigneur qui ne l’abandonnera jamais, car « il est tendre et miséricordieux, il pardonne les péchés, et il sauve au moment de la détresse ». À l’image du Christ, nous devons donc être les premiers, les plus importants dans l’amour, dans le don de soi, dans le service aux autres, principalement envers ceux et celles qui, comme les enfants, ne comptent pas pour une société de production. Il faut continuer à accueillir ceux ou celles qui sont considérés comme inutiles ou mis de côté dans le système politique et économique actuel, car en eux nous accueillons notre Sauveur et le Père qui l’a envoyé. Dans ta vie, qui as-tu mis de côté de façon consciente ou inconsciente? Cette personne, c’est peut-être celle-là qu’il faut accueillir, aimer et servir… Vas-y, deviens toi aussi le plus important dans l’amour!
Gustavo Adolfo Garay Ortega
PRIÈRE
Seigneur Dieu,
par toi nous vient la rédemption,
par toi nous est donnée l’adoption filiale ;
dans ta bonté, regarde avec amour tes enfants ;
à ceux qui croient au Christ, accorde la vraie liberté
et la vie éternelle en héritage.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.